mercredi 5 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2208601 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DANSET-VERGOTEN |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 13 novembre 2022 sous le n° 2208601 et un mémoire enregistré le 27 décembre 2022, Mme C D, représentée par Me Danset-Vergoten, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 8 juillet 2022 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé un pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer le certificat de résidence sollicité dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa demande de certificat de résidence et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de ce réexamen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Danset-Vergoten de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de délivrance du certificat de résidence sollicité :
- la signataire de l'arrêté litigieux était incompétente pour prendre la décision ;
- la motivation de la décision est insuffisante et stéréotypée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- la décision méconnaît les stipulations du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences disproportionnées de sa décision sur sa situation ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la signataire de l'arrêté litigieux était incompétente pour prendre la décision ;
- la motivation de la décision est stéréotypée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un certificat de résidence ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences disproportionnées de sa décision sur sa situation ;
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un certificat de résidence.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2022, le préfet du Nord conclut au non-lieu à statuer dans la présente instance.
Il fait valoir qu'un récépissé de demande de titre de séjour délivré par erreur pour la période du 1er août au 31 octobre 2022 a implicitement abrogé l'arrêté litigieux et qu'un nouvel arrêté portant notamment refus de délivrance d'un certificat de résidence et obligation de quitter le territoire français est intervenu le 27 octobre 2022.
Par une ordonnance du 14 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 janvier 2023.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 septembre 2022.
II. Par une requête enregistrée le 29 janvier 2023 sous le n° 2300825, Mme D, représentée par Me Danset-Vergoten, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé un pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer le certificat de résidence sollicité dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa demande de certificat de résidence et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de ce réexamen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Danset-Vergoten de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de délivrance du certificat de résidence sollicité :
- le signataire de l'arrêté litigieux était incompétent pour prendre la décision ;
- la motivation de la décision est insuffisante et stéréotypée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- la décision méconnaît les stipulations du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences disproportionnées de sa décision sur sa situation ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- le signataire de l'arrêté litigieux était incompétent pour prendre la décision ;
- la motivation de la décision est stéréotypée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un certificat de résidence ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences disproportionnées de sa décision sur sa situation ;
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un certificat de résidence.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 mars 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 31 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 avril 2023.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 décembre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Nadji, substituant Me Danset-Vergoten, pour Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante algérienne née le 2 novembre 1967 à Tlemcen (Algérie) est entrée en France le 18 novembre 2015 munie d'un visa de court séjour et accompagnée de ses filles, E D et B D. Par une décision du 31 mai 2017, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté la demande d'asile de Mme D. En conséquence, par un arrêté du 1er août 2017, le préfet du Nord n'a notamment pas renouvelé l'attestation de demande d'asile de Mme D et l'a obligée à quitter le territoire français. Par une décision du 18 décembre 2020, le préfet du Nord a rejeté comme irrecevable la demande d'admission exceptionnelle au séjour de l'intéressée. Le 11 février 2021, Mme D a présenté auprès des services de la préfecture du Nord une demande de délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ". Toutefois, par un arrêté du 8 juillet 2022, le préfet du Nord a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a décidé qu'à l'expiration de ce délai, elle pourrait être éloignée à destination du pays dont elle a la nationalité ou à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité ou à destination d'un autre pays dans lequel elle établit être légalement admissible. Par sa requête n° 2208601, Mme D demande l'annulation de cet arrêté. Cependant, en raison d'une erreur tenant à la délivrance postérieurement à cet arrêté d'un récépissé de demande de certificat de résidence valable du 1er août au 31 octobre 2022, le préfet a de nouveau, par un arrêté du 27 octobre 2022, rejeté la demande de Mme D, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a décidé qu'à l'expiration de ce délai, elle pourrait être éloignée à destination du pays dont elle a la nationalité ou à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité ou à destination d'un autre pays dans lequel elle établit être légalement admissible. Par sa requête n° 2300825, Mme D demande l'annulation de ce dernier arrêté.
Sur la jonction :
2. Les requêtes visées ci-dessus, enregistrées sous les nos 2208601 et 2300825, présentent à juger des questions connexes, concernent la même ressortissante étrangère et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'exception de non-lieu à statuer et la recevabilité de la requête n° 2208601 :
3. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque que le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
4. Par son mémoire en défense, le préfet du Nord fait valoir, sans être contredit par la requérante en réplique, qu'à la suite de l'édiction de l'arrêté du 8 juillet 2022, un récépissé de la demande de certificat de résidence de Mme D valable du 1er août 2022 au 31 octobre 2022 lui a été délivré par erreur. Cette délivrance est intervenue à une date indéterminée mais nécessairement antérieurement à l'enregistrement, le 13 novembre 2022, de la requête n° 2208601. Ce récépissé, qui a autorisé la requérante à demeurer sur le sol français le temps de sa validité, a implicitement mais nécessairement abrogé, en l'absence d'exécution, la mesure d'éloignement ainsi que les décisions subséquentes de fixation d'un délai de départ volontaire et du pays de destination de cet arrêté. Les conclusions dirigées contre la mesure d'éloignement et la fixation d'un délai de départ volontaire et du pays de destination étaient donc privées d'objet avant l'enregistrement de la requête. Ces conclusions doivent donc être rejetées comme irrecevables.
5. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que, toujours antérieurement à l'enregistrement de la requête, la demande de certificat de résidence de Mme D a de nouveau été rejetée par un arrêté du 27 octobre 2022, objet de la requête n° 2300825. Cette nouvelle décision de refus de séjour prise sur la demande de la requérante présentée le 11 février 2021 a implicitement mais nécessairement retiré la décision de refus de séjour comprise dans l'arrêté du 8 juillet 2022. Par suite, à la date de son enregistrement, le 13 novembre 2022, la requête n° 2208601 dirigé contre cet arrêté était dépourvue d'objet et était par conséquent irrecevable. Ce retrait n'étant pas intervenu en cours d'instance, mais avant l'enregistrement de la requête, il n'y a pas lieu de procéder à la requalification des conclusions décrite au point 3. Il y a dès lors lieu d'écarter l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense mais de rejeter cette requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 8 juillet 2022.
Sur les conclusions de la requête n° 2300825 :
6. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 visé ci-dessus : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 5 au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; / () ". Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
7. Il ressort des pièces du dossier et de ce qui a été exposé plus haut que Mme D est entrée sur le sol français le 18 novembre 2015 munie d'un visa de court séjour et accompagnée de ses deux filles, alors toutes deux mineures. Il ressort en outre des pièces du dossier, en particulier des nombreux justificatifs produits par la requérante, que cette dernière et ses filles se sont maintenues sur le territoire français jusqu'à la date de l'arrêté litigieux, soit sur une période de près de sept ans. Il ressort certes des pièces du dossier et de ce qui a été exposé plus haut qu'à la suite du rejet de sa demande d'asile par décision du directeur général de l'OFPRA le 31 mai 2017, Mme D a été obligée de quitter le territoire français par un arrêté du 1er août 2017, mesure qu'elle n'a pas exécutée. Dès lors, la requérante, qui n'a jamais obtenu de certificat de résidence, s'est maintenue irrégulièrement sur le sol français entre cette date et le 11 février 2021, date de sa demande de délivrance d'un certificat de résidence. Toutefois, la requérante se prévaut de son importante activité bénévole depuis 2016 au sein de plusieurs associations, de plusieurs dons de sang et d'une demande d'autorisation de travail établie pour son compte le 21 janvier 2020 dont elle n'apporte cependant aucun élément de nature à prouver qu'elle a effectivement été envoyée à l'administration et dont elle ne mentionne pas l'issue. Surtout, la requérante se prévaut notamment de l'intégration et des résultats scolaires excellents de sa fille mineure B, admise au brevet des collèges en juillet 2021 avec la mention bien et 15,8 de moyenne et dont la moyenne, en première générale lors de l'année scolaire 2022-2023, soit l'année de la décision attaquée, est de 13,45 au premier trimestre et 14,17 au deuxième trimestre. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée aurait pu reprendre, en cours d'année à la date de la décision attaquée, une scolarité en Algérie où elle a vocation à suivre sa mère en conséquence de la mesure d'éloignement. Enfin, par jugement n° 2208602, du même jour que le présent jugement, l'arrêté par lequel le préfet du Nord a refusé de renouveler le certificat de résidence de sa fille, Mme E D, née le 12 janvier 2000, âgée donc de 22 ans à la date de l'arrêté concernant sa mère et qui réside avec celle-ci et sa soeur, a été annulé. Mme D est ainsi fondée à soutenir que la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " méconnaît les stipulations précitées du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée et se trouve entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et sur la situation de sa fille mineure, dont la scolarité a vocation à être interrompue par l'effet de la décision attaquée. Les moyens présentés en ce sens doivent dès lors être accueillis.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête dirigés contre cette décision, qu'il y a lieu d'annuler la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de renouveler le certificat de résidence de Mme D. Il
en va de même, par voie de conséquence, de la décision portant obligation de quitter le territoire français, de la décision portant fixation d'un délai de départ volontaire et de la décision portant fixation d'un pays de destination.
Sur l'injonction :
9. Le présent jugement implique qu'il soit enjoint au préfet du Nord de délivrer à Mme D un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
10. Mme D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Danset-Vergoten renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Danset-Vergoten de la somme de 1 000 euros.
D É C I D E :
Article 1er : La requête n° 2208601 de Mme D est rejetée.
Article 2 : L'arrêté du préfet du Nord du 27 octobre 2022 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Nord de délivrer à Mme D un certificat de résidence portant la mention " Vie privée et familiale " dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Me Danset-Vergoten la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Danset-Vergoten renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, au préfet du Nord et à Me Danset-Vergoten.
Copie sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2023 à laquelle siégeaient :
M. Jean-Michel Riou, président,
M. Vincent Fougères, premier conseiller,
Mme Marjorie Bruneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2023.
Le président-rapporteur,
signé
J.-M. A
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
signé
V. FOUGÈRES
La greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière, - 2300825
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026