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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2204398

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2204398

mercredi 26 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2204398
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formationjuge unique (6)
Avocat requérantCHARLUET-MARAIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 juin 2022, M. A B forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 1er juin 2022 par la caisse d'allocations familiales des Hauts de Seine pour la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement au titre du mois de janvier 2021.

Il soutient que :

- il a informé le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de son souhait de quitter son logement le 24 janvier 2021 ;

- l'état des lieux a été avancé du 1er février au 27 janvier 2021 ; il a quitté le jour même son logement ;

- l'aide personnalisée au logement est directement versée au CROUS.

Par un mémoire, enregistré le 4 juin 2024, la caisse d'allocations familiales des Hauts de Seine, représentée par Me Charluet-Marais, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la requête est irrecevable à défaut de recours administratif préalable obligatoire et que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné M. Riou, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Riou a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B forme opposition à la contrainte émise par la caisse d'allocations familiales des Hauts de Seine du 1er juin 2022 pour le recouvrement d'une somme de 153 euros correspondant à un indu d'aide personnalisée au logement (APL) pour la période du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2021.

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement () par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 825-1 du même code : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement () est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. () ".

3. D'autre part, les dispositions de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation rendent applicables au recouvrement des sommes indûment versées au titre des aides personnelles au logement les dispositions de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale, aux termes duquel : " () le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ". Aux termes de l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. () / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié () par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification (). "

4. Il résulte de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation, de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale, rendu applicable au recouvrement des indus d'aide personnalisée au logement par l'article R. 823-24 du code de la construction et de l'habitation, et du second alinéa de l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu d'aide personnalisée au logement n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse dans les conditions qu'ils prévoient. En revanche, l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale, rendu applicable au recouvrement des sommes indûment versées au titre de l'aide personnalisée au logement par le neuvième alinéa de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, et l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale relatifs à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les articles mentionnés précédemment.

5. Si M. B soutient avoir adressé un recours administratif préalable obligatoire, en mai 2021, par un courriel qu'il indique reproduire dans sa requête, il ne justifie pas de sa réception, ni même de son envoi et la caisse d'allocations familiales réfute l'existence d'un tel recours administratif, qui aurait pu prendre la forme d'un courriel. Dans ces conditions, à défaut de recours administratif préalable obligatoire, sa requête est certes recevable contrairement à ce que fait valoir la caisse mais le requérant ne peut utilement critiquer le bien-fondé de l'indu qu'il conteste. Dès lors qu'il ne formule aucune critique de régularité sur la contrainte, sa requête ne peut qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie pour information sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts de Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.

Le magistrat désigné,

signé

J.M. Riou

La greffière,

signé

I.Baudry

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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