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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2205229

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2205229

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2205229
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP D'AVOCATS DECOSTER, CORRET, DELOZIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 juillet 2022, M. et M. C A, représentés par la société Ingelaere et Partners-Avocats, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Nicolas a délivré à M. D B un permis de construire n° PC 062764 21 00009 portant sur la construction de deux habitations individuelles, sur un terrain situé rue Jules Guesde sur le territoire communal ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Nicolas le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le dossier joint à la demande de permis de construire est incomplet et erroné ;

- le permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article UA 12-1 du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) ;

- le permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article UA 11-1 de ce plan ;

- le permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article UA 10 du même plan.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2022, la commune de Saint-Nicolas, représentée par Me Deloziere, conclut au rejet de la requête et à ce que le tribunal mette à la charge de M. et Mme A le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt donnant qualité pour agir ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à M. B qui n'a pas produit d'observations écrites.

Par une ordonnance du 28 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 août 2024 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Huguen ;

- les conclusions de Mme Grard, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Monsieur D B a, le 25 octobre 2021, présenté une demande de permis de construire pour l'édification de deux habitations individuelles sur un terrain situé rue Jules Guesde à Saint-Nicolas. Par un arrêté du 3 janvier 2022, le maire de la commune de Saint-Nicolas a fait droit à sa demande sous réserve du respect des prescriptions émises par la communauté urbaine d'Arras, par le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Pas-de-Calais et par la société ENEDIS. Par une lettre du 17 mars 2022, M. et Mme A, propriétaires d'un immeuble situé 51 B rue Jules Guesde, ont demandé au maire de la commune de Saint-Nicolas de procéder au retrait de son arrêté du 3 janvier 2022. Par une décision réputée intervenue le 17 mai 2022, le maire de la commune a rejeté implicitement leur recours administratif. M. et Mme A demandent au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 3 janvier 2022.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Saint-Nicolas :

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation () ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire litigieux a pour objet la construction de deux maisons comportant chacune deux niveaux (R + 1) sur la parcelle immédiatement voisine de celle dont M. et Mme A sont les propriétaires ce qui leur confère, dès lors, la qualité de voisins immédiats. Il ressort également des pièces du dossier que la première des habitations du projet doit être implantée, dans sa plus longue façade, qui comprend trois fenêtres au rez-de-chaussée et une fenêtre à l'étage, à environ six mètres de la façade principale de l'habitation de M. et Mme A, qui est exposée au sud, sud-est. Dès lors, en soutenant que les constructions projetées, compte tenu de leur volume, engendreront, d'une part, une perte de lumière et d'ensoleillement dans toutes les pièces de vie de leur habitation, d'autre part, une vue plongeante sur l'ensemble de leur propriété et, par voie de conséquence, une perte d'intimité dans les espaces extérieurs et dans les pièces de vie de leur maison, M. et Mme A, qui ne sont pas sérieusement contredits par la commune, établissent que le projet objet du permis de construire litigieux est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien, au sens des dispositions précitées de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'écarter la fin de non-recevoir opposée par la commune de Saint-Nicolas.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : /1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; /2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; /b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; /c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; /e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; /f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

7. Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend cinq photographies qui permettent de visualiser les constructions avoisinantes au projet de construction litigieux et les paysages. Il comprend également, contrairement à ce qui est soutenu, le plan des deux façades et des deux pignons. Il comprend aussi une " notice d'impact visuel " qui décrit, en termes précis, l'environnement proche du projet et le parti architectural retenu. Il comprend enfin un document graphique, dont les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ne prévoient pas qu'il doive être produit pour toutes les façades d'un projet de construction, qui permet d'apprécier, depuis le trottoir opposé de la rue Jules Guesde, l'insertion du projet dans son environnement proche. Dès lors, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que les éléments du dossier ne permettraient pas d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain.

8. En outre, la " notice d'impact visuel " mentionne que le terrain d'assiette du projet est un " jardin aux herbes hautes () parsemés [sic] de quelques arbustes ". Elle indique également, dans le paragraphe intitulé " LE PROJET - L'AMENAGEMENT ", que " Des petits carrés jardins s'organiseront à l'arrière des deux maisons ". Le paragraphe intitulé " Clôtures et plantations " mentionne que " () les plantations seront constituées d'essences régionales, dans le respect du cadre local. L'ensemble viendra agrémenter le terrain dans un aspect homogène ". Le plan de masse versé au dossier le 25 novembre 2021 dans le cadre de l'instruction de la demande de permis de construire identifie un espace vert d'une superficie de 51,72 mètres carrés situé au nord de la maison n° 2, en contiguïté de la parcelle de M. et Mme A. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les éléments du dossier ne permettraient pas d'apprécier la conformité du projet aux dispositions de l'article UA 11-1 du plan local d'urbanisme intercommunal relatives aux espaces végétalisés ou végétalisables.

9. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du caractère incomplet et erroné du dossier joint à la demande de permis de construire doit être écarté.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article UA 10 du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté urbaine d'Arras : " OBLIGATIONS EN MATIERE DE PERFORMANCES ENERGETIQUES ET ENVIRONNEMENTALES Les travaux de réhabilitation des constructions existantes doivent rechercher une amélioration significative des performances énergétiques des bâtiments*. Pour les constructions neuves, les logements traversants seront recherchés et les logements monoorientés sont à éviter. La capacité des constructions à réduire la surface de déperdition de chaleur et donc les besoins en énergie sera recherchée ".

11. Les dispositions précitées de l'article UA 10 ne fixent, en particulier pour les constructions neuves, aucune obligation de résultats en matière de performances énergétiques et environnementales. Dès lors, la circonstance, au demeurant contredite par les plans joints à la demande, que les logements objets du permis de construire litigieux ne seraient pas " traversants " est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 10 du plan local d'urbanisme intercommunal doit être écarté.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article UA 11-1 du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté urbaine d'Arras : " PROPORTION MINIMALE DE SURFACES NON IMPERMEABILISEES OU ECOAMENAGEABLES La totalité des espaces végétalisés ou végétalisables* d'une opération doit couvrir : - 10% minimum de la superficie de l'unité foncière* dans les secteurs UAa et UAb ; () Les espaces végétalisés ou végétalisables* comprennent : - les espaces en pleine terre* avec ou sans végétation, les toitures végétalisées avec au moins 50 cm de terre, pour un coefficient de pondération = 1 - les toitures végétalisées avec moins de 50 cm de terres, les murs végétalisés et les revêtements perméables pour l'air et l'eau avec ou sans végétation (dallage de bois, pierres de treillis de pelouses, ) pour un coefficient pondérateur = 0,5 Les espaces végétalisés ou végétalisables* ne comprennent pas les surfaces de circulation automobile et de stationnement lorsqu'elles sont imperméabilisées () ".

13. Il ressort des pièces du dossier que la superficie du terrain d'assiette du projet de construction est de 294 mètres carrés et que l'emprise au sol du projet est de 199,62 mètres carrés. Le plan de masse versé au dossier le 25 novembre 2021, ainsi qu'il a été dit, identifie un espace vert d'une superficie de 51,72 mètres carrés, soit, conformément aux dispositions précitées de l'article UA 11-1, une superficie au moins égale à 10 % de celle de l'unité foncière. Dès lors, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire litigieux aurait été pris en méconnaissance de l'article UA 11-1 du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté urbaine d'Arras.

14. En dernier lieu, aux termes de l'article UA 12-1 du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté urbaine d'Arras : " NORMES POUR LES VÉHICULES MOTORISÉS () / UA 12.1.1.b - Construction à destination d'habitat : - Dans toute la zone à l'exception du secteur UAa : Il est exigé un minimum de : () • 2 places de stationnement pour les logements au-delà de 70 m² de surface de plancher* à l'exception des logements locatifs financés avec un prêt aidé de l'Etat ".

15. Les dispositions précitées de l'article UA 12-1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté urbaine d'Arras ne font pas obstacle à l'aménagement de places de stationnement en enfilade de places directement accessibles, dès lors que chacune d'elles, affectée au même logement que celle qui en commande l'accès, est effectivement utilisable.

16. En l'espèce, il est constant que les deux logements objets du permis de construire litigieux, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils seraient des logements locatifs financés à l'aide d'un prêt aidé de l'Etat, ont, chacun, une surface de plancher supérieure à 70 mètres carrés et disposent, chacun également, de deux places de stationnement dont la première est située à l'intérieur de leur garage respectif et la seconde à l'extérieur des emprises bâties, face à la façade nord du premier logement. Il ressort des pièces du dossier que ces deux dernières places de stationnement sont aménagées l'une dans le prolongement de l'autre, en enfilade, de telle sorte que, compte tenu de l'étroitesse de l'espace de circulation sur l'unité foncière, dont la largeur minimale est égale à 3,01 mètres, la place affectée au premier logement commande nécessairement l'accès de celle affectée au second logement qui, dès lors, ne saurait être regardée comme directement accessible ni, par voie de conséquence, effectivement utilisable. M. et Mme A sont donc fondés à soutenir que l'arrêté du 3 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Nicolas a délivré le permis de construire litigieux a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article UA 12-1 du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté urbaine d'Arras.

Sur la mise en œuvre de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :

17. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".

18. En l'espèce, si le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UA 12-1 du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté urbaine d'Arras est de nature à justifier l'annulation du permis de construire attaqué, il résulte de l'instruction que ce vice, qui n'affecte qu'une partie identifiable du projet, est susceptible d'être régularisé par une modification du projet qui n'implique pas de lui apporter un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dès lors, il y a lieu de limiter l'annulation du permis de construire attaqué à ce seul vice. M. et Mme A sont donc fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 3 janvier 2022, mais seulement en tant qu'il ne prévoit pas un nombre de places de stationnement suffisant pour le logement n° 2.

Sur les frais liés au litige :

19. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de M. et Mme A, qui ne sont pas la partie perdante à la présente instance, la somme que demande la commune de Saint-Nicolas au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

21. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Saint-Nicolas la somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme A au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 3 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Nicolas a délivré à M. D B un permis de construire n° PC 062764 21 00009 est annulé en tant qu'il ne prévoit pas un nombre de places de stationnement suffisant pour le logement n° 2.

Article 2 : La commune de Saint-Nicolas versera à M. et Mme A la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Nicolas au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C A, à la commune de Saint-Nicolas et à M. D B.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Leguin, présidente,

M. Huguen, premier conseiller,

M. Boileau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.

Le rapporteur,

Signé

O. HUGUENLa présidente,

Signé

A.M. LEGUIN

La greffière,

Signé

S. SING

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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