jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2207702 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP E. FORGEOIS & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2207702 le 11 octobre 2022 et le 20 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Roels, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 août 2022 par lequel le maire de la commune de Nieurlet a retiré l'arrêté du 13 mai 2022 portant non opposition à une déclaration préalable
(n° DP 59433 22 A0004) en vue du détachement de trois terrains à bâtir sur la parcelle C594 pour la construction d'une maison à usage d'habitation sur le lot A pour 1039 m², le lot B pour 971 m², le lot C pour 896 m² ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nieurlet la somme de 2 000 euros au titre de de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance du respect de la procédure contradictoire préalable prévue par les articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il méconnait l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il ne comporte ni le nom ni le prénom de son signataire et que la signature est en outre illisible ;
- il est insuffisamment motivé ;
- la commune n'apporte aucune preuve que le retrait serait intervenu dans le délai de trois mois prévu par les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme ;
- il est entaché d'erreur de droit dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de l'obtention préalable d'un certificat d'urbanisme opérationnel excluant l'application des règles du PLU en cours d'élaboration ;
- il est entaché d'erreur de droit en ce que le retrait ne pouvait intervenir en l'absence d'une erreur manifeste d'appréciation à ne pas avoir sursis à statuer sur les déclarations préalables ;
- il est entaché d'erreur de droit en ce que le retrait ne pouvait intervenir dès lors que le classement de la parcelle en zone agricole par le plan local d'urbanisme en cours d'élaboration était lui-même entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2023, la commune de Nieurlet, représentée par Me Forgeois, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2207703 le 11 octobre 2022 et le 20 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Roels, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 août 2022 par lequel le maire de la commune de Nieurlet a retiré l'arrêté du 13 mai 2022 portant non opposition à une déclaration préalable
(n° DP 59433 22 A0005) en vue du détachement d'un terrain de 990 m² pour bâtir sur la parcelle cadastrée C 398 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nieurlet la somme de 2 000 euros au titre de de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soulève les mêmes moyens que dans la requête n°2207702.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2023, la commune de Nieurlet, représentée par Me Forgeois, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Huchette-Deransy,
- les conclusions de Julien Borget, rapporteur public,
- les observations de Me Roels, représentant M. B et de Me Forgeois, représentant la commune de Nieurlet.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux arrêtés du 13 mai 2022, le maire de Nieurlet ne s'est pas opposé aux déclarations préalables n° 59 433 22 A 0004 et 59 433 22 A 0005 déposées le 14 avril 2022 par M. A B en vue de la division en trois lots à bâtir d'une parcelle cadastrée C 594, d'une part, et la division parcellaire d'un terrain à bâtir sur la parcelle C 398, d'autre part, ces deux parcelles étant situées rue de la mairie sur le territoire communal. Les deux projets ont fait l'objet d'un certificat d'urbanisme délivré le 15 juin 2021 pour la parcelle C 594 et le 22 juin 2021 pour la parcelle C 398. Par deux arrêtés du 10 août 2022, dont M. B demande l'annulation, le maire de Nieurlet a retiré les deux arrêtés de non-opposition à déclaration préalable au motif que les projets étaient incompatibles avec l'exécution du futur PLUi qui classe les parcelles en litige en zone A.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2207702 et n° 2207703 présentées par M. B, présentent à juger
des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la légalité externe :
3. En premier lieu, d'une part, aux termes aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 () sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". L'article L. 122-1 du même code dispose que : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme :
" La décision de non-opposition à une déclaration préalable (), tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire () ". Compte tenu de l'objectif de sécurité juridique poursuivi par le législateur, qui ressort des travaux préparatoires de la loi n° 2006-872 du 13 juillet 2006 dont ces dispositions sont issues, l'autorité compétente ne peut rapporter une décision de non-opposition à une déclaration préalable, un permis de construire, d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, que si la décision de retrait est notifiée au bénéficiaire du permis avant l'expiration du délai de trois mois suivant la date à laquelle l'autorisation d'urbanisme a été accordée.
5. Il résulte de ces dispositions que la décision portant retrait d'une décision de non-opposition à déclaration préalable est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire, permettant au titulaire de cette autorisation d'urbanisme d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde et de bénéficier d'un délai suffisant pour présenter ses observations. Le respect, par l'autorité administrative compétente, de la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article L. 121-1 du même code constitue une garantie pour le titulaire d'une décision de non-opposition que cette autorité entend retirer. La décision de retrait est illégale s'il ressort de l'ensemble des circonstances de l'espèce que le bénéficiaire a été effectivement privé de cette garantie.
6. En l'espèce, il ressort des pièces des dossiers que le requérant a été invité, par une lettre en date du 29 juillet 2022, à présenter, dans un délai maximum de huit jours à compter de sa réception, ses observations sur le retrait des décisions de non-opposition à déclaration préalable qu'il avait obtenu le 13 mai 2022. Eu égard au seul motif de retrait envisagé par la commune, le délai laissé à M. B, qui n'établit pas ne pas avoir disposé d'un tel délai, ni avoir contacté les services de la mairie pour demander un délai supplémentaire, et qui n'indique pas de quelles observations il n'aurait pu faire état dans le délai qui lui était imparti, doit être regardé, alors même qu'il est intervenu en période estivale, comme suffisant pour assurer le caractère contradictoire de la procédure mise en œuvre par le maire de Nieurlet. En outre, en se bornant à soutenir que le retrait des décisions de non-opposition à déclaration préalable ne lui aurait pas été notifié dans le délai de trois mois, le requérant n'apporte pas d'éléments de nature à établir que le délai prescrit n'aurait pas été respecté par la commune. Par suite, le moyen doit être écarté en ses deux branches.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. (). ".
8. Si les décisions en litige ne comportent pas, en méconnaissance de ces dispositions, une signature lisible et l'indication du prénom et nom du signataire, il ressort des pièces du dossier, notamment la circonstance que le requérant a été préalablement destinataire de plusieurs autres arrêtés du maire comportant ces indications (certificats d'urbanisme, arrêtés de non-opposition à déclaration préalable), que le maire de la commune, désigné en outre dans l'entête de ces arrêtés comme en étant l'auteur, pouvait être identifié comme étant également l'autorité signataire des arrêtés en litige. Dans ces conditions, la méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration n'a pas, dans les circonstances de l'espèce, revêtu un caractère substantiel justifiant l'annulation des décisions attaquées.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits (). " Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
10. Il ressort des pièces des dossiers, que les actes en litige comportent les considérations de fait et de droit qui en sont le fondement puisque sont exposés notamment la situation des parcelles en zone agricole du futur PLUi en cours d'élaboration dont le règlement n'autorise les constructions à usage d'habitation qu'à condition qu'elles soient indispensables à l'activité agricole, ainsi que le motif tiré de ce que, selon le maire, les autorisations d'urbanisme accordées à M. B seraient manifestement incompatibles avec l'exécution du futur plan et son règlement. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.
Sur la légalité interne :
11. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus () aux articles L. 121-22-3, L. 121-22-7, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code (). ". Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : a) Indique les dispositions d'urbanisme () applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. / Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme () tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. / Lorsque le projet est soumis à avis ou accord d'un service de l'Etat, les certificats d'urbanisme le mentionnent expressément.
Il en est de même lorsqu'un sursis à statuer serait opposable à une déclaration préalable ou à une demande de permis. Le certificat d'urbanisme précise alors expressément laquelle ou lesquelles des circonstances prévues aux deuxième à sixième alinéas de l'article L. 424-1 permettraient d'opposer le sursis à statuer ". Aux termes de l'article L. 153-11 de ce code :
" L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
12. Il résulte de la combinaison de ces articles que tout certificat d'urbanisme délivré sur le fondement de l'article L. 410-1 précité a pour effet de garantir à son titulaire un droit à voir toute demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai indiqué examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à la date de la délivrance du certificat.
Figure cependant parmi ces règles la possibilité de se voir opposer un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis, lorsqu'est remplie, à la date de délivrance du certificat, l'une des conditions énumérées à l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme.
Une telle possibilité vise à permettre à l'autorité administrative de ne pas délivrer des autorisations pour des travaux, constructions ou installations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme. Lorsque le plan en cours d'élaboration et qui aurait justifié, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, que soit opposé un sursis à une demande de permis ou à une déclaration préalable, entre en vigueur dans le délai du certificat, les dispositions issues du nouveau plan sont applicables à la demande de permis de construire ou à la déclaration préalable.
13. En premier lieu, il ressort des pièces des dossiers que M. B a obtenu deux certificats d'urbanisme les 15 et 22 juin 2021 sur le fondement du b) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme portant respectivement sur les parcelles C 594 et C 398 pour procéder à des divisions foncières pour bâtir. Ces deux certificats portent la mention de la procédure de modification du PLUi en cours et la possibilité de surseoir à statuer sur toute demande d'autorisation de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan en vertu de l'article L 153-11 du code de l'urbanisme. Il ressort également des pièces des dossiers que le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable a eu lieu le 21 mars 2017 au sein du conseil communautaire de la Communauté de communes des
Hauts de Flandre et qu'un premier projet de PLU a été arrêté le 21 mai 2019. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la commune, en retirant les décisions de non-opposition à déclaration préalable, aurait méconnu les dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme.
14. En deuxième lieu, il ressort des pièces des dossiers qu'en vertu du plan de zonage et du règlement du PLU en cours d'élaboration, les parcelles concernées par l'opération de division parcellaire sont classées en zone A, limitant notamment les possibilités de construction à celles indispensables à l'activité agricole. Toutefois, il ressort également des pièces des dossiers que les lots à bâtir sont situés sur les détachements de parcelles de taille restreinte, cohérentes avec la taille des parcelles bâties voisines et complètent des fronts de rue déjà largement urbanisés. En outre, le projet d'aménagement et de développement durable du PLU en cours d'élaboration décline l'objectif de " tendre vers un développement rural maîtrisé " en précisant que " sauf intérêt environnemental, paysager ou contrainte liée aux risques naturels ou technologiques, il s'agira de combler les espaces interstitiels au sein des tissus urbanisés ". Au surplus, les déclarations préalables portant division foncière ne contiennent, par elles-mêmes, aucun travaux de construction. Par suite, en s'abstenant de sursoir à statuer sur les déclarations préalables dont les effets ne pouvaient être regardés comme compromettant l'exécution du PLU à l'échelle de la zone concernée, ni n'étaient de nature à en rendre plus coûteuse l'exécution, le maire de Nieurlet n'avait pas méconnu les dispositions de l'article L. 153-11. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que le retrait des décisions de non-opposition à déclaration préalable, intervenu pour ce motif, est entaché d'erreur de droit.
15. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger () ". Aux termes de l'article R. 151-22 du même code :
" Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
16. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
17. Si, pour apprécier la légalité du classement d'une parcelle en zone A, le juge n'a pas à vérifier que la parcelle en cause présente, par elle-même, le caractère d'une terre agricole et peut se fonder sur la vocation du secteur auquel cette parcelle peut être rattachée, en tenant compte du parti urbanistique retenu ainsi que, le cas échéant, de la nature et de l'ampleur des aménagements ou constructions qu'elle supporte, ce classement doit cependant être justifié par la préservation du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles de la collectivité concernée, à plus forte raison lorsque les parcelles en cause comportent des habitations voire présentent un caractère urbanisé.
18. S'il ressort des pièces des dossiers que les parcelles en litige ne sont actuellement pas exploitées comme terres agricoles, elles se situent néanmoins entre deux groupements d'habitations, et dans un secteur agricole. La circonstance qu'une maison d'habitation soit construite sur la parcelle C 286 et que les parcelles C 235, C 1855 et C 1856 soient utilisées comme jardin d'agrément, n'est pas de nature à remettre en cause leur potentiel agronomique.
S'il ressort également des pièces des dossiers que les parcelles, cadastrées C 594 et C 398, sont encadrées au Nord et au Sud, par deux groupes d'habitations concentrés sur de petites parcelles en bordure de voirie publique, classés en zone urbaine UD 3 et UD 4, ces habitations ne bordent les parcelles en litige que sur une partie résiduelle de leur emprise totale. Il ressort également des pièces du dossier que les parcelles en litige se situent plus globalement à l'est d'un vaste secteur à dominante rurale et à caractère agricole, composé de prairies et de terres cultivées et que les parcelles elles-mêmes sont dénuées de toute construction et cultivées. Par suite, le classement en zone agricole des parcelles en litige concernées par les déclarations préalables de M. B n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation et, à ce titre, M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du PLU à l'encontre des décisions de retrait en litige.
19. Il résulte de tout ce qui précède, et notamment de ce qui a été dit au point 14, que M. B est fondé à demander l'annulation des décisions du 10 août 2022, par lesquelles le maire de la commune de Nieurlet a retiré les décisions de non-opposition à déclaration préalable du 13 mai 2022 relatives aux parcelles C 594 et C 398.
Sur les frais d'instance :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Nieurlet demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Nieurlet une somme totale de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 10 août 2022 par lequel le maire de la commune de Nieurlet a retiré la décision de non-opposition à déclaration préalable DP 59 433 22 A 004 relatif à la parcelle C 594 est annulé.
Article 2 : L'arrêté du 10 août 2022 par lequel le maire de la commune de Nieurlet a retiré la décision de non-opposition à déclaration préalable DP 59 433 22 A 005 relatif à la parcelle C 398 est annulé.
Article 3 : La commune de Nieurlet versera à M. B, une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Nieurlet.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia présidente,
- Mme Bonhomme, première conseillère,
- Mme Huchette-Deransy première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
J. Huchette-Deransy
La présidente,
Signé
J. Féménia
La greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au Préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 2207703
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026