mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2207898 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2022, M. A B, représenté par Me David, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision par laquelle l'administration du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil l'a placé en régime différencié, dit " contrôlé " ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 3 600 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient :
Sur l'urgence, que :
- la situation d'urgence est caractérisée par l'atteinte portée à son droit de ne faire l'objet d'aucun traitement inhumain ou dégradant, tel qu'il est garanti par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; cette atteinte tient à ce qu'il est systématiquement menotté lors de chaque sortie de sa cellule ;
- ses conditions d'incarcération sont plus strictes du fait de son placement en régime différencié dès lors qu'il est confiné dans sa cellule et ne peut sortir que dans le cadre d'une promenade ou de la participation à une autre activité ;
Sur le doute sérieux, que :
- la décision en litige a été édictée au terme d'une procédure irrégulière, d'une part dès lors qu'il n'a pas été mis à même de présenter ses observations préalables, en méconnaissance des exigences du principe de la contradiction, et d'autre part faute d'avoir recueilli au préalable l'avis de la commission disciplinaire unique ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir :
- à titre principal, que les conclusions dirigées contre la décision en litige sont, en raison de la portée de cette dernière, irrecevables ;
- à titre subsidiaire que l'urgence de l'affaire n'est pas caractérisée et qu'aucun des moyens de la requête n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
Vu :
- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 31 octobre 2022 à 15h30, en présence de M. Potet, greffier, M. Robbe, juge des référés, a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Vanden Bossche, substituant Me David, représentant M. B, qui reprend les conclusions et moyens de la requête, et précise que la note de prise en charge individuelle du 8 juillet 2022 mentionne le " bon comportement " de M. B ;
- les observations de Mme C, représentant le Garde des sceaux, ministre de la justice, qui reprend les conclusions et arguments du mémoire en défense, et précise, d'une part, que M. B profère des insultes, outrages et menaces, qu'il se montre agressif, qu'il a allumé un feu dans sa cellule, et qu'il détient des produits illicites, et, d'autre part, que ce n'est pas le régime dont il fait l'objet qui prive pas M. B de la possibilité d'exercer une activité professionnelle, le refus de recrutement procédant du choix du concessionnaire.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est actuellement détenu au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil. Son placement à l'isolement a été prolongé par une décision du 13 avril 2022, puis levé à compter du 20 juin 2022. M. B soutient que, depuis la fin de son isolement, il fait l'objet d'un régime différencié, dit " contrôlé ", se traduisant par son menottage systématique lors de chaque sortie de sa cellule et par l'impossibilité de sortir en dehors d'une promenade ou de la participation à une autre activité. Il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision ordonnant son placement dans ce régime.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Pour l'application des dispositions ci-dessus reproduites de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, et notamment des objectifs d'intérêt public poursuivis par la décision contestée.
4. En l'espèce, pour justifier de l'urgence qui existerait à suspendre l'exécution de la décision en litige, M. B soutient qu'il est systématiquement menotté lors de chaque sortie de sa cellule et qu'il y est confiné, ne pouvant en sortir que dans le cadre d'une promenade ou de la participation à une autre activité. Or, le ministre de la justice, Garde des Sceaux produit une " note de prise en charge individuelle " datée du 21 juin 2022 précisant les modalités de la gestion individualisée de M. B à compter de sa sortie, le 20 juin 2022, de son quartier d'isolement. Il en ressort que " toute ouverture de porte s'effectue en présence de deux agents d'étage, d'un agent en renfort du rez-de-chaussée et d'un gradé et/ou officier ", que M. B " bénéficie a minima d'une heure de promenade individuelle et/ou de musculation en salle dédiée sur l'aile par jour sur ses créneaux habituels ", que " un respect scrupuleux des règles sécuritaires relatives à l'ouverture des portes doit être observé ", que " tous les déplacements et activités de la personne détenue sont effectués de façon individuelle ", que " une fouille par palpation et un passage sous le portique de sécurité de la personne détenue sont pratiqués à chaque sortie de cellule ", que " pour tout mouvement de la personne détenue hors de l'unité d'hébergement, un blocage du bâtiment est systématiquement demandé ", que " il fait l'objet d'observations quotidiennes à renseigner sur Genesis afin de suivre son comportement ". Une seconde note de prise en charge individuelle, en date du 8 juillet 2022, réitère les mêmes mesures. Il résulte ainsi de ces notes, et des observations en défense, que M. B, contrairement à ce qu'il soutient, ne fait pas l'objet d'un menottage systématique lors de chaque sortie de sa cellule et que ses sorties ne sont pas limitées aux promenades ou à la participation à une autre activité. Il résulte également des débats lors de l'audience publique que le régime dont il fait l'objet ne prive pas M. B de la possibilité d'exercer une activité professionnelle. Les seules mesures de contrôle dont fait l'objet M. B, mentionnées dans les notes précitées et justifiées tant pas le souci d'assurer une transition à compter de sa sortie du quartier d'isolement que par son comportement, se traduisant notamment par les insultes, outrages ou menaces qu'il profère à l'encontre des agents et par la détention de produits illicites, ne suffisent pas à caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il y ait lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, que sa requête, y compris ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au garde des sceaux, ministre de la justice, et à Me David.
Une copie en sera adressée pour information au directeur du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil.
Fait à Lille, le 8 novembre 2022.
Le juge des référés,
signé
J ROBBE
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026