mercredi 12 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2204153 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | GIRSCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juin 2022, M. D C, représenté par Me Girsch, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir le procès-verbal du 7 avril 2022 par lequel le préfet du Nord a invalidé son passeport et sa carte nationale d'identité, l'inscrivant par ailleurs au fichier des personnes recherchées pour défaut de restitution de ces titres d'identité ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Girsch, son avocat, de la somme de 3 000 euros, au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que cette décision ait été signée par une autorité habilitée ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité du décret du 27 décembre 2021, lequel est entaché :
* d'un défaut de motivation,
* d'un vice de procédure lié à l'absence de saisine pour avis du Conseil d'Etat, à l'absence de procédure contradictoire préalable et en raison de sa tardiveté ;
* d'une méconnaissance de l'article 27-2 du code civil ;
* d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 janvier 2023 et le 9 mai 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juin 2022.
Vu :
- la décision n° 464573 du Conseil d'Etat rendue le 26 avril 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le décret n° 2005-1726 du 30 décembre 2005 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fougères,
- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 13 avril 1979 à Maadid (Algérie), s'est vu accorder la nationalité française par décret de naturalisation du 7 février 2019. Une carte nationale d'identité et un passeport français lui ont été délivrés le 30 octobre 2019. Cependant, par décret du premier ministre du 27 décembre 2021, le décret du 7 février 2019 a été rapporté au motif qu'il avait été pris au vu d'informations mensongères délivrées par l'intéressé quant à sa situation matrimoniale. Invité à restituer son passeport et sa carte d'identité, M. C a refusé de déférer à cette demande, refus acté par procès-verbal du 7 avril 2022 l'informant que ce refus entraînait l'invalidation de ces titres et son inscription au fichier des personnes recherchées pour défaut de restitution de titres détenus indûment. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler le procès-verbal du 7 avril 2022 invalidant sa carte nationale d'identité et son passeport et l'inscrivant au fichier des personnes recherchées.
2. En vertu de l'article 2 du décret du 22 octobre 1955 instituant une carte nationale d'identité et de l'article 4 du décret du 30 décembre 2005 relatif aux passeports, la carte nationale d'identité et le passeport sont délivrés, sans condition d'âge, à tout Français qui en fait la demande. Il résulte des dispositions du II de l'article 4 du décret du 22 octobre 1955 et du II de l'article 5 du décret du 30 décembre 2005 que la preuve de la nationalité française du demandeur peut être établie à partir de l'extrait d'acte de naissance portant en marge l'une des mentions prévues aux articles 28 et 28-1 du code civil ou, lorsque l'extrait d'acte de naissance ne suffit pas à établir la nationalité française du demandeur, par la production de l'une des pièces justificatives mentionnées aux articles 34 ou 52 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, ou à défaut par la justification d'une possession d'état de Français de plus de dix ans ou, lorsque ne peut être produite aucune de ces pièces, par la production d'un certificat de nationalité française.
3. Si, pris strictement, un procès-verbal de carence ne fait que constater l'absence de restitution de ses titres par une personne à l'autorité qui lui en a fait la demande, et en ce sens ne fait pas grief, il ressort toutefois des pièces du dossier que, bien qu'il n'ait pas formalisé une décision de retrait de ses documents d'identité à l'occasion ou à l'issue du procès-verbal qu'il a dressé le 7 avril 2022, le préfet du Nord a entendu invalider la carte d'identité et le passeport français de M. C. Ce procès-verbal vaut donc décision d'invalidation desdits documents par le préfet du Nord. Une telle décision faisant grief, le requérant doit ainsi être regardé comme demandant l'annulation de la décision d'invalidation de son passeport et de sa carte nationale d'identité, formalisée par le procès-verbal de carence du 7 avril 2022, laquelle implique son inscription au fichier des personnes recherchées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, par un arrêté du 30 septembre 2021, publié le même jour au recueil spécial n° 225 des actes administratifs de l'Etat dans le département du Nord, le préfet du Nord a donné délégation à M. A B, directeur adjoint de la règlementation et de la citoyenneté, signataire de l'arrêté contesté, à l'effet de signer les décisions relevant des attributions du bureau de la citoyenneté, dont fait manifestement partie la décision contestée, en cas d'absence ou d'empêchement du directeur. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.
5. En deuxième lieu, la décision contestée, qui n'avait pas à reprendre l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de M. C, énonce sa base légale, c'est-à-dire le décret du 27 décembre 2021 rapportant le décret de naturalisation, ainsi que le motif de la décision d'invalidation et d'inscription au fichier des personnes recherchées, à savoir le refus du requérant de restituer son passeport et sa carte d'identité, permettant ainsi à l'intéressé d'en discuter utilement les motifs et au juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision en litige doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ressort de la décision n° 464573 rendue le 26 avril 2023 par le Conseil d'Etat et produite en défense que l'ensemble des moyens, repris dans le cadre de la présente requête, dirigés contre le décret du 27 décembre 2021 rapportant le décret du 7 février 2019 accordant à M. C la nationalité française ont été écartés et que sa requête devant le Conseil d'Etat a en conséquence été rejetée. Il s'ensuit que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du décret du 27 décembre 2021.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Il ressort des pièces du dossier que la décision d'invalidation du passeport et de la carte nationale d'identité du requérant et son inscription au fichier des personnes recherchées est sans incidence sur son éventuel droit au séjour en France, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme inopérant.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'application au profit de son conseil de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 22 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Cotte, président,
M. Fougères, premier conseiller.
M. Goujon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2025.
Le rapporteur,
signé
V.Fougères
Le président,
signé
O. Cotte La greffière,
signé
J. Vandewyngaerde
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026