jeudi 14 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2205446 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | TRAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2022, M. B A, représenté par Me Tran, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 26 avril 2022 par laquelle le préfet du Nord a refusé d'abroger les décisions du 15 octobre 2021 par lesquelles il avait refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui avait fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant ", dans le délai de huit jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- conformément à l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration, l'abrogation d'un refus de titre de séjour peut être sollicitée en cas de modification des circonstances de fait ou de droit ; la preuve de son inscription à l'université au titre de l'année 2021-2022 est une circonstance nouvelle dès lors qu'il n'était pas en mesure le 15 octobre 2021, date à laquelle la décision portant refus de titre de séjour a été prise, de produire un tel certificat de scolarité ; son inscription a été validée le 3 décembre 2021 ; son assiduité en cours n'a pu être constatée qu'à l'issue de plusieurs mois ; la réussite de sa première année de licence n'a pu être constatée qu'en fin d'année universitaire ;
- il ne peut lui être opposé une absence de caractère sérieux de ses études en raison d'un seul échec en première année ; seuls des échecs répétés peuvent justifier un refus de délivrance d'un titre de séjour ; des circonstances particulières peuvent justifier une réorientation de l'étudiant ou un échec à des examens ; il a en outre été admis en première année de licence le 12 juillet 2022 ;
- les stipulations de l'article 9 de la convention franco-togolaise ne conditionnent la délivrance d'un titre de séjour étudiant qu'au fait de posséder un visa long séjour, d'être inscrit à l'université et de disposer de moyens de subsistance suffisants ; la convention franco-togolaise ne prévoit pas que l'étranger doit justifier du caractère sérieux des études qu'il suit ;
- le préfet du Nord a entaché sa décision d'une erreur de fait dès lors qu'il est entré en France muni d'un visa D " mineur isolé " délivré le 18 août 2020 et valable jusqu'au 17 octobre 2021.
La requête a été communiquée au préfet du Nord, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Les parties ont été informées, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la décision du préfet du Nord en date du 26 avril 2022 trouve son fondement légal dans les stipulations de l'article 9 de la convention franco-togolaise du 13 juin 1996, qui peuvent être substituées aux dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par une ordonnance en date du 20 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 septembre 2022.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Lille en date du 13 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République togolaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Lomé le 13 juin 1996 et publiée par décret n° 2001-1268 du 20 décembre 2001 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Jaur a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant togolais né le 23 avril 2003, est entré en France le 27 août 2020 sous couvert d'un visa D " mineur scolarisé " valable jusqu'au 17 octobre 2021. Le 15 juin 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ". Le préfet du Nord a, par un arrêté en date du 15 octobre 2021, refusé de lui délivrer ce titre, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A demande au tribunal d'annuler la décision en date du 26 avril 2022 par laquelle le préfet du Nord a refusé d'abroger ces décisions.
2. Aux termes de l'article 9 de la convention franco-togolaise du 13 juin 1996 : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation dans des disciplines spécialisées qui n'existent pas dans l'État d'origine sur le territoire de l'autre État doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants ". Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ". () ".
3. Il résulte des stipulations précitées de l'article 9 de la convention franco-togolaise que l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas applicable aux ressortissants togolais désireux de poursuivre leurs études en France, dont la situation est régie par cet article 9. Par suite, le refus d'abrogation du préfet du Nord ne pouvait être pris sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
4. En l'espèce, la décision attaquée trouve son fondement légal dans les stipulations de l'article 9 de la convention franco-togolaise du 13 juin 1996, qui peuvent être substituées à celles de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'un ou l'autre de ces deux articles. Il y a donc lieu de procéder à cette substitution de base légale.
5. M. A ne conteste pas qu'il ne justifie pas de moyens d'existence suffisants alors que le préfet du Nord s'est fondé notamment sur ce motif pour refuser de lui délivrer le titre de séjour sollicité. Par suite, et à supposer même que les autres motifs retenus soient erronés, le préfet du Nord n'a pas fait une inexacte application des stipulations de l'article 9 de la convention franco-togolaise du 13 juin 1996 citées au point 2 en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision en date du 26 avril 2022 par laquelle le préfet du Nord a refusé d'abroger l'arrêté préfectoral du 15 octobre 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il a présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Stéphanie Tran et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Courtois, première conseillère,
- Mme Jaur, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
A. JAURLe président,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026