vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2204960 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | HOUINDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 1er et 7 juillet, et 23 décembre 2022, Mme E A, représentée par Me Ghyslain Houindo, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 juin 2022 par lequel de préfet du Nord a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle méconnaît les articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle méconnaît le 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles 3-1 et 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 29 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 24 février 2023 à 14 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme Balussou a lu son rapport au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E A, ressortissante togolaise née le 28 septembre 1990, est entrée en France, selon ses déclarations, en juin 2017. Elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français à la suite de la naissance de son fils, le 15 mars 2018, à Bruxelles. Par un arrêté du 13 juin 2022, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer le titre sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté et d'enjoindre à l'administration de lui délivrer le titre sollicité ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande.
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement () ". Aux termes de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
4. En premier lieu, par un arrêté du 30 septembre 2021 du recueil n° 225 du même jour des actes administratifs de la préfecture du Nord, le préfet a donné délégation à Mme B F, cheffe de bureau du contentieux et du droit des étrangers, à l'effet de signer notamment les décisions relatives à la délivrance et au refus de délivrance des titres de séjour, les décisions portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les décisions relatives au délai de départ volontaire, les décisions fixant le pays à destination duquel un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement doit être éloigné et les décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les stipulations et dispositions qui constituent les fondements légaux de chacune des décisions qu'il prononce à l'encontre de Mme A. Il comporte des considérations de fait suffisamment détaillées pour mettre la requérante à même de comprendre les motifs de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour qui lui est opposée dont la raison pour laquelle elle ne peut être regardée comme satisfaisant aux conditions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors qu'elle est fondée sur celle-ci, la décision portant obligation de quitter le territoire français qui est également prononcée à son encontre n'a, quant à elle, pas à faire l'objet d'une motivation distincte en application des dispositions du second alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la décision de départ volontaire dès lors que le délai accordé correspond au délai de droit commun prévu par l'article L. 612-1 du même code et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée aurait fait valoir devant le préfet du Nord des éléments spécifiques justifiant qu'un délai supérieur lui soit octroyé. Par ailleurs, la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement indique que la requérante n'établit ni même n'allègue que sa vie ou sa liberté serait menacée en cas de retour dans son pays d'origine et celle portant interdiction de retour sur le territoire français est motivée en référence aux quatre critères prévus à l'article L. 612-10 du même code. Dès lors, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées doivent être écartés.
6. En troisième lieu, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure au terme de laquelle seraient intervenues les décisions attaquées n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
7. En dernier lieu, il ne ressort ni des termes des décisions attaquées, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle et familiale de Mme A.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
8. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ".
9. Si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il est établi, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la délivrance de la carte de séjour temporaire sollicitée par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français.
10. La requérante fait valoir qu'elle a donné naissance, le 15 mars 2018, à un enfant dont la paternité a été reconnue le 4 août 2020 par M. C, ressortissant français. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressée a déclaré à un agent de la préfecture du Nord lors d'un entretien réalisé le 12 octobre 2021, dont elle a signé le compte-rendu, que M. C n'était pas le père de son enfant et que celui-ci est en fait M. D, ressortissant togolais, avec lequel elle avait été fiancée. Par ailleurs, les déclarations respectives de Mme A et de M. C comportent des éléments discordants relatifs notamment à la date à laquelle la requérante serait tombée enceinte et aurait annoncé à M. C la naissance de l'enfant. De plus, à la suite des entretiens administratifs réalisés le 12 octobre 2021, l'autorité préfectorale a, par une décision du 9 novembre 2021, rejeté la demande de carte nationale d'identité présentée pour l'enfant de la requérante au motif du doute existant sur sa nationalité. Dans ces conditions, le préfet du Nord disposait d'éléments précis et concordants de nature à établir que la reconnaissance de paternité dont se prévalait Mme A avait eu pour seul objet de faciliter l'obtention de la nationalité française au bénéfice de son enfant et de lui permettre d'obtenir la délivrance du titre de séjour sollicité. Si cette dernière se prévaut de ce que M. C subviendrait effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant de son enfant et que le signalement effectué par l'administration auprès du procureur de la République sur le fondement du second alinéa de l'article 40 du code de procédure pénale n'aurait pas eu de suite à la date de la décision attaquée, ces circonstances sont cependant sans incidence sur son droit au séjour. Par suite, le préfet du Nord n'a ni méconnu les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commis d'erreur d'appréciation en refusant de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à Mme A.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; () ".
12. Compte tenu de ce qui a été dit au point 10 quant au caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité de l'enfant de Mme A, cette dernière qui ne peut être regardée comme la mère d'un enfant français, n'est pas fondée à se prévaloir des dispositions précitées du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
14. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnait pas les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
15. En dernier lieu, les stipulations de l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant créent seulement des obligations entre Etats sans ouvrir de droits aux intéressés. Elles ne peuvent donc être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre une décision portant obligation de quitter le territoire français. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations est inopérant et doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne l'autre moyen soulevé à l'encontre de l'interdiction de retour sur le territoire français :
16. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
17. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, qui est entrée en France, selon ses déclarations, en juin 2017, et dont l'enfant a bénéficié d'une reconnaissance de paternité frauduleuse, ne dispose d'aucune attache familiale ou privée sur le territoire français. L'intéressée ne justifie d'aucune circonstance humanitaire au sens des dispositions citées au point précédent. Dans ces circonstances, et alors même que sa présence sur le territoire français ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'elle n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, le Préfet du Nord a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, adopter à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 13 juin 2022 du préfet du Nord doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution, de sorte que les conclusions aux fin d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A, au préfet du Nord et Me Ghyslain Houindo.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Stefanczyk, présidente,
Mme Balussou, première conseillère,
Mme Léa Sanier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
E.-M. Balussou
La présidente,
Signé
S. StefanczykLa greffière,
Signé
N. Paulet
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026