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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2204684

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2204684

jeudi 16 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2204684
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantAUBERTIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 juin 2022, Mme E C, représentée par Me Aubertin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 avril 2022 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'une carte de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français, a fixé un délai de départ volontaire de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à l'enregistrement de la demande de titre de séjour mention " salarié " et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat lui la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Aubertin de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'Etat.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- elle est entaché d'un défaut d'examen sérieux ;

- elle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en ce qu'elle repose sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en ce qu'elle repose sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle fait une inexacte application des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 juillet 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 23 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 juillet 2022.

Le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle a été accordé à Mme C par une décision du 23 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E C, ressortissante marocaine née le 15 octobre 1996 à Rabat, est entrée en France le 16 juillet 2017 munie d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Le 2 août 2021, elle a présenté auprès des services de la préfecture du Nord une demande de titre de séjour portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 11 avril 2022, le préfet a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a décidé qu'à l'expiration de ce délai, elle pourrait être reconduite d'office à destination du pays dont elle a la nationalité ou à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité ou de tout autre pays dans lequel elle serait légalement admissible et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une période d'un an. Par sa requête, Mme C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté du 30 septembre 2021, régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture n° 225 en date du même jour, le préfet du Nord a donné délégation à M. B D, adjoint à la cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, signataire de l'arrêté en litige, aux fins de signer, notamment, les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " () ". L'article 9 du même accord stipule que : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". L'accord franco-marocain renvoie ainsi, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre. Il en va notamment ainsi, pour le titre de séjour " salarié " mentionné à l'article 3 précité, délivré sur présentation d'un contrat de travail " visé par les autorités compétentes ", des dispositions des articles R. 5221-17 et suivants du code du travail, qui précisent les modalités et les éléments d'appréciation en vertu desquels le préfet se prononce, au vu notamment du contrat de travail, pour accorder ou refuser une autorisation de travail.

4. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'autorisation de travail initiée le 13 janvier 2022 par la société qui employait la requérante depuis le 27 septembre 2021 a été clôturée par la plateforme interrégionale de main d'œuvre étrangère de Béthune après qu'a été sollicitée en vain à deux reprises la transmission de plusieurs documents manquants, notamment d'un titre de séjour en cours de validité de l'usager ou un récépissé de demande de renouvellement de titre, une preuve de la publication de l'offre sur le site de pôle emploi / APEC et une attestation sur l'honneur confirmant que les recherches ont été infructueuses pour ce poste. Si la requérante soutient qu'une demande d'autorisation de travail distincte a été initiée au moment de son embauche, alors qu'elle disposait d'un titre de séjour en cours de validité, la seule attestation produite en ce sens, émanant de son employeur, est insuffisante à établir la réalité de ses allégations dès lors que le préfet produit un message de la plateforme interrégionale de main d'œuvre étrangère de Béthune qui indique que seule la demande d'autorisation de travail du 13 janvier 2022 a été ouverte au nom de l'intéressée. Dès lors, au regard de ces éléments, le préfet du Nord n'a pas commis d'erreur de droit en rejetant la demande au motif que la requérante n'avait pas présenté de contrat de travail visé par les autorités compétentes au sens des stipulations et dispositions citées au point précédent.

5. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier et de ce qui a été dit au point précédent que le préfet a procédé à un examen sérieux de la situation de l'intéressé et qu'il n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :/ () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".

8. Il résulte de ces dispositions que si elles imposent de motiver l'obligation de quitter le territoire français, elles la dispensent d'une motivation spécifique en cas de refus de délivrance d'un titre de séjour. Dans ce cas, la motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire se confond avec celle du refus de délivrance d'un titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir ledit refus d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, une motivation particulière.

9. En l'espèce, l'arrêté vise les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est suffisamment motivé en fait, ainsi qu'il a été dit au point 4. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

11. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, célibataire et sans enfant, est entrée en France récemment en 2017 à l'âge de 20 ans et ne conteste pas l'affirmation du préfet selon laquelle elle serait retournée au Maroc en 2021, ce départ ayant conduit au rejet d'une précédente demande de délivrance d'un titre de séjour. Si la requérante fait état de ce qu'elle entretiendrait depuis un an une relation amoureuse avec un individu résidant en Belgique et d'un projet de mariage, ce projet n'est étayé par aucun élément et il n'est allégué aucune communauté de vie. Par ailleurs, la présence de membres de sa famille en Belgique, l'existence de relations amicales avec plusieurs personnes résidant sur le territoire national et la circonstance selon laquelle elle donnerait satisfaction dans son emploi, ne sauraient suffire à établir que le centre des intérêts de Mme C a été transféré en France. Enfin, l'intéressée n'est pas dépourvue d'attaches familiales au Maroc où résident notamment ses parents. Dans ces conditions, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision attaquée ne peut être regardée comme portant une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

12. En dernier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet au regard des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée doit être écarté.

13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

16. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

18. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Toutefois, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

19. Il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle comporte les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement, le préfet du Nord ayant pris en compte l'ensemble des critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour fixer la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français à un an, sans que la mention surabondante d'un motif lié à l'existence ou l'absence de liens familiaux dans le pays d'origine n'en affecte la légalité. Dès lors les moyens relatifs au défaut d'examen sérieux, à l'insuffisance de motivation et à l'erreur de droit doivent être écartés.

20. En dernier lieu, eu égard à la durée et aux conditions de présence en France de Mme C et aux attaches familiales et personnelles dont l'intéressée peut se prévaloir sur le territoire français, il n'apparait pas qu'en prononçant une interdiction de retour d'une durée d'un an, le préfet du Nord aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions précitées des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 11 avril 2022 du préfet du Nord doivent être rejetées ainsi que, par voie conséquence, celles aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Fatima Zahra C, au préfet du Nord et à Me Aubertin.

Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Leguin, présidente,

M. Borget, premier conseiller,

Mme Zoubir, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.

Le rapporteur,

signé

J. A

La présidente,

signé

A-M. LEGUIN

Le greffier,

signé

S. MAUFROID

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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