LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2205785

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2205785

jeudi 11 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2205785
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBLANC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2022, M. G A F demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a maintenu en rétention administrative.

Il soutient que :

- le signataire de l'arrêté attaqué ne justifie pas d'une délégation de signature régulière ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.

La procédure a été communiquée à la préfecture du Pas-de-Calais qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D en application de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Michel, magistrate désignée,

- les observations de Me Blanc, représentant M. A F, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ; il soutient, par ailleurs, que le préfet a commis une erreur d'appréciation en qualifiant de dilatoire la demande d'asile présenté le 28 juillet 2022 par le requérant ;

- les observations de M. A F, assisté par Mme B, interprète assermentée en arabe, qui indique vouloir régulariser sa situation sur le territoire français ;

- et les observations de Me Matondo, représentant le préfet du Pas-de-Calais, qui conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A F, ressortissant marocain, né le 4 mars 1984, entré en France en septembre 2021, selon ses déclarations, a fait l'objet le 25 juillet 2022, d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français, prise par le préfet du Pas-de-Calais et a été placé en rétention administrative le même jour afin de pourvoir à son éloignement. Le 28 juillet 2022, M. A F a déposé, auprès du centre de rétention de Coquelles, une demande d'asile. Par un arrêté du 29 juillet 2022, le préfet du Pas-de-Calais a ordonné son maintien en rétention. Par la présente requête, M. A F demande l'annulation de l'arrêté du 29 juillet 2022.

2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté n° 2022-10-03 du 13 janvier 2022, publié le 17 janvier 2022 au recueil spécial n° 11 des actes administratifs des services de l'Etat dans le Pas-de-Calais, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation à M. C E, chef du bureau de l'éloignement, à l'effet de signer, notamment, la décision attaquée. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision litigieuse manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui vise et cite notamment les articles L. 754-3 et L. 754-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait état des circonstances au vu desquelles le préfet du Pas-de-Calais a estimé que la demande d'asile formée par l'intéressé présentait un caractère dilatoire. Ainsi, cette décision énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde de manière suffisamment détaillée pour permettre au requérant d'en discuter utilement les motifs et au juge d'exercer son contrôle. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, dès lors, être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13. ". En outre, aux termes de l'article L. 754-3 du même code : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A F a été interpellé, le 20 juillet 2022, dans le cadre d'un contrôle d'identité par les services de la police aux frontières puis placé en retenue pour vérification de son droit au séjour et à la circulation en France. Au cours de son audition par les services de police, l'intéressé a indiqué avoir formé, au cours de l'année 2021, une demande d'asile en Autriche. La comparaison de ses empreintes décadactylaires avec les données du fichier Eurodac a confirmé que l'intéressé avait formé, en janvier 2021, une demande d'asile en Autriche. Toutefois, les autorités autrichiennes consultées ont refusé, le 25 juillet 2022, d'admettre l'intéressé au motif que ce dernier avait quitté leur territoire depuis septembre 2021. Dans ces conditions, M. A F a fait l'objet, le 25 juillet 2022, d'une obligation de quitter le territoire français et a été placé en rétention administrative le même jour, afin de pourvoir à son éloignement. L'intéressé a alors déposé, le 28 juillet 2022, au centre de rétention de Coquelles, une demande d'asile. Il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal de l'audition à laquelle ont procédé les services de police le 20 juillet 2022, que M. A F, entré sur le territoire français, selon ses déclarations, en septembre 2021, soit dix mois avant la date de la décision attaquée du 29 juillet 2022, n'a formé aucune demande d'asile jusqu'à son placement en centre de rétention afin de pourvoir à l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Si le requérant soutient que sa demande d'asile du 28 juillet 2022 trouve son origine dans la connaissance tardive, à savoir à l'occasion de la décision d'éloignement litigieuse, du refus des autorités autrichiennes d'examiner sa demande d'asile, il n'apporte toutefois aucun élément permettant d'établir qu'il se serait, dans le délai écoulé entre sa demande d'asile auprès des autorités autrichienne et la décision d'éloignement litigieuse, soit pendant un délai de dix-neuf mois, enquis de connaître les suites données à sa demande d'asile. Dans ces conditions, eu égard aux conditions du séjour de M. A F sur le territoire français, ainsi qu'à l'absence de démarches par l'intéressé pour connaître les suites de sa demande d'asile avant son éloignement, le préfet a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation au vu de ces éléments objectifs, estimer que la demande d'asile formulée par M. A F en rétention n'avait d'autre objet que de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation quant au caractère dilatoire de la demande d'asile doit, ainsi, être écarté.

6. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de l'autorité administrative sur la situation personnelle du requérant n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit être écarté pour ce motif.

7. Il résulte de qui précède que M. A F n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a maintenu en rétention administrative.

8.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A F doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G A F et au préfet du Pas-de-Calais.

Lu en audience publique le 11 août 2022.

La magistrate désignée,

Signé,

C. DLa greffière,

Signé,

O. DEBUISSY

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions