mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2204893 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCHRYVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juin 2022, M. C A B, représenté par Me Schryve, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre le refus du préfet du Nord de lui renouveler son récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre à l'administration de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de 72 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou, à défaut, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il était titulaire d'un récépissé de dépôt délivré dans le cadre de l'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour " vie privée et familiale " mais ce récépissé a expiré le 20 juin 2022 ;
- le 27 juin 2022, il a reçu une convocation en préfecture pour la remise de son titre de séjour pour le 19 juillet 2022 mais la préfecture refuse de lui délivrer un récépissé valable jusqu'à cette date ;
- la condition d'urgence est remplie car l'absence de titre de séjour ou de récépissé a conduit à sa radiation de Pôle Emploi, de sorte qu'il ne peut suivre la formation acceler'emploi, fait obstacle à ce qu'il signe le contrat avec son bailleur social alors qu'un logement lui a été réservé et va conduire à ce qu'il soit mis fin au versement de ses prestations sociales ;
- le renouvellement de son récépissé est de droit tant que sa demande est en cours d'instruction ;
- le refus de lui délivrer un récépissé porte une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que constituent le droit au travail et la liberté d'aller et venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2022, le préfet du Nord, représenté par la SELARL Centaure avocats, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est dirigée contre une décision de refus de renouvellement de récépissé inexistante ;
- une fois le titre de séjour édité, comme cela est le cas en l'espèce, il n'est pas possible de rééditer un récépissé de dépôt ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que le requérant s'est lui-même placé dans la situation qu'il dénonce ;
- aucune atteinte n'a été porté aux libertés fondamentales du requérant dès lors que son titre de séjour est prêt à lui être remis depuis le mois de mai dernier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Leguin, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er juillet 2022, à 14 heures 30 :
- le rapport de Mme Leguin, juge des référés ;
- les observations de Me Schryve, représentant M. A B, qui reprend les faits, moyens et conclusions de la requête et insiste sur le fait que le requérant n'a jamais reçu de convocation en préfecture pour venir retirer son titre de séjour le 20 mai 2022 ;
- les observations de Me Dussault, représentant le préfet du Nord, qui reprend les éléments du mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est un ressortissant angolais qui a été muni d'un titre de séjour " vie privée et familiale " régulièrement renouvelé jusqu'au 20 décembre 2021. Le 4 décembre 2021, il a été muni d'un récépissé de demande valable jusqu'au 20 juin 2022, dont il a sollicité le renouvellement. Le 27 juin 2022, le requérant a reçu une convocation en préfecture pour venir retirer son titre de séjour le 19 juillet 2022. En revanche, la préfecture n'a apporté aucune réponse à la demande faite le même jour tendant à se voir délivrer un récépissé dans l'attente de ce rendez-vous. Par la présente requête, M. A B demande au juge des référés de suspendre le refus implicite de lui délivrer un récépissé et d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer son titre de séjour ou à tout le moins un récépissé de dépôt.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () Par la juridiction compétente () ".
3. Au cas d'espèce, il y a lieu d'admettre M. A B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
5. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 511-1 et L. 521-2 du code de justice administrative qu'il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, résultant de l'action ou de la carence de cette personne publique, de prescrire les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte, dès lors qu'existe une situation d'urgence caractérisée justifiant le prononcé de mesures de sauvegarde à très bref délai. Ces mesures doivent, en principe, présenter un caractère provisoire, sauf lorsqu'aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. Le caractère manifestement illégal de l'atteinte doit s'apprécier notamment en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et des mesures qu'elle a déjà prises.
6. En l'espèce, M. A B est privé de tout document de séjour depuis le 20 juin 2022 et que cette situation a conduit à sa radiation de Pôle Emploi et à ce qu'il ne puisse pas signer le bail du logement qui lui était réservé par le bailleur social pour une entrée dans les lieux le 1er juillet 2022. Dans ces conditions la condition d'urgence particulière de l'article L. 521-2 se trouve remplie.
7. Il résulte de l'instruction que M. A B a sollicité, dans les délais prescrits, le renouvellement de son titre de séjour " vie privée et familiale ", que cette demande a été enregistrée et a donné lieu à la délivrance d'un récépissé valable jusqu'au 20 juin 2022. Depuis cette date, le requérant est privé de tout document de séjour et il n'est convoqué que le 19 juillet 2022 pour la remise du titre de séjour édité, d'après la copie de la page du fichier national des étrangers produit par le préfet à l'instance, le 1er avril 2022. Si le préfet fait valoir que le requérant s'est lui-même placé dans la situation qu'il dénonce en ne donnant pas suite à la convocation qui lui aurait été adressée pour le retrait de son titre de séjour en préfecture le 20 mai 2022, M. A B dément avoir reçu une telle convocation et le préfet ne démontre pas la réception de cette convocation par M. A B. Dans ces conditions, en refusant d'avancer le rendez-vous de remise du titre, alors que la délivrance d'un récépissé n'est plus possible après l'édition du titre de séjour, le préfet du Nord a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir de l'intéressé.
8. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Nord de convoquer M. A B dans un délai de 72 heures en vue de lui remettre le titre de séjour édité le 1er avril 2022. Il n'y a pas lieu, pour le moment, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, sous réserve que Me Schryve, avocate de M. A B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Schryve de la somme de 800 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de convoquer M. A B dans un délai de 72 heures à compter de la notification de la présente ordonnance en vue de lui remettre le titre de séjour édité le 1er avril 2022 et valable du 1er avril 2022 au 31 mars 2023.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Schryve renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, celui-ci versera à Me Schryve la somme de huit cents (800) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B, à Me Schryve, au préfet du Nord et au ministre de l'intérieur.
Fait à Lille, le 5 juillet 2022.
La juge des référés,
signé
AM. LEGUIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026