LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2206183

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2206183

vendredi 1 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2206183
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantGOMMEAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 août et 20 octobre 2022, M. B C, représenté par Me Julie Gommeaux, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 5 mai 2022 par lesquelles le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a interdit de retour en France durant un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " ou " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à défaut, de l'admettre provisoirement au séjour et de procéder au réexamen de sa situation, sous les mêmes conditions d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- il n'est pas établi que cette décision ait été signée par une autorité habilitée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale, par exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :

- elle est illégale, par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour en France :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est illégale, par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, car tardive ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par une ordonnance du 29 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 octobre 2023 à 14 heures.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juin 2022 du bureau d'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Caustier,

- et les observations de Me Schryve, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant guinéen né le 5 septembre 1985 à Gueckedou (République de Guinée) et entré sur le territoire français le 1er octobre 2018 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa de type D, portant la mention " étudiant ", valable du 11 septembre 2018 au 11 septembre 2019, s'est vu délivrer une première carte de séjour temporaire portant la même mention et valable du 17 décembre 2019 au 16 décembre 2020, puis une seconde valable du 1er janvier au 31 décembre 2021. Le 30 octobre 2021, M. C a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 5 mai 2022, le préfet du Nord a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler les décisions précitées du 5 mai 2022 par lesquelles le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a interdit de retour en France durant un an.

Sur la fin de non-recevoir :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / () ". Aux termes de l'article L. 614-4 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. / () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () / Les recours contre les décisions du bureau d'aide juridictionnelle peuvent être exercés par l'intéressé lui-même lorsque le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui a été refusé, ne lui a été accordé que partiellement ou lorsque ce bénéfice lui a été retiré. / () ". Aux termes de l'article 43 du décret du 28 décembre 2020 visé ci-dessus : " () lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : / 1° De la notification de la décision d'admission provisoire ; / 2° De la notification de la décision constatant la caducité de la demande ; / 3° De la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 69 et de l'article 70 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée ; / 4° Ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. / () ". Enfin, aux termes de l'article 69 de ce décret : " Le délai du recours prévu au deuxième alinéa de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée est de quinze jours à compter du jour de la notification de la décision à l'intéressé. / () ".

4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'une demande d'aide juridictionnelle interrompt le délai de recours contentieux et qu'un nouveau délai de même durée recommence à courir à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours après la notification à l'intéressé de la décision se prononçant sur sa demande d'aide juridictionnelle ou, si elle est plus tardive, à compter de la date de désignation de l'auxiliaire de justice au titre de l'aide juridictionnelle. Il en va ainsi quel que soit le sens de la décision se prononçant sur la demande d'aide juridictionnelle, qu'elle en ait refusé le bénéfice, qu'elle ait prononcé une admission partielle ou qu'elle ait admis le demandeur au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, quand bien même dans ce dernier cas le ministère public ou le bâtonnier ont, en vertu de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991, seuls vocation à contester une telle décision.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. C a présenté une demande d'aide juridictionnelle le 2 juin 2022. La date de notification de l'arrêté en litige, par lequel le préfet du Nord l'a notamment obligé à quitter le territoire français avec un délai de départ volontaire, ne ressortant d'aucune pièce du dossier, le requérant ne saurait être regardé comme ayant effectué tardivement cette demande. Si M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juin 2022, portant également désignation de son conseil, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision, qui lui a été notifiée par lettre simple, lui aurait été notifiée plus de trente jours avant l'introduction de la requête le 12 août 2022. La fin de non-recevoir opposée par le préfet du Nord doit, en conséquence, être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de séjour :

6. En premier lieu, par un arrêté du 30 septembre 2021, publié le même jour au recueil spécial n° 225 des actes administratifs de l'Etat dans le département, le préfet du Nord a donné délégation à Mme A D, cheffe de bureau du contentieux et du droit des étrangers, signataire de l'arrêté contesté, à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire la décision en litige portant refus de séjour doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ". Aux termes de l'article L. 433-1 de ce code : " () le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte. ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la réalité et le sérieux des études poursuivies.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. C, entré le 1er octobre 2018 sur le territoire français, a poursuivi, au titre de l'année universitaire 2018/2019, une deuxième année du master mention " Electronique, énergie électrique, automatique " parcours " Systèmes embarqués " à l'université de Rennes, qu'il a échoué à obtenir avec une moyenne de 9,6/20. Il s'est inscrit, au titre des années universitaires 2019/2020 et 2020/2021, en première année du master " Physique fondamentales et applications " parcours " Nanosciences, nanomatériaux, nanotechnologies " à l'université de Rennes, qu'il a, par deux fois, échoué à obtenir avec des moyennes de 9,4/20 et de 9,019/20. Alors même qu'il se prévaut d'une inscription, au titre de l'année 2021/2022, en deuxième année de la licence mention " Electronique, systèmes " à l'université de Lille, M. C ne justifie pas, compte tenu de ses échecs successifs et de l'absence de progression dans son parcours universitaire, du caractère réel et sérieux des études poursuivies au sens des dispositions citées au point précédent. Si le requérant justifie ses difficultés par une entrée tardive en France, le 1er octobre 2018, et par son état de santé, les pièces versées à l'instance, en particulier le certificat médical établi le 21 octobre 2022 par un médecin généraliste, qui se borne à indiquer que les troubles dont souffre M. C " ont pu engendrer des difficultés à suivre ses études ", ne permettent pas d'établir qu'en rejetant sa demande de titre de séjour, le préfet du Nord aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions citées au point précédent. Le moyen tiré de leur méconnaissance doit, par suite, être écarté.

9. En dernier lieu, si M. C soutient qu'en rejetant sa demande de titre de séjour, le préfet du Nord aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors que cette décision le contraint à mettre un terme à sa formation à l'université de Lille, ce moyen doit être écarté, compte tenu de ce qui a été développé au point précédent.

10. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 5 mai 2022 par laquelle le préfet du Nord a rejeté sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, la décision attaquée, qui vise notamment l'article L. 611 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qui fait suite à la décision litigieuse portant refuse de séjour, énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée de manière suffisamment circonstanciée pour mettre l'intéressé en mesure d'en discuter utilement les motifs. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la mesure d'éloignement doit être écarté.

12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision attaquée portant refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ".

14. Il ressort des pièces du dossier que M. C souffre d'une hépatite B pour laquelle il est traité par " Viread ", un antiviral dont la substance active est le tenofovir disoproxil. Si le certificat médical établi le 15 juin 2022 par un hépatologue est de nature à établir que le défaut de prise en charge médicale du requérant pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C ne pourrait pas avoir accès, en Guinée, à un traitement approprié. A ce titre, l'intéressé verse au dossier un courriel, daté du 17 août 2022 et émanant du laboratoire pharmaceutique produisant le médicament " Viread ", selon lequel ce médicament n'est pas disponible en Guinée. Néanmoins, le requérant produit lui-même une fiche MedCOI (Medical country of origin information) établissant que le tenofovir disoproxil est disponible dans son pays d'origine. Dans ces circonstances, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté.

15. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a déposé plainte, le 27 décembre 2021, pour des faits d'exhibition sexuelle dont il aurait été victime la veille. L'intéressé s'est constitué partie civile dans le cadre de l'instruction judiciaire ouverte pour ces faits et il était invité à se présenter devant le tribunal correctionnel de Lille le 23 juin 2022 pour y être entendu. Néanmoins, eu égard à la possibilité pour le requérant, soit de se faire représenter par un avocat, soit d'obtenir auprès des autorités consulaires un visa de court séjour, que celles-ci seraient tenues de lui accorder dans l'hypothèse où il devrait comparaitre personnellement à une audience, et compte tenu par ailleurs de ce qui a été dit aux points 8 et 14, M. C n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement adoptée à son encontre serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Ce moyen doit être écarté.

16. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 5 mai 2022 par laquelle le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

17. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire.

18. En second lieu, en vertu de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / () ".

19. Le délai de trente jours accordé au requérant constitue le délai de départ de droit commun pour l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français. Si le requérant se prévaut de sa constitution en tant que partie civile dans la procédure pénale précitée et de la nécessité de sa présence sur le territoire français lors de l'audience du 23 juin 2022 durant laquelle il devait être entendu en qualité de victime, cette circonstance ne permet pas, en elle-même, de justifier l'octroi d'un délai supérieur dès lors que l'intéressé peut se faire représenter par un avocat au cours de la procédure ou obtenir auprès des autorités consulaires françaises dans son pays un visa de court séjour, que celles-ci sont tenues d'accorder dans l'hypothèse en cas d'obligation de comparution personnelle à une audience. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur d'appréciation de la situation de M. C doit être écarté.

20. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 5 mai 2022 par laquelle le préfet du Nord a fixé à trente jours le délai de départ volontaire

En ce qui concerne l'interdiction de retour en France durant un an :

21. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / () ". Aux termes de l'article 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

22. Il est constant que M. C, résidant en France, de manière régulière, depuis plus de trois années à la date de la décision attaquée, n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Sa présence sur le territoire français ne constitue pas une menace à l'ordre public et il s'est constitué partie civile dans une procédure pénale en cours d'instruction. Dans ces circonstances, le requérant est fondé à soutenir qu'en l'interdisant de retourner en France durant un an, le préfet du Nord a méconnu les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

23. Il ressort de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision du 5 mai 2022 par laquelle le préfet du Nord a interdit M. C de retour en France durant un an doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

24. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution, de telle sorte que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent également être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

25. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. En conséquence, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Néanmoins, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 5 mai 2022 par laquelle le préfet du Nord a interdit M. C de retour en France durant un an est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet du Nord et à Me Julie Gommeaux.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Stefanczyk, présidente,

M. Babski, premier conseiller,

M. Caustier, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

G. CAUSTIER

La présidente,

Signé

S. STEFANCZYK

La greffière,

Signé

D. WISNIEWSKI

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions