mercredi 20 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2205048 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DELGORGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 juillet 2022 et le 19 juillet 2022, la société La Petite Cantoche, représentée par Me Schryve, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 10 juin 2022 par lequel le maire de Lille a fixé à 22 heures tous les jours de la semaine l'heure de fermeture du débit de boissons sis 24, rue du Court Debout à Lille, actuellement " La Petite Cantoche ", dont l'exploitant est M. C A, pour une durée de 6 mois à compter de la notification dudit arrêté, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;
2°) de condamner la commune de Lille à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- La condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'arrêté litigieux lui cause un préjudice économique grave et irrémédiable ;
- La procédure contradictoire n'a pas été respectée en ce qu'elle a été convoquée la veille pour une réunion prévue le lendemain en mairie et qu'elle n'a pas été informée de la possibilité de demander la communication du dossier la concernant, comme prévu à l'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- L'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- Il est entaché d'erreur de droit en ce que l'arrêté prévu aux articles R. 1336-1 du code de la santé publique et R. 571-26 du code de l'environnement, conditionnant l'entrée en vigueur de l'obligation d'établir une étude d'impact des nuisances sonores, n'a jamais été adopté ni publié, de sorte que la commune de Lille ne peut se baser sur deux verbalisations pour défaut d'étude d'impact des nuisances sonores les 13 janvier et 28 avril 2022 ;
- Il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation en ce que, d'une part, elle ne diffuse pas, à titre habituel, de musique amplifiée dans le cadre de l'exploitation de son établissement, ce qui invalide là encore, les deux verbalisations des 13 janvier et 28 avril 2022 et que, d'autre part, les quatre verbalisations pour tapage de l'établissement (les 27 mars et 5 avril 2022), de la clientèle en terrasse (le 28 avril 2022) et de nuisances sonores de la clientèle (le 8 avril 2022) ne reposent sur aucun fondement. En outre, l'arrêté litigieux fait référence à deux rapports pour troubles de la clientèle les 26 mars et 10 avril 2022 dont elle n'a jamais eu connaissance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, la commune de Lille, représentée par Me Delgorgue, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la société La Petite Cantoche à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- Sans nier la baisse de chiffre d'affaires, la situation d'urgence alléguée par la requérante n'est pas établie par les pièces versées au dossier, et alors même que la tranquillité publique est mise à mal par l'établissement qu'elle exploite ;
- La procédure contradictoire a été respectée en ce qu'elle a bénéficié d'un délai raisonnable et la communication du dossier n'étant pas obligatoire, s'agissant d'une mesure de police administrative et non d'une sanction ;
- L'arrêté est suffisamment motivé, en droit et en fait ;
- La société requérante étant bien tenue d'établir une étude d'impact des nuisances sonores, le moyen tiré de l'existence d'une erreur de droit doit être écarté ;
- L'établissement diffuse à titre habituel de la musique amplifiée ;
- La matérialité des nuisances sonores est avérée (26 mars 2022, 27 mars 2022, 5 avril 2022, 8 avril 2022, 10 avril 2022, 28 avril 2022, et non sérieusement contredite.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 juillet 2022 sous le n° 2205054 par laquelle la société La Petite Cantoche demande l'annulation de l'arrêté du 10 juin 2022 par lequel le maire de Lille a fixé à 22 heures tous les jours de la semaine l'heure de fermeture du débit de boissons sis 24, rue du Court Debout à Lille, actuellement " La Petite Cantoche ", dont l'exploitant est M. C A, pour une durée de 6 mois à compter de la notification dudit arrêté.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Paganel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 juillet 2022 :
- le rapport de M. Paganel, juge des référés,
- les observations de Me Schryve, avocat représentant la société La Petite Cantoche, qui a développé son argumentation écrite,
- les observations de Me Potier, avocat représentant la commune de Lille, qui a développé son argumentation écrite.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
" Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2.En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par la société La Petite Cantoche n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution dudit arrêté doivent être rejetées ainsi que, la société La Petite Cantoche étant partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par elle au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la société La Petite Cantoche à verser à la commune de Lille une somme sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société La Petite Cantoche est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de lille au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société La Petite Cantoche et à la commune de Lille.
Fait à Lille, le 20 juillet 2022.
Le juge des référés
signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Nord ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026