mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2204391 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP MOUGEL-BROUWER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juin 2022, M. B A demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative,
la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Dunkerque a refusé d'autoriser le raccordement au réseau d'électricité des logements lui appartenant, situés 33 rue Macé à Saint-Pol-sur-Mer, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la commune de Dunkerque d'autoriser ce raccordement dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition de l'urgence est remplie dès lors que les travaux de transformation de l'immeuble sont presque achevés, qu'il a contracté un prêt pour procéder à l'acquisition et à l'aménagement des logements en cause et que sans les loyers, il va se trouver confronté à de graves difficultés financières pour rembourser le prêt ;
- la décision en litige aurait dû être motivée, en application des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les travaux réalisés ne nécessitaient aucune autorisation d'urbanisme, de sorte que l'article 111-12 du code de l'urbanisme ne trouve pas à s'appliquer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2022, la commune de Dunkerque, représentée par Me Haudiquet, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant ne disposait pas de la qualité pour demander le raccordement de l'immeuble au réseau électrique lorsqu'il a déposé sa demande en septembre 2021 dès lors que le transfert de propriété n'est intervenu que le 18 novembre 2021 ;
- il est tardif car il n'a pas contesté la décision de refus initiale datant du 6 décembre 2021 et qui lui a été notifiée par Enedis le 7 décembre 2021 ;
- l'urgence n'est pas caractérisée dès lors que les travaux ne sont pas achevés, que le requérant n'a pas encore obtenu de permis de louer et qu'il ne l'obtiendra pas compte tenu de l'absence de respect des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux aires de stationnement, et que les difficultés financières alléguées ne sont pas établies ;
- elle sollicite une substitution de motif au profit du motif tiré de la méconnaissance des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux aires de stationnement et à l'existence d'une voie de circulation suffisante.
Le président du tribunal a désigné Mme Leguin, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er juillet 2022, à 10 heures 30 :
- le rapport de Mme Leguin, juge des référés ;
- les observations de Me Leuliet, substituant Me Deregnaucourt, représentant M. A, qui reprend les faits, conclusions et moyens de la requête, demande la suspension de la décision du 4 mai 2022 qui est venue se substituer à la décision implicite née du silence gardé par la commune sur sa demande et de la décision révélée par le courrier d'ENEDIS qui lui a été adressé le 7 décembre 2021, et ajoute que les permis de louer et de diviser n'ont été mis en place par la commune de Dunkerque qu'en 2022, qu'il a qualité pour agir, que l'urgence est justifiée, qu'il n'y a pas de possibilité de créer des places de stationnement sur place ;
- les observations de Me Haudicquet, représentant la commune de Dunkerque, qui reprend les éléments du mémoire en défense, sollicite une substitution de motif au profit du motif tiré de l'irrecevabilité de la demande de raccordement dès lors que le requérant, qui n'était pas propriétaire à la date de la demande, ne disposait d'aucun droit réel sur l'immeuble, et insister sur l'absence de démonstration de l'urgence en raison de l'absence de tout document relatif à la situation financière du requérant.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le maire de la commune de Dunkerque a refusé d'autoriser le raccordement au réseau d'électricité des logements lui appartenant, situés 33 rue Macé à Saint-Pol-sur-Mer.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, et notamment des objectifs d'intérêt public poursuivis par la décision critiquée.
4. Pour justifier l'urgence qui existerait à suspendre l'exécution de la décision par laquelle le maire de la commune de Dunkerque a refusé d'autoriser le raccordement au réseau d'électricité des logements lui appartenant, situés 33 rue Macé à Saint-Pol-sur-Mer, M. A fait valoir qu'il a contracté un prêt pour acheter le bâtiment et faire procéder aux travaux d'aménagement et que la décision du maire de Dunkerque fait obstacle à ce qu'il perçoive les loyers nécessaires au remboursement de ce prêt. Toutefois, outre que M. A n'apporte aucune pièce justifiant de sa situation financière personnelle, la commune établit en défense que M. A possède pas moins de 25 biens en location sur le seul territoire de la commune de Saint-Pol-sur-Mer et qu'il exerce la profession de loueur professionnel. Dans ces conditions, par les seules circonstances invoquées, M. A n'établit pas la nécessité pour lui d'obtenir à très bref délai la suspension des effets de la mesure prise.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête et sur l'existence d'un moyen de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision par laquelle le maire de la commune de Dunkerque a refusé d'autoriser le raccordement au réseau d'électricité des logements lui appartenant, situés 33 rue Macé à Saint-Pol-sur-Mer doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Dunkerque au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Dunkerque au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la commune de Dunkerque.
Lille, le 5 juillet 2022.
La juge des référés,
signé
AM. LEGUIN
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026