jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2204549 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DEWAELE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juin 2022, Mme E F B, représentée par Me Dewaele, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", l'a obligée à quitter le territoire français, a fixé un délai de départ volontaire de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour temporaire ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dewaele de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé.
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet aurait dû faire usage de son pouvoir discrétionnaire et lui accorder un titre de séjour étudiant, sur le fondement de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en ce qu'elle repose sur une décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour elle-même illégale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire :
- elle est illégale en ce qu'elle repose sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-1 II du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en ce qu'elle repose sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en ce qu'elle repose sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle méconnaît les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'elle est insuffisamment motivée et n'a pas pris en compte l'existence de circonstances humanitaires.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 4 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 août 2022.
Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à Mme F B par une décision du 5 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E F B, ressortissante brésilienne née le 15 décembre 1987 à Goiania, est entrée en France en février 2015 munie d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Elle a été mise en possession d'un titre de séjour étudiant régulièrement renouvelé jusqu'au 30 novembre 2020. Le 7 décembre 2020, elle a présenté auprès des services de la préfecture du Nord une demande de titre de séjour portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 29 avril 2021, le préfet a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a décidé qu'à l'expiration de ce délai, elle pourrait être reconduite d'office à destination du pays dont elle a la nationalité ou à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité ou de tout autre pays dans lequel elle serait légalement admissible et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une période d'un an. Par sa requête, Mme F B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté pris dans son ensemble :
2. En premier lieu, par un arrêté du 24 mars 2021, publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture n° 72, le préfet du Nord a donné délégation à Mme D A de La Perrière, cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, à l'effet de signer notamment l'ensemble des décisions contenues dans l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire dudit arrêté doit être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement. Les mentions qu'il comporte sont ainsi de nature à mettre en mesure la requérante d'en discuter utilement les motifs et le juge d'exercer son contrôle sur les décisions en litige, qui n'avaient pas à mentionner tous les éléments factuels de la situation de l'intéressée. Plus précisément, il résulte des termes de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, que le préfet du Nord a expressément mentionné la durée de présence de Mme F B sur le territoire français ainsi que la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France et a examiné si son comportement était constitutif d'une menace pour l'ordre public. Contrairement à ce qui est soutenu, le préfet n'avait pas à justifier sa position sur l'existence d'éventuelles circonstances humanitaires. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque donc en fait et sera écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un séjour :
4. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de Mme F B telle que celle-ci l'a présentée dans le cadre de la demande de titre de séjour en qualité de " salarié " du 7 décembre 2020. La production postérieure de pièces dans le cadre du recours gracieux, dont il n'est au demeurant pas justifier de l'exercice, ou les éléments ayant pu fonder la délivrance antérieure d'un titre de séjour pour un fondement distinct, ne sauraient permettre de caractériser le défaut d'examen sérieux invoqué. Le moyen présenté en ce sens doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de la décision attaquée : " Une carte de séjour temporaire, d'une durée maximale d'un an, autorisant l'exercice d'une activité professionnelle est délivrée à l'étranger : 1° Pour l'exercice d'une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée, dans les conditions prévues à l'article L. 5221-2 du code du travail. Elle porte la mention " salarié " () / 2° Pour l'exercice d'une activité salariée sous contrat de travail à durée déterminée (), dans les conditions prévues à l'article L. 5221-2 dudit code. Cette carte est délivrée pour une durée identique à celle du contrat de travail ou du détachement, dans la limite d'un an. Elle est renouvelée pour une durée identique à celle du contrat de travail ou du détachement. Elle porte la mention " travailleur temporaire " ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme F B, qui n'était plus inscrite dans aucun cursus universitaire à la date de sa demande, a conclu un contrat de travail à durée déterminée dont le terme était fixé au 21 février 2021 et bénéficiait d'une promesse d'embauche pour un contrat à durée indéterminée à compter du 23 février 2021 en tant que serveuse polyvalente pour laquelle il est constant que la demande tendant à la délivrance d'une autorisation de travail formée auprès de la DIRECCTE le 18 décembre 2020 a été déclarée irrecevable en raison de l'incomplétude du dossier. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas qu'elle disposait à la date de la décision attaquée d'un contrat de travail ou d'une autorisation de travail telle que prévue à l'article L. 313-10 alors en vigueur. Dès lors, le préfet a pu, sans méconnaître les dispositions citées au point précédent ni commettre une erreur d'appréciation, refuser de délivrer à Mme F B un titre de séjour portant la mention " salarié ".
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que Mme F B, ainsi qu'il a été dit, est entrée en France en février 2015 à l'âge de 27 ans en vue d'y poursuivre des études. Le titre de séjour alors délivré ne lui donnait pas vocation à demeurer sur le territoire français. L'intéressée n'est pas dépourvue d'attaches familiales au Brésil où demeurent ses parents. Si la requérante fait valoir qu'elle vit en concubinage depuis novembre 2020 et projette de conclure un pacte civil de solidarité avec un ressortissant de nationalité française, et produit de nombreuses attestations témoignant à la fois d'une incontestable volonté d'insertion et de l'existence de relations sociales, ces seules circonstances ne peuvent suffire à établir l'existence d'une situation professionnelle ou de liens tels que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée à mener une vie privée et familiale normale en méconnaissance des stipulations citées au point précédent.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. - La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention "étudiant". En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée et sous réserve d'une entrée régulière en France. () ".
10. Il est constant que Mme F B, qui bénéficiait jusqu'alors d'un titre de séjour étudiant, a sollicité un changement de statut le 7 décembre 2020 pour obtenir un titre de séjour mention " salarié ". Par suite, la requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions citées au point 9. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas application de son pouvoir discrétionnaire lors du réexamen de la situation de Mme F B après la réception de son recours gracieux.
En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, en l'absence d'illégalité entachant la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, le moyen tiré du défaut de base légale de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
12. En second lieu, pour les mêmes motifs de fait que ceux indiqués au point 8, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Pour satisfaire à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français, l'étranger dispose d'un délai de trente jours à compter de sa notification pour rejoindre le pays dont il possède la nationalité ou tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen où il est légalement admissible. () L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas ". En vertu de ces dispositions, une décision portant obligation de quitter le territoire français est assortie, en principe, d'un délai " de départ volontaire " de trente jours, permettant à l'étranger de définir lui-même les conditions de son départ vers le pays d'accueil. Si elles permettent au préfet d'accorder un délai supérieur, par exception et en prenant une décision motivée, elles ne lui imposent pas de justifier le non recours à cette faculté. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
15. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en n'octroyant pas à l'intéressée un délai supérieur à trente jours pour quitter le territoire français et ce d'autant que ni la production d'une attestation d'admission à l'université Paris VIII pour l'année universitaire 2021-2022 ni l'attestation d'inscription et de paiement non datée du collège clinique de Lille ne permettent d'établir l'effectivité de la poursuite de son cursus universitaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
17. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
18. En deuxième lieu, aux termes des premier, deuxième et quatrième alinéas du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de la décision attaquée : " L'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour () Lorsqu'elle ne se trouve pas en présence du cas prévu au premier alinéa du présent III, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes du huitième alinéa de cet article : " La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
19. Il ressort des termes mêmes des dispositions citées au point précédent que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.
20. Pour prononcer une interdiction de retour d'une durée d'un an, le préfet du Nord a, ainsi qu'il a été dit au point 3, examiné la situation de Mme F B au regard de l'ensemble des critères d'appréciation prévus à l'article L. 511-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme F B n'établit aucune circonstance humanitaire de nature à faire obstacle à ce qu'une interdiction de retour sur le territoire français soit prononcée. Par suite, le préfet a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation au regard des conditions et de la durée de son séjour en France, prononcer à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
21. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté litigieux. Ainsi, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet en défense, les conclusions aux fins d'annulation et, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonctions doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " Les auxiliaires de justice rémunérés selon un tarif peuvent renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et poursuivre contre la partie condamnée aux dépens et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle le recouvrement des émoluments auxquels ils peuvent prétendre. / () ".
23. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement au conseil de la requérante de la somme sollicitée par celui-ci sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à E F B, au préfet du Nord et à Me Dewaele.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
M. Borget, premier conseiller,
Mme Zoubir, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
Le rapporteur,
signé
J. C
La présidente,
signé
A-M. LEGUIN
La greffière,
signé
S. MAUFROID
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026