mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2207128 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | JAMAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2022, l'association Averroès, représentée par Me Nef Naf demande au juge des référés de modifier, en application de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, l'article 2 de l'ordonnance n° 2204561 du 6 juillet 2022, à titre principal en enjoignant à la région Hauts-de-France de calculer et de lui verser le montant du forfait d'externat pour l'année 2021 et en assortissant cette nouvelle injonction d'une astreinte de 1 000 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, en assortissant l'injonction déjà prononcée par cette ordonnance d'une astreinte de 1 000 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- l'injonction prononcée par l'ordonnance n° 2204561 du 6 juillet 2022 n'a pas été respectée, la conduisant ainsi à formuler une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative ;
- la région s'est bornée à indiquer qu'elle se prononcerait seulement le 4 octobre 2022, en raison du calendrier des séances de la commission permanente, manifestant ainsi sa volonté de ne pas respecter l'ordonnance ;
- sa situation financière actuelle ne lui permet pas de régler ses dettes, en particulier les salaires de ses agents ;
- il est très probable que la commission permanente se prononce, lors de sa séance à venir du 4 octobre 2022, contre le versement du forfait d'externat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2022, la région Hauts-de-France, représentée par Me Jamais, conclut :
1°) à titre principal au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire à ce qu'il soit mis fin à l'injonction prononcée par l'article 2 de l'ordonnance n° 2204561 du 6 juillet 2022 ;
3°) à titre encore plus subsidiaire à ce que cette injonction soit ainsi modifiée : " Il est enjoint à la commission permanente du conseil régional des Hauts-de-France, à l'occasion de sa séance du 4 octobre 2022, de délibérer sur les droits de l'association Averroès au versement du forfait d'externat dû au titre de l'année scolaire 2020/2021, dans les conditions exposées au point 13 de la présente ordonnance " ;
4°) en tout état de cause à la mise à charge de l'association requérante de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le président de la région s'est conformé à l'injonction prononcée par l'article 2 de l'ordonnance du 6 juillet 2022 en inscrivant une délibération relative à l'octroi à l'association du forfait d'externat à l'ordre du jour de la commission permanente du 4 octobre 2022 ;
- il ne peut être enjoint au président de la région d'adopter une décision relative à cet octroi, seule l'assemblée délibérante, ici la commission permanente, qui a reçu délégation à cet effet, étant compétence à cet égard ; un projet de délibération devant être soumis au vote le 4 octobre 2022, l'injonction n'a plus lieu d'être.
Vu :
- l'ordonnance n° 2204561 du 6 juillet 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus lors de l'audience publique qui s'est tenue le 26 septembre 2022 à 10h30, en présence de M. Potet, greffier :
- le rapport de M. Robbe, juge des référés ;
- les observations de Me Jablonski, représentant l'association, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et ajoute que le comportement de la région Hauts-de France démontre qu'elle vise seulement à temporiser, alors qu'il y a urgence à modifier l'ordonnance du 6 juillet 2022 dès lors que la date de la prochaine séance de la commission permanente est trop tardive pour éviter la cessation de paiement et qu'aucune consigne de vote en faveur de l'attribution du forfait d'externat n'a été donné ; le calendrier prévisionnel des séances de la commission permanente est seulement prévisionnel ; l'injonction ne réexamen ne suffit pas à assurer l'exécution de la mesure de suspension ordonnée par l'article 1er de l'ordonnance du 6 juillet 2022 ;
- les observations de Me Jamais, représentant la région Hauts-de-France, qui reprend les conclusions et arguments du mémoire en défense et précise que l'objet du point mis à l'ordre du jour vise à ce qu'il soit fait droit à la demande de l'association, qui avait été prévenue du calendrier des séances de la commission permanente.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Averroès a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lille, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la région Hauts-de-France a rejeté sa demande tendant au versement du forfait d'externat dû au titre de l'année scolaire 2020/2021, et d'enjoindre à la région de lui verser, à titre provisoire, le forfait d'externat 2021, à charge pour elle d'en déterminer le montant, dans le délai de dix jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard.
2. Par l'article 1er de son ordonnance n° 2204561 du 6 juillet 2022, le juge des référés a suspendu l'exécution de la décision en litige et, par l'article 2 de cette même ordonnance, enjoint au président de la région Hauts-de-France de procéder à une nouvelle instruction de la demande de l'association Averroès et de prendre une décision quant à son droit à bénéficier du versement du forfait d'externat litigieux, en tenant compte du motif de suspension, dans le délai d'un mois à compter de la notification cette ordonnance. Cette injonction n'a pas été assortie d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
4. Si l'exécution d'une ordonnance prononçant la suspension de l'exécution d'une décision administrative sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative et prononçant l'injonction qu'implique nécessairement cette suspension peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure d'injonction demeurée sans effet en en modifiant le délai d'exécution ou en prononçant une astreinte destinée à assurer cette exécution, l'inexécution de la décision juridictionnelle présentant le caractère d'un élément nouveau au sens des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative
En ce qui concerne les conclusions présentées à titre principal, tendant à ce que l'injonction de réexamen prononcée par l'article 2 de l'ordonnance du 6 juillet 2022 soit remplacée par un injonction de calcul et de versement :
5. Il est constant que le président de la région Hauts-de-France n'a pas, dans le délai d'un mois qui lui était prescrit par l'ordonnance du 6 juillet 2022, pris de décision quant au droit de l'association Averroès à bénéficier du versement du forfait d'externat au titre de l'année scolaire 2020/2021. L'inexécution de cette ordonnance 6 juillet 2022 constitue un élément nouveau au sens de l'article L. 521-4 du code de justice administrative. Cependant, cet élément nouveau n'est pas susceptible de justifier une modification de la teneur même de l'injonction impliquée nécessairement par la suspension de l'exécution de la décision en litige. Cette inexécution est seulement susceptible, ainsi qu'il a été indiqué au point 4, de conduire le juge, lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative et que l'ordonnance dont la modification lui est demandée comporte déjà une injonction assortie d'un délai d'exécution, de modifier ce dernier ou de compléter cette injonction en l'assortissant d'une astreinte destinée à assurer cette exécution.
6. Ainsi, l'association requérante n'est pas fondée, en se prévalant uniquement de l'inexécution de l'ordonnance du 6 juillet 2022 et de sa situation financière, qui est seulement à prendre en compte au titre de l'urgence, à demander que l'injonction faite à la région de procéder au réexamen des droits de l'association au versement de forfait d'externat, prononcée par l'article 2 de cette ordonnance du 6 juillet 2022, soit remplacée par une injonction de calcul et de versement de ce forfait.
En ce qui concerne les conclusions présentées à titre subsidiaire, tendant à ce que l'injonction de réexamen prononcée par l'article 2 de l'ordonnance du 6 juillet 2022 soit assortie d'une astreinte :
7. Si, ainsi qu'il vient d'être dit, l'ordonnance du 6 juillet 2022 n'a pas encore été exécutée, il résulte cependant de l'instruction que la commission permanente du conseil régional des Hauts-de-France, qui a reçu délégation pour attribuer et le cas échéant, refuser ou modifier les aides régionales et plus généralement les concours financiers qu'elle qu'en soit la forme, par délibération du conseil régional du 2 juillet 2021, est convoquée à une séance le 4 octobre 2022. Parmi les points à l'ordre du jour de cette séance, figure le n° 2022.01702 intitulé " Régularisation du montant de la contribution au fonctionnement de l'association Averroès, gestionnaire du lycée privé Averroès à Lille, pour 2021, au titre du forfait d'externat de l'année scolaire 2020/2021 ". Il ne résulte pas de l'instruction que ce point pourrait être retiré de l'ordre du jour et ainsi ne pas être mis au vote lors de cette séance, ni que la date de celle-ci pourrait être reportée. L'ordonnance du 6 juillet 2020 ne prononçant pas une injonction de procéder au calcul et au versement du forfait d'externat mais une injonction de réexamen, la circonstance que, à l'occasion du vote, la commission permanente pourrait donner un avis défavorable à ce versement ne caractériserait aucune inexécution de cette ordonnance, pourvu que la décision prise sur la demande tienne compte du motif de la suspension, ainsi que l'exige le point 13 de cette ordonnance. Au demeurant, interrogé sur ce point, l'avocat de la région a indiqué que, par l'utilisation du terme " régularisation " visé par l'ordre du jour, il est proposé à la commission permanente de faire droit à la demande de l'association.
8. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de ce que la commission permanente est appelée à se prononcer, dans les prochains jours, sur le droit de l'association Averroès à bénéficier du versement du forfait d'externat litigieux, il n'y a pas lieu d'assortir d'une astreinte l'injonction prononcée par l'article 2 de de l'ordonnance du 6 juillet 2022.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de l'association Averroès présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ".
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions de la région Hauts-de-France tendant à l'application à son profit de ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association Averroès est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la région Hauts-de-France présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Averroes, à la région Hauts-de-France et au préfet de région Hauts-de-France, préfet du Nord.
Copie en sera adressée, pour information, à la rectrice de l'académie de Lille.
Fait à Lille, le 28 septembre 2022.
Le juge des référés,
Signé
J ROBBE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2207128
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026