jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2208423 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CLEMENT D'ARMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2022, Mme C A épouse B, représentée par Me Clément, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 19 avril 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Clément, avocat de Mme A, de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet du Pas-de-Calais qui n'a pas produit de mémoire.
Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Jaur a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, de nationalité algérienne, née le 2 mai 1981 à Cheraga (Algérie), est entrée régulièrement en France le 12 juin 2018, munie de son passeport algérien, revêtu d'un visa court séjour de type " C ". Par une demande enregistrée le 30 novembre 2021, elle a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien. Par un arrêté du 19 avril 2022, dont Mme A demande l'annulation, le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5 au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée régulièrement en France, le 12 juin 2018, à l'âge de 37 ans, et justifiait d'un séjour d'une durée de presque quatre ans à la date de la décision attaquée. Elle est mariée depuis le 12 octobre 2006 à un compatriote algérien titulaire à la date de la décision attaquée, d'un certificat de résidence pour raisons de santé, valable jusqu'au 19 juillet 2022. Ce dernier est atteint d'une cardiopathie restrictive et hypertrophique et a été hospitalisé à de multiples reprises en 2020, 2021 et 2022. Il ne ressort pas des pièces du dossier, le préfet indiquant à la juridiction, par courrier du 30 janvier 2023, ne pas avoir d'observations à formuler sur la requête, que le titre de séjour du conjoint de la requérante n'aurait pas été renouvelé. Il était alors en attente d'une transplantation cardiaque et plusieurs médecins attestaient de la nécessité pour lui d'être accompagné de sa femme pour les gestes du quotidien. Leurs enfants, nés les 3 septembre 2007, 8 novembre 2009 et 4 mai 2014, en Algérie et le 4 novembre 2019 en France pour le dernier sont, pour les trois aînés, scolarisés en France depuis 2018 et depuis 2021, pour le plus jeune. La maladie de leur père étant génétique, ils subissent des dépistages et ont besoin d'un suivi médical en France. En outre, la requérante est titulaire d'un diplôme d'informatique et bureautique obtenu en 2006 en Algérie, et d'un autre de comptabilité et finance, obtenu en 2007. Elle produit une promesse d'embauche du 6 septembre 2022 en tant qu'agent de nettoyage dans une boucherie-charcuterie. Dans ces conditions, en refusant à Mme A la délivrance d'un titre de séjour, le préfet du Pas-de-Calais a méconnu les stipulations du paragraphe 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 19 avril 2022 par lequel le préfet du Pas de-Calais a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A, doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision attaquée implique nécessairement, en l'absence de changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, qu'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", d'une durée d'un an soit délivrée à Mme A. Il y a lieu d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de délivrer ce titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
6. Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros, à verser à Me Clément, sous réserve que cet avocat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle.
DÉCIDE :
Article 1er : L'arrêté du 19 avril 2022 du préfet du Pas-de-Calais est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Pas-de-Calais de délivrer à Mme A un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", d'une durée d'un an, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Clément une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Clément renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse B, à Me Clément et au préfet du Pas-de-Calais.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Riou, président,
- Mme Jaur, première conseillère,
- Mme Célino, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
La rapporteure,
Signé
A. JaurLe président,
Signé
J.-M. RiouLa rapporteure,
A. JAURLe président,
La greffière,
Signé
S. Ranwez
La greffière,
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026