vendredi 9 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2205184 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP MASSON ET DUTAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 juillet 2022 et 18 novembre 2022,
M. A D, M. B E, M. G F et M. I C, représentés par Me Maënhaut, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2022 par lequel le maire de Bray-Dunes a accordé à la société civile de construction-vente Road Beach un permis de construire 41 logements sur une parcelle cadastrée AD 122, ainsi que la décision du 5 mai 2022 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bray-Dunes la somme de 1 000 euros à verser à chacun d'entre-eux, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bray-Dunes les dépens de l'instance.
Ils soutiennent que l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UK 6 du règlement du plan local d'urbanisme communautaire dès lors que les logements n° 18 à n° 20, n° 28 à n° 30, n° 34 à n° 39 ainsi que le local à vélos ne respectent pas la distance minimale d'implantation en retrait de la voie.
Par un mémoire enregistré le 22 septembre 2022, la société civile de construction-vente Road Beach, représentée par Me Dewattine, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge solidaire des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que le moyen de la requête n'est pas fondé.
Par des mémoires enregistrés les 30 septembre 2022 et 8 novembre 2022, la commune de Bray-Dunes, représentée par la SCP Masson et Dutat conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que le moyen de la requête n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Liénard ;
- et les conclusions de M. Babski, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 19 janvier 2022, le maire de Bray-Dunes a accordé à la société civile de construction-vente (SCCV) Road Bach un permis de construire 41 logements sur une parcelle d'une superficie de 0,7 ha située entre l'avenue du Général de Gaulle et le boulevard des Oyats et cadastrée AD 122 en zone UK2bd. Par la requête susvisée, M. D, M. E, M. F et M. C demandent au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que la décision du 5 mai 2022 rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article UK-6 - " Implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques " du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la communauté urbaine de Dunkerque : " a) Dispositions générales applicables à l'ensemble de la zone UK / Dans un souci d'intégration, d'harmonie avec l'existant, pour tenir compte de l'implantation des constructions contiguës et pour conforter le front urbain existant, l'implantation ne doit pas induire de rupture dans la séquence bâtie qu'elle intègre. / () / Les dispositions s'appliquent à toute implantation en bordure de voie existante ou à créer, publique ou privée () / b) Dispositions applicables au secteur UK1 et UK2 : / Les constructions sont implantées en retrait de la voie, ou de l'emprise publique, ou des voies privées, avec un recul compris entre 3 et 8 mètres. L'extension de bâtiment peut être implantée dans le prolongement de la construction existante () ".
3. D'une part, il résulte des termes mêmes de ces dispositions et nonobstant l'intitulé de l'article que les règles d'implantation des constructions par rapport aux voies qu'elles prévoient s'appliquent tant aux voies publiques que privées, qu'elles soient existantes ou à créer.
4. D'autre part, en l'absence d'indications contraires, la référence faite par un PLU à la largeur de la voie doit, en principe, s'entendre comme comprenant non seulement la partie de la chaussée ouverte à la circulation des véhicules, mais aussi la partie de l'emprise réservée au passage des piétons.
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice descriptive du projet et du plan de travaux, que les logements du lotissement seront desservis par une voie à créer reliant l'avenue du Général de Gaulle au boulevard des Oyats. Cette voie, d'une largeur maximale de 7,5 mètres, comprend notamment une chaussée à sens unique ouverte à la circulation automobile d'une largeur de 3 mètres ainsi qu'un trottoir d'une largeur d'1,5 mètre. Il ressort du plan de masse joint à la demande de permis de construire que si les logements n° 18 à n° 20, n° 28 à n° 30, n° 34 à n° 39 ainsi que le local à vélos seront implantés à plus de trois mètres de la partie de la voie ouverte à la circulation automobile, ces constructions se situeront à une distance de moins de 3 mètres du trottoir. Par suite, en l'absence d'indications contraires dans le PLU de la communauté urbaine de Dunkerque, ces constructions doivent être regardées comme se situant à moins de 3 mètres de la voie à créer. Dans ces conditions, l'implantation des logements portant les numéros 18 à 20, 28 à 30, 34 à 39 ainsi que celle du local à vélos méconnait les dispositions de l'article UK-6 du règlement du PLU communautaire.
6. Il résulte de tout ce qui précède que le permis de construire délivré le 19 janvier 2022 à la SCCV Road Beach est illégal en tant qu'il méconnaît, en ce qui concerne l'implantation des logements portant les numéros 18 à 20, 28 à 30, 34 à 39 ainsi que celle du local à vélos, les dispositions de l'article UK-6 du règlement du PLU de la communauté urbaine de Dunkerque fixant les règles d'implantation des constructions au regard des voies publiques et privées.
Sur les conséquences de l'illégalité relevée :
7. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. () ".
8. Il résulte de ces dispositions que le juge peut procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme dans le cas où une illégalité affecte une partie identifiable du projet et où cette illégalité est susceptible d'être régularisée, sans qu'il soit nécessaire que la partie illégale du projet soit divisible du reste de ce projet.
9. En l'espèce, le vice affectant le permis de construire contesté, relevé au point 5 du présent jugement, tiré de la méconnaissance des règles d'implantation des constructions au regard des voies publiques et privées, n'affecte qu'une partie identifiée du projet et est susceptible d'être régularisé. Il y a lieu, en conséquence, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, d'annuler l'arrêté litigieux en tant qu'il autorise l'implantation des logements portant les numéros 18 à 20, 28 à 30, 34 à 39 ainsi que du local à vélos dans des conditions méconnaissant l'article UK-6 du règlement du PLU de la communauté urbaine de Dunkerque, ainsi que la décision du maire de Bray-Dunes rejetant le recours gracieux des requérants.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de MM. D, E, F et C, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, les sommes que la commune de Bray-Dunes et la SCCV Road Beach demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Bray-Dunes une somme gloable de 2 500 euros au titre des frais exposés par M. D, M. E, M. F et M. C et non compris dans les dépens.
11. D'autre part, le présent litige n'ayant donné lieu à aucun dépens, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 19 janvier 2022 du maire de Bray-Dunes délivrant à la SCCV Road Beach un permis de construire ainsi que sa décision du 5 mai 2022 rejetant le recours gracieux de M. D, M. E, M. F et M. C sont annulés en tant qu'ils méconnaissent l'article 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la communauté urbaine de Dunkerque applicable à la zone UK en ce qui concerne l'implantation des logements portant les numéros 18 à 20, 28 à 30, 34 à 39 et du local à vélos.
Article 2 : La commune de Bray-Dunes versera à M. D, M. E, M. F et M. C la somme globale de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à M. B E, à M. G F, à M. I C, à la société civile de construction-vente Road Beach et à la commune de Bray-Dunes.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- M. Liénard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé
Q. LIENARD
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. H
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026