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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2206038

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2206038

jeudi 18 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2206038
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCABARET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

H une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 août 2022 et 11 août 2022, M. A C demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2022 H lequel le préfet de l'Aisne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros H jour de retard, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de procéder à un nouvel examen de sa situation ;

Il soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée a été prise H une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît le droit à une procédure contradictoire tel qu'institué H les principes généraux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît l'article L.621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision attaquée a été prise H une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- il a entaché sa décision d'une erreur de droit dès lors qu'il aurait dû être renvoyé vers la Belgique.

En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

- la décision attaquée a été prise H une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision attaquée a été prise H une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

H un mémoire enregistré le 10 août 2022, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête de M. C.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. F en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lassaux, magistrat désigné ;

- les observations de Me Cabaret, avocate, représentant M. C, conclut aux mêmes fins que la requête H les mêmes moyens ; elle soutient H ailleurs à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français que le préfet de l'Aisne n'a procédé à un examen particulier de la situation de M. C et ne pouvait pas fonder sa décision sur un motif tiré de la menace que celui-ci représenterait pour l'ordre public ; Me Cabaret soutient également que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne fixant pas comme pays de destination la Belgique ;

- les observations de M. C, assisté de M. G, interprète assermenté en langue arabe ;

- le préfet de l'Aisne n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. H un arrêté du 5 août 2022, le préfet de l'Aisne, qui a placé M. A C, né le 7 mars 1975 à Nador, de nationalité marocaine, en rétention administrative, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. C demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, H un arrêté n°2022-10 du 6 mai 2022 publié le même jour, le préfet de l'Aisne a donné délégation à Arnaud E, chef du bureau de la nationalité, adjoint au directeur de la citoyenneté et de la légalité, en cas d'absence ou d'empêchement de David Bajeur, directeur de la citoyenneté et de la légalité, chef du bureau de l'éloignement, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer la décision attaquée. Ainsi, le moyen d'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait de l'espèce, énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle vise notamment les articles L. 311-1, L. 611-1 et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et décrit les conditions d'entrée et de séjour de M. C sur le territoire français. Ces considérations sont suffisamment développées pour mettre utilement l'intéressé en mesure de discuter les motifs de cette décision et le juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. La circonstance que le préfet de l'Aisne n'ait pas mentionné tous les éléments factuels de la situation de l'intéressé n'est pas de nature à faire regarder cette motivation comme insuffisante. Pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être développés, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle. Ainsi les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle manquent en fait et ne peuvent qu'être également écartés. H suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

4. En troisième lieu, selon la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE, 5 novembre 2014, Mukarubega, C166/13 et CJUE, 11 décembre 2014, Boudjilida, C249/13), le droit à être entendu se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente serait tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter son point de vue de manière utile et effective. En particulier, il n'implique pas l'obligation, pour le préfet, d'entendre l'étranger spécifiquement au sujet de l'obligation de quitter le territoire français qu'il envisage de prendre après avoir statué sur le droit au séjour à l'issue d'une procédure ayant respecté son droit d'être entendu. Une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision lui faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

5. Il ressort des pièces du dossier, notamment des mentions du procès-verbal d'audition du 5 août 2022, qu'à l'occasion de sa garde à vue, M. C a été entendu H les services de police judiciaire en raison de soupçons de vol mais également, de manière circonstanciée, sur sa situation administrative, ses conditions de séjour en France ainsi que sur sa situation personnelle et familiale sur le territoire, dans son pays d'origine ainsi qu'en Belgique. Si, lors de cette audition, il n'a pas explicitement été informé qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement, il a néanmoins été mis à même de faire valoir, avant l'intervention de la décision portant obligation de quitter le territoire français, tous les éléments d'information ou arguments de nature à influer sur le contenu d'une telle mesure. Il n'est ni établi ni même allégué que le requérant disposait d'autres informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'éloignement et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à cette décision. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux avant que ne soit édicté la décision contestée. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision susvisée aurait été prise en méconnaissance du principe général du droit d'être entendu doit être écarté.

6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet a fondé la décision attaquée sur le constat de l'irrégularité de l'entrée et du séjour sur le territoire de M. C. La décision portant obligation de quitter le territoire français ne se fonde pas sur la menace à l'ordre public que la présence en France de l'intéressé représenterait. Ce motif n'est retenu que pour fonder la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire. H suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché la décision attaquée d'une erreur de fait au motif qu'il ne représenterait pas une menace pour ordre public. Ce moyen doit être écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () ". Aux termes de l'article L. 611-2 du même code : " L'étranger en provenance directe du territoire d'un des États parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les 1° et 2° de l'article L. 611-1 lorsqu'il ne peut justifier être entré ou s'être maintenu sur le territoire métropolitain en se conformant aux stipulations des paragraphes 1 et 2 de l'article 19, du paragraphe 1 de l'article 20 et des paragraphes 1 et 2 de l'article 21 de cette même convention. / () ". Aux termes de l'article L. 621-1 du même code : " H dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises H un autre État prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. / L'étranger est informé de cette remise H décision écrite et motivée prise H une autorité administrative définie H décret en Conseil d'État. Il est mis en mesure de présenter des observations et d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix. " Aux termes de l'article L. 621-2 du même code : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un Etat membre de l'Union européenne, de la République d'Islande, de la Principauté du Liechtenstein, du Royaume de Norvège ou de la Confédération suisse l'étranger qui, admis à entrer ou à séjourner sur le territoire de cet Etat, a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 311-1, L. 311-2 et L. 411-1, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec cet État, en vigueur au 13 janvier 2009. " et aux termes de l'article L. 621-3 du même code : " L'étranger en provenance directe du territoire d'un État partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les dispositions de l'article L. 621-2 lorsqu'il est entré ou a séjourné sur le territoire français sans se conformer aux stipulations des paragraphes 1 et 2 de l'article 19, du paragraphe 1 de l'article 20, et des paragraphes 1 et 2 de l'article 21, de cette convention, relatifs aux conditions de circulation des étrangers sur les territoires des parties contractantes, ou sans souscrire, au moment de l'entrée sur ce territoire, la déclaration obligatoire prévue H l'article 22 de la même convention, alors qu'il était astreint à cette formalité. ".

8. Il résulte des dispositions des articles L. 611-1 et L. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives à l'obligation de quitter le territoire français, et des articles L. 621-1 et suivants du même code, relatives aux procédures de remise aux Etats membres de l'Union européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen, que le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre Etat ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et que le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire H rapport à l'autre. Il s'ensuit que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application de l'article L. 611-1 ou des articles L. 621-3 à L. 621-6, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'Etat membre de l'Union européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, sur le fondement des articles L. 621-3 et suivants, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce que l'administration engage l'une de ces procédures.

9. En l'espèce, le requérant soutient que le préfet a commis une erreur de droit en n'examinant pas s'il y avait lieu de le remettre aux autorités belges, pays où il déclare bénéficier d'un droit au séjour. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C bénéfice encore d'un titre valide l'autorisant à séjourner en Belgique à la date de la décision attaquée dès lors qu'il apparaît dans un courriel du 5 août 2022 émanant du centre de coopération policière et douanière de Tournai (Belgique) que l'intéressé a vu son titre de séjour délivré H les autorités belges faire l'objet d'une mesure de suppression le 14 octobre 2021. En outre, il ressort du procès-verbal d'audition de M. C H les services de police que celui-ci n'a pas manifesté la volonté de rejoindre la Belgique et il ne justifie pas davantage avoir des membres de sa famille avec qui il entretiendrait une relation régulière en Belgique. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Aisne a commis une erreur de droit en prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français ni qu'il aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier de sa situation.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

Sur la décision fixant le pays de destination :

11. En premier lieu, H un arrêté n°2022-10 du 6 mai 2022 publié le même jour, le préfet de l'Aisne a donné délégation à Arnaud E, chef du bureau de la nationalité, adjoint au directeur de la citoyenneté et de la légalité, en cas d'absence ou d'empêchement de David Bajeur, directeur de la citoyenneté et de la légalité, chef du bureau de l'éloignement, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer la décision fixant le pays de destination attaquée. Ainsi, le moyen d'incompétence du signataire de la décision fixant le pays de destination attaquée manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

12. En deuxième lieu, la décision attaquée énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, ainsi le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et ne peut qu'être également écarté.

13. En troisième lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, H voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

14. En quatrième lieu, dès lors que M. C ne justifie pas avoir de la famille en Belgique ni ne bénéficier d'un titre de séjour valide délivré H les autorités belges, le préfet de l'Aisne ne peut être regardé comme ayant entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'une erreur de droit.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

Sur les décisions refusant un délai de départ volontaire et interdisant le retour sur le territoire français :

16. Le préfet de l'Aisne se prévaut des articles 3.0 et 3.1 de l'arrêté du 6 mai 2022 portant délégation de signature accordée à M. B E. Toutefois, il ne ressort pas de liste des actes que M. D, directeur de la citoyenneté et de la légalité de la préfecture de l'Aisne et M. E, en cas d'absence ou empêchement du premier, sont autorisés à signer les décisions distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français que sont le refus d'octroi de délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français. Il s'ensuit que les décisions H lesquelles un délai de départ volontaire a été refusé à M. C et une interdiction de retour sur le territoire français a été prononcée à son encontre ont été signées H une personne incompétente pour ce faire.

17. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigé contre ces deux décisions que M. C est fondé à en demander l'annulation.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

18. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, H suite, de rejeter les conclusions de M. C à fin d'injonction et d'astreinte.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions du 5 août 2022 H lesquelles le préfet de l'Aisne a refusé d'accorder un délai de départ volontaire et interdit à M. C de retourner en France durant un an sont annulées.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de l'Aisne.

Rendu public H mise à disposition au greffe le 18 août 2022.

Le magistrat désigné,

Signé,

P. FLa greffière,

Signé,

G. GREGOIRE

La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2206038

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