mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2207268 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ZAMBO MVENG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 septembre et 6 octobre 2022, M. D C, représenté par Me Zambo Mveng, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er septembre 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros à verser à son conseil, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire :
- il appartient au préfet de justifier de la compétence du signataire de l'arrêté ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et approfondi de sa situation ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été consultée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et approfondi de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entaché de fait, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2023, le préfet du Pas-de-Calais, conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
30 mai 2023.
Par une lettre du 9 juin 2023, les parties ont été informées en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de prononcer d'office une injonction au préfet du Pas-de-Calais tendant à la délivrance d'un titre de séjour.
Un mémoire en réponse, présenté pour le préfet du Pas-de-Calais, au moyen d'ordre public, a été enregistré le 15 juin 2023 et communiqué le même jour.
Des mémoires en défense présentés pour le préfet du Pas-de-Calais les 4 juillet, 30 août et 12 septembre 2023, après clôture d'instruction, n'ont pas été communiqués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Horn, rapporteur,
- et les observations de M. A, représentant le préfet du Pas-de-Calais.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant tunisien, né le 7 avril 2004 à Sousse (Tunisie), déclare être entré sur le territoire français le 11 août 2020 muni d'un visa court séjour délivré par les autorités consulaires espagnoles valable du 7 août 2020 au 2 septembre 2020. Il a été placé à l'aide sociale à l'enfance le 20 novembre 2020. Le 24 février 2022, il a sollicité son admission au séjour en qualité de mineur placé auprès de l'aide sociale à l'enfance ainsi que la délivrance d'un titre de séjour au regard de sa vie privée et familiale en France. Par un arrêté du 1er septembre 2022, le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par sa requête, M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er septembre 2022.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. C, en application des dispositions précitées, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire :
4. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 10 août 2022, publié le même jour au recueil spécial n° 97 des actes administratifs des services de l'État dans le département, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation à M. E B, chef du bureau du contentieux du droit des étrangers, à l'effet de signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions en litige manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
5. En second lieu, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à reprendre l'ensemble des éléments relatifs au parcours scolaire de M. C mentionne, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement pour mettre utilement le requérant en mesure d'en discuter les motifs et le juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions attaquées doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour :
6. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Pas-de-Calais aurait entaché la décision attaquée d'un défaut d'examen réel et approfondi de la situation de M. C. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. "
8. Lorsqu'il examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement de ces dispositions, le préfet vérifie que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans, qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Il lui revient ensuite, dans le cadre du large pouvoir dont il dispose, de porter une appréciation globale sur la situation de l'intéressé, au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Il appartient au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation ainsi portée.
9. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été confié à l'âge de 16 ans aux services de l'aide sociale à l'enfance par une ordonnance du 20 novembre 2020 du juge des enfants au tribunal judiciaire de Béthune, et a sollicité l'octroi d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le 24 février 2022, soit dans l'année suivant son dix-huitième anniversaire. Il ressort des pièces du dossier qu'au titre de l'année scolaire 2020-2021, il s'est inscrit en 1ère année de certificat d'aptitude professionnelle (CAP) " monteur installations thermiques " mais n'a pas validé cette année en raison de ses nombreuses absences et de l'impossibilité d'être évalué par ses professeurs. Il ressort des bulletins scolaires produit par M. C qu'il a redoublé cette première année de CAP en 2021-2022, et a cette fois validé son année en ayant obtenu une moyenne de 13,90/20 au premier trimestre, 13,40/20 au deuxième trimestre, et 14,75/20 au troisième trimestre, tout en bénéficiant d'appréciations positives voire élogieuses de certains de ses professeurs. Toutefois, ses bulletins au titre de cette même année 2021-2022 font également état d'absences injustifiées à hauteur de vingt-deux demi-journées cumulées pour les trois trimestres, et d'appréciations plus contrastées relevant que M. C a pu faire preuve de manque de concentration et de motivation ainsi que de sérieux dans son comportement. De plus, il ne produit pas l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française. Il ressort en outre des pièces du dossier que, célibataire et sans charge de famille, M. C n'a pas établi le centre de ses intérêts privés et familiaux en France, alors qu'il a vécu jusqu'en août 2020 dans son pays d'origine où il est constant que réside sa mère, et où il n'est pas contesté que vivent également son père, deux de ses frères et une sœur. Enfin, si le requérant se prévaut des violences que lui aurait infligées son père, il n'apporte aucun élément ni aucune précision à cet égard alors qu'il ressort des termes de l'arrêté attaqué qu'il est entré sur le territoire français accompagné de son père lequel est ensuite reparti en Tunisie. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
10. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. D'autre part, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
12. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré sur le territoire français le 11 août 2020, soit très récemment et qu'il est célibataire et sans charge de famille. S'il se prévaut d'une activité sportive régulière au sein du football club Lillers auprès duquel il est licencié depuis septembre 2021, cette circonstance ne saurait établir une insertion sociale particulière sur le territoire français. De plus, si le requérant avance avoir créer des liens en France, il n'apporte aucune précision quant à la nature et l'intensité de ses liens, de même qu'il ne produit aucune pièce susceptible d'étayer ses allégations à ce titre. En outre, il n'est pas dépourvu d'attaches privées ou familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de seize ans. Il est en effet constant que sa mère réside en Tunisie et il n'est pas contesté qu'y vivent également son père, deux de ses frères et sa sœur. Par suite, compte tenu de ce qui a été dit au point 9, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés ainsi que, pour les mêmes motifs, celui tiré de ce que le préfet du Pas-de-Calais aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur la situation personnelle du requérant.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ".
14. En l'espèce, M. C ne peut utilement soutenir, en se prévalant de sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie par le préfet du Pas-de-Calais, dès lors qu'il ne satisfait pas aux conditions pour obtenir un titre sur un tel fondement ainsi qu'il a été dit ci-dessus. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
15. En cinquième et dernier lieu, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de droit ne sont pas assortis de précision permettant d'en apprécier le bien-fondé de sorte qu'ils ne peuvent qu'être écartés.
16. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er septembre 2022 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire :
17. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Pas-de-Calais aurait entaché la décision attaquée d'un défaut d'examen réel et approfondi de la situation de M. C. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
18. En deuxième lieu, la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de laquelle la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise n'est pas, ainsi que cela a été exposé plus haut, entachée d'illégalité. Le moyen tiré, par la voie de l'exception, d'une telle illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
19. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 9 et 12 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision attaquée méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur la situation personnelle du requérant, doivent être écartés.
20. En quatrième et dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, de l'erreur de fait et de l'erreur de droit ne sont pas assortis de précision permettant d'en apprécier le bien-fondé de sorte qu'ils ne peuvent qu'être écartés.
21. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er septembre 2022 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais lui a fait obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :
22. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
23. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er septembre 2022 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a fixé le pays de destination.
24. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 1er septembre 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Zambo Mveng et au préfet du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. HORNLa présidente,
Signé
J. FÉMÉNIA
La greffière,
Signé
S. DEREUMAUX
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026