vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2207725 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP GROS-HICTER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2022, M. B A, représenté par la SELARL Grimaldi, Molina et associés, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 9 août 2022 par laquelle le maire de la commune d'Ablain-Saint-Nazaire a refusé de le titulariser à l'issue de son stage ;
2°) d'enjoindre la commune d'Ablain-Saint-Nazaire de proroger son stage ou de le titulariser, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Ablain-Saint-Nazaire une somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision du 9 août 2022 a pour effet de le priver de son traitement et le place dans une situation financière précaire au regard du montant des charges dont il doit s'acquitter mensuellement ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure, la commission administrative paritaire n'ayant pas été préalablement consultée en méconnaissance des dispositions des articles L. 263-3 et L.327-4 du code général de la fonction publique, le privant ainsi d'une garantie ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation en tant que la nomination intervenue le 1er septembre 2021 en qualité d'adjoint administratif stagiaire n'a pas été obtenue par fraude et que le maire de la commune d'Ablain-Saint-Nazaire a eu connaissance de cette nomination en plusieurs occasions au cours du stage effectué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2022, la commune d'Ablain-Saint-Nazaire, représentée par la SCP Gros, Hicter, d'Halluin et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que la précarité de la situation financière de M. A n'est pas établie en l'absence de précision sur les revenus et charges de son couple, la situation professionnelle de sa conjointe et alors que l'intéressé est en mesure de percevoir des allocations d'aide au retour à l'emploi et qu'une suspension de l'exécution de la décision attaquée serait contraire à l'intérêt public ;
- la nomination de M. A en tant que fonctionnaire stagiaire constitue une nomination pour ordre en l'absence de création du poste sur lequel cette nomination est intervenue, la délibération du conseil municipal du 17 juin 2021 n'ayant eu ni cet objet ni cet effet et alors que l'arrêté du 1er septembre 2021 procédant à cette nomination a été édicté par une autorité incompétente ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 263-3 du code général de la fonction publique est inopérant eu égard à la nullité de la nomination de M. A.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 19 septembre 2022 sous le numéro 2207078 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Chevaldonnet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 25 octobre 2022, M. C a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Barlet, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Robillard, représentant la commune d'Ablain-Saint-Nazaire, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures tout en précisant que la commune entend, si nécessaire, qu'au motif de la décision litigieuse soit substitué celui tenant à l'existence d'une nomination pour ordre.
Considération ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. En l'espèce, par un arrêté du 1er septembre 2021 du maire de la commune d'Ablain-Saint-Nazaire, M. A a été nommé, à compter de cette même date, en qualité d'adjoint administratif stagiaire. Par une décision du 9 août 2022, le maire de la commune d'Ablain-Saint-Nazaire a refusé de titulariser l'intéressé à l'issue de son stage au motif que sa nomination intervenue le 1er septembre 2021 est entachée de fraude, sans toutefois procéder au retrait de l'arrêté du 1er septembre 2021 ni mettre fin de manière anticipée au stage. Par sa requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 9 août 2022 du maire d'Ablain-Saint-Nazaire.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
3. En l'espèce, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation, tel que mentionné dans les visas de la présente ordonnance, est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
4. L'administration peut faire valoir devant le juge des référés que la décision dont il lui est demandé de suspendre l'exécution, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existante à la date de cette décision. Il appartient alors au juge des référés, après avoir mis à même l'auteur de la demande, dans des conditions adaptées à l'urgence qui caractérise la procédure de référé, de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher s'il ressort à l'évidence des données de l'affaire, en l'état de l'instruction, que ce motif est susceptible de fonder légalement la décision et que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative et à condition que la substitution demandée ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué, le juge des référés peut procéder à cette substitution pour apprécier s'il y a lieu d'ordonner la suspension qui lui est demandée.
5. Si la commune d'Ablain-Saint-Nazaire sollicite une substitution de motif en faisant valoir que la nomination de M. A constitue une nomination pour ordre, il ne ressort pas à l'évidence des données de l'affaire, alors que suivant les mentions du compte-rendu de la séance du conseil municipal du 17 juin 2020, un tableau des effectifs incluant la création d'un poste d'adjoint administratif a été adopté par l'assemblée délibérante et que la signataire de l'arrêté de nomination du 1er septembre 2021 disposait d'une délégation de signature à cet effet en vertu d'un arrêté du maire d'Ablain-Saint-Nazaire en date du 5 juin 2020, que ce motif soit, en l'état de l'instruction, de nature à fonder légalement la décision litigieuse.
En ce qui concerne l'urgence :
6. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
7. La décision de refus de titularisation dont M. A demande la suspension a pour effet d'entrainer la perte de sa rémunération, le plaçant ainsi dans une situation financière précaire au regard des charges qui lui incombent. Par ailleurs, si la commune d'Ablain-Saint-Nazaire fait valoir qu'une suspension de l'exécution de la décision attaquée serait contraire à l'intérêt public en permettant à une nomination pour ordre de poursuivre ses effets, en l'état de l'instruction et ainsi qu'il a été dit ci-avant, l'existence d'une telle nomination n'est pas avérée. Dans ces conditions et eu égard aux effets de la décision litigieuse sur la situation de M. A, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les deux conditions posées à l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies. Par suite, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Dans le cas où les conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, le juge des référés peut non seulement suspendre l'exécution d'une décision administrative, même de rejet, mais aussi assortir cette suspension d'une injonction, s'il est saisi de conclusions en ce sens, ou de l'indication des obligations qui en découleront pour l'administration. Toutefois, les mesures qu'il prescrit ainsi, alors qu'il se borne à relever l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, doivent présenter un caractère provisoire. Il suit de là que le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut, sans excéder sa compétence, ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant la décision administrative contestée.
10. La suspension de l'exécution de la décision du 9 août 2022 refusant la titularisation de M. A implique nécessairement que l'intéressé soit, à titre provisoire, réintégré dans ses fonctions à la date à laquelle la présente ordonnance sera notifiée et jusqu'à ce qu'intervienne une nouvelle décision sur sa titularisation ou qu'il soit statué au fond sur sa requête. Il y a lieu dès lors d'enjoindre au maire d'Ablain-Saint-Nazaire de réintégrer M. A dans les conditions définies ci-dessus, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Ablain-Saint-Nazaire la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par la commune d'Ablain-Saint-Nazaire soient mises à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante.
O R D O N N E:
Article 1er : L'exécution de la décision du 9 août 2022 par laquelle la commune d'Ablain-Saint-Nazaire a refusé de titulariser M. A est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la commune d'Ablain de procéder à la réintégration de M. A, à titre provisoire, à compter de la notification de la présente ordonnance et jusqu'à ce qu'intervienne une nouvelle décision sur sa titularisation ou qu'il soit statué au fond sur sa requête.
Article 3: Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la commune d'Ablain-Saint-Nazaire.
Fait à Lille, le 28 octobre 2022.
Le juge des référés,
Signé
B. C
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026