jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2209062 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DELGORGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 25 novembre 2022 et les 2 juin 2023 et 15 septembre 2023 et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R.611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 19 octobre 2023, M. A B, représenté par la société d'avocats Edifices, demande au tribunal d'annuler la délibération du
26 septembre 2022 par laquelle le conseil de la communauté de communes Pévèle Carembault a approuvé la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme de la commune de Bourghelles suite à déclaration de projet portant sur l'intérêt général d'un projet de médiathèque.
Il soutient que :
- l'avis d'enquête publique n'a pas fait l'objet d'une publicité suffisante du fait d'un décalage de la seconde publication des avis dans la presse locale, d'un affichage irrégulier, d'une erreur dans le lieu de déroulement de l'enquête et de ce que les publications sur les réseaux sociaux, n'ont pas permis de pallier les insuffisances de l'affichage ;
- le dossier soumis à enquête publique est insuffisant ; il est lacunaire et comporte de nombreuses inexactitudes relatives à la description du terrain d'assiette du projet, à la configuration de l'actuelle médiathèque et ne comporte pas d'éléments de justification du projet ;
- le dossier soumis à enquête publique comporte des inexactitudes lui conférant un caractère insincère dès lors que les deux motifs de justification du projet tenant à l'insuffisante superficie de la médiathèque actuelle et à son impossible accès par les personnes à mobilité réduite sont erronés, ainsi que la présentation du terrain d'assiette du projet ;
- le dossier soumis à la mission régionale d'autorité environnementale était lacunaire et inexact et ne comportait pas les informations prévues par les dispositions de l'article
R. 104-30 du code de l'urbanisme ;
- la délibération est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'évaluation ou de rapport environnemental, alors que le projet prévoit le classement en zone urbaine d'espaces jusqu'à présent classés en zone naturelle et a pour effet de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables (PADD), en méconnaissance des dispositions de l'article L. 104-3 du code de l'urbanisme ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le projet n'a pas fait l'objet d'un examen conjoint de l'Etat, de l'établissement public de coopération intercommunale et des personnes publiques associées, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-54 du code de l'urbanisme ;
- le projet est incompatible avec les objectifs du PADD dès lors qu'il porte atteinte au belvédère présent sur le terrain d'assiette du projet ;
- le projet est dépourvu d'intérêt général dès lors que le besoin de la commune n'est pas démontré, que le projet porte une atteinte disproportionnée aux intérêts attachés au terrain d'assiette du projet et que d'autres solutions non pas été explorées par la commune.
Par des mémoires enregistrés les 2 février et 3 août 2023, ainsi que le 17 octobre 2023, celui-ci ayant été produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, la communauté de communes Pévèle-Carembault, représentée par Me Delgorgue, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grard,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- les observations de Me Fourquet, représentant M. B,
- et les observations de Me Delgorgue, représentant la communauté de communes Pévèle-Carembault.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 26 septembre 2022, le conseil de la communauté de communes Pévèle-Carembault a déclaré d'intérêt général le projet de construction d'une médiathèque sur une parcelle supportant un emplacement réservé n°6 classé en zone Np et a approuvé la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Bourghelles avec cette déclaration. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler la délibération du 26 septembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'enquête publique :
2. Aux termes de l'article L. 153-55 du code de l'urbanisme : " Le projet de mise en compatibilité est soumis à une enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement (). ".
S'agissant de la publicité de l'avis d'enquête publique :
3. Aux termes de l'article L. 123-10 du code de l'environnement : " I. Quinze jours au moins avant l'ouverture de l'enquête et durant celle-ci, l'autorité compétente pour ouvrir et organiser l'enquête informe le public. L'information du public est assurée par voie dématérialisée et par voie d'affichage sur le ou les lieux concernés par l'enquête, ainsi que, selon l'importance et la nature du projet, plan ou programme, par voie de publication locale. Cet avis précise : () -la date d'ouverture de l'enquête, sa durée et ses modalités ; () ".
Aux termes de l'article R.123-11 du même code : " I. - Un avis () est publié en caractères apparents quinze jours au moins avant le début de l'enquête et rappelé dans les huit premiers jours de celle-ci dans deux journaux régionaux ou locaux diffusés dans le ou les départements concernés. () ".
4. S'il appartient à l'autorité administrative de procéder à l'ouverture de l'enquête publique et à la publicité de celle-ci dans les conditions fixées par les dispositions du code de l'environnement, leur méconnaissance n'est toutefois de nature à vicier la procédure et donc à entraîner l'illégalité de la décision prise à l'issue de l'enquête publique que si elle n'a pas permis une bonne information de l'ensemble des personnes intéressées par l'opération ou si elle a été de nature à exercer une influence sur les résultats de l'enquête et, par suite, sur la décision de l'autorité administrative.
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la seconde publication de l'avis d'enquête publique dans la Voix du Nord et Nord Eclair a été réalisée le 21 juin 2022, soit au-delà du délai de huit jours prévu par les dispositions précitées de l'article R. 123-11 du code de l'environnement. Toutefois, à cette date, l'enquête publique était encore ouverte pour une durée de plus de deux semaines et il ressort des termes de l'avis du commissaire enquêteur que " ce décalage n'a pas eu de conséquences comme en témoigne la fréquentation du public lors de la troisième permanence ", tenue le 8 juillet 2022, l'enquête, menée en période estivale, ayant recueilli 35 contributions, dans une commune de 1 700 habitants. Dans ces conditions, la seconde publication tardive de l'avis d'enquête publique dans la presse locale n'a pas été de nature à nuire à l'information du public, ni à exercer une influence sur les résultats de l'enquête publique.
6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'avis d'enquête publique affiché dans les locaux de la communauté de communes Pévèle-Carembault comportait une erreur de plume dès lors qu'il indiquait que l'enquête publique se déroulait en mairie de Louvil, en lieu et place de la mairie de Bourghelles. Toutefois, il ressort des termes de l'arrêté du président de la communauté de communes du 19 mai 2022 que cet affichage dans les locaux de la communauté de communes revêtait un caractère superfétatoire, l'affichage dans les locaux de la maire de Bourghelles, seul prévu par cet arrêté, et dont il n'est pas soutenu qu'il comportait une telle erreur de plume, étant qualifié de régulier par le commissaire enquêteur.
Par ailleurs, les informations relatives à l'ouverture de l'enquête publique ont été publiées sur les réseaux sociaux par la commune le 4 juin 2022 et communiquées par des flyers distribués dans toutes les boîtes aux lettres de chaque habitant de la commune. Enfin, comme il a été dit précédemment, l'enquête publique menée en période estivale, a recueilli 35 contributions, dans une commune de 1 700 habitants. Dans ces conditions, la seule erreur de plume présente dans l'affichage superfétatoire réalisé dans les locaux de la communauté de communes
Pévèle-Carembault n'a pas été de nature à nuire à l'information du public, ni à exercer une influence sur les résultats de l'enquête publique.
7. En dernier lieu, par la seule production d'une photographie du panneau d'affichage de la commune de Bourghelles, le requérant ne conteste pas sérieusement la régularité de l'affichage de l'avis d'enquête publique.
8. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'irrégularité des mesures de publicité de l'avis d'ouverture de l'enquête publique doit être écarté dans toutes ses branches.
S'agissant de la composition du dossier d'enquête publique :
9. Aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'environnement :
" Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. / () / Le dossier comprend au moins : / () / une note de présentation précisant les coordonnées du maître d'ouvrage ou de la personne publique responsable du projet, plan ou programme, l'objet de l'enquête, les caractéristiques les plus importantes du projet, plan ou programme et présentant un résumé des principales raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de l'environnement, le projet, plan ou programme soumis à enquête a été retenu () ". Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. () ". Aux termes de l'article R.151-2 du même code : " Le rapport de présentation comporte les justifications de : / () / 4° La délimitation des zones prévues par l'article L. 151-9 () ". Aux termes de l'article R.151-5 de ce code : " Le rapport de présentation est complété par l'exposé des motifs des changements apportés lorsque le plan local d'urbanisme est : / () / 3° Mis en compatibilité. ".
10. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances affectant le dossier soumis à enquête publique ne sont susceptibles de vicier la procédure et donc d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette enquête que si elles ont eu pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur cette décision.
11. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la décision contestée a pour objet, d'une part, de déclarer d'intérêt général le projet de reconstruction sur un nouveau site de la médiathèque de la commune et, d'autre part, de mettre en compatibilité le PLU communal.
La notice de présentation incluse dans le dossier d'enquête publique rappelle le contexte réglementaire de la déclaration de projet, expose l'objectif du projet qui vise à construire une nouvelle médiathèque, afin de faciliter son accès, de disposer de surfaces supplémentaires, de garantir sa mise aux normes notamment pour les personnes à mobilité réduite, de développer à la fois un espace culturel et un espace de rencontre et de convivialité et de libérer de l'espace sur son site d'implantation actuel pour l'allouer aux activités périscolaires. Elle expose le choix du terrain d'assiette du projet, propriété de la commune, qui accueille aujourd'hui des équipements de loisirs ayant vocation à subsister et qui présente une proximité avec l'école, la mairie, l'église et la place principale, tout en étant à l'extérieur des locaux scolaires et contribuera à renforcer la polarité centrale de la commune. La notice indique que le projet nécessite de faire évoluer le classement du terrain concerné classé en zone Np en zone UA et de supprimer l'emplacement réservé n°6 attaché à ce terrain, destiné à l'extension de la place de la commune. Si M. B conteste la superficie de 74m2 de la médiathèque actuelle indiquée dans la notice, la seule production d'un plan métré réalisé par ses soins ne permet pas de contester sérieusement cette donnée. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet, d'une surface de 2 155 m2, supporte des équipements de loisirs : city-stade, jeux d'enfants et terrain de pétanque pour une surface de 200m2, lui conférant dès lors un caractère partiellement anthropisé, comme l'indique la notice. L'absence dans le dossier d'éléments expliquant les raisons pour lesquelles d'autres projets de relocalisation ou d'agrandissement de la médiathèque débattus en conseil municipal n'ont pas été retenus ne suffit pas à regarder la notice comme insuffisante ou imprécise, dès lors que la délibération attaquée n'a pas pour objet de procéder à un choix d'opportunité entre plusieurs projets communaux mais vise seulement à faire évoluer les règles d'occupation et d'utilisation des sols en raison de l'intérêt qui s'attache à l'implantation d'une médiathèque dans le secteur dont il s'agit. Par ailleurs, si dans son avis, le commissaire enquêteur a indiqué avoir recueilli des éléments complémentaires sur le projet lors de rencontres avec l'ancien et l'actuel maires de la commune, concernant la mise à disposition d'un local de rencontre pour les assistantes maternelles de la commune, l'accueil dans la médiathèque d'animations et expositions temporaires et l'intégration dans le site de l'édifice à bâtir pour ne pas dénaturer le paysage, ces informations, d'une part, sont contenues dans la notice faisant état d'un objectif de développement à la fois d'un espace culturel et d'un espace de rencontre et de convivialité et, d'autre part, ont trait aux modalités de réalisation du projet, qui sont étrangères à la procédure de mise en conformité du PLU. En outre, si la notice ne fait pas état d'une enquête réalisée en 2020 auprès des habitants de la commune, relative à leurs attentes concernant la nouvelle médiathèque, cette circonstance ne saurait constituer une insuffisance de celle-ci dès lors que l'enquête publique est destinée à informer la population de la commune, destinataire de cette enquête lors de son administration. Ainsi, eu égard à la nature et à l'ampleur de la seule modification du document d'urbanisme opérée, la notice de présentation, malgré son caractère concis et non chiffré, expose de manière claire et suffisamment précise les motifs conduisant à une évolution du classement du terrain concerné.
12. D'autre part, ainsi qu'il a été dit précédemment le terrain d'assiette du projet, compte tenu de la présence d'équipements de loisirs sur une partie est anthropisé et M. B, par les éléments qu'il produit, ne conteste pas utilement la superficie de la médiathèque actuelle de 74m2, indiquée dans la notice de présentation. Enfin, s'il produit une photographie d'un accès en pente au bâtiment comprenant l'actuelle médiathèque, la communauté de communes soutient, sans être sérieusement contredite, que cet accès ne permet que les livraisons de la cantine scolaire adjacente et que l'angle d'inclinaison de la pente n'est pas adapté à son usage par les personnes à mobilité réduite, dont il est en tout état de cause constant qu'elles ne peuvent accéder à l'étage de la médiathèque, uniquement desservi par escalier. Dans ces conditions, les inexactitudes alléguées du rapport de présentation ne sont pas établies et celui-ci ne saurait être, dès lors, regardé comme illisible ou insincère.
13. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance du dossier soumis à enquête publique doit être écarté dans ses différentes branches.
En ce qui concerne le dossier soumis à la mission régionale d'autorité environnementale :
14. Aux termes de l'article R. 104-30 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " " La personne publique responsable transmet à la formation d'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable ou, lorsque la mission régionale d'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable est compétente, au service régional chargé de l'environnement (appui à la mission régionale d'autorité environnementale), les informations suivantes : / 1° Une description des caractéristiques principales du document ;
/ 2° Une description des caractéristiques principales, de la valeur et de la vulnérabilité de la zone susceptible d'être touchée par la mise en œuvre du document ; / 3° Une description des principales incidences sur l'environnement et la santé humaine de la mise en œuvre du document. ".
15. En se bornant à alléguer que le dossier soumis à la mission régionale d'autorité environnementale était la notice de présentation soumise à enquête publique et que la décision du 24 août 2021 de la mission régionale d'autorité environnementale de ne pas soumettre le projet à évaluation environnementale révèle le caractère lacunaire du document qui lui a été soumis, M. B n'en démontre pas les insuffisances. Le moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.
En ce qui concerne l'absence d'évaluation environnementale :
16. Aux termes de l'article L. 104-3 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Sauf dans le cas où elles ne prévoient que des changements qui ne sont pas susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/ CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, les procédures d'évolution des documents mentionnés aux articles L. 104-1 et L. 104-2 donnent lieu soit à une nouvelle évaluation environnementale, soit à une actualisation de l'évaluation environnementale réalisée lors de leur élaboration. / Un décret en Conseil d'Etat détermine les critères en fonction desquels cette nouvelle évaluation environnementale ou cette actualisation doivent être réalisées de manière systématique ou après un examen au cas par cas. ".
Aux termes de l'article R. 104-8 du même code, tel qu'il doit être interprété au regard de la décision du Conseil d'Etat du 19 juillet 2017 n° 400420, la réalisation d'une évaluation environnementale est obligatoire dans tous les cas où les évolutions apportées au PLU par la procédure de la modification sont susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement au sens de l'annexe II de la directive 2001/42/ CE du 27 juin 2001.
17. Si M. B soutient que le projet est de nature à avoir un impact sur le secteur concerné par la mise en compatibilité du PLU compte tenu de ce qu'il a pour effet de modifier le classement d'une zone de 2 155m2 classée en zone Np pour la classer en zone UA, cette seule affirmation ne permet pas d'établir que la modification en cause aurait sur l'environnement des incidences " notables " au sens des dispositions citées ci-dessus alors, au demeurant, que la procédure a été dispensée d'évaluation environnementale par une décision de la mission régionale d'autorité environnementale des Hauts-de-France du 24 août 2021.
Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 104-3 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne l'avis des personnes publiques associées :
18. Aux termes de l'article L. 153-54 du code de l'urbanisme :
" Une opération faisant l'objet () d'une déclaration de projet, et qui n'est pas compatible avec les dispositions d'un plan local d'urbanisme ne peut intervenir que si : / 1° L'enquête publique concernant cette opération a porté à la fois sur l'utilité publique ou l'intérêt général de l'opération et sur la mise en compatibilité du plan qui en est la conséquence ;
/ 2° Les dispositions proposées pour assurer la mise en compatibilité du plan ont fait l'objet d'un examen conjoint de l'Etat, de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ou de la commune et des personnes publiques associées mentionnées aux articles
L. 132-7 et L. 132-9. / Le maire de la ou des communes intéressées par l'opération est invité à participer à cet examen conjoint. ". Aux termes de l'article L. 132-7 du même code :
" L'Etat, les régions, les départements, les autorités organisatrices prévues à l'article
L. 1231-1 du code des transports, les établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de programme local de l'habitat, les collectivités territoriales ou les établissements publics mentionnés à l'article L. 312-3 du présent code, les établissements publics chargés d'une opération d'intérêt national ainsi que les organismes de gestion des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux sont associés à l'élaboration () des plans locaux d'urbanisme dans les conditions définies aux titres IV et V. / Il en est de même des chambres de commerce et d'industrie territoriales, des chambres de métiers, des chambres d'agriculture (). Ces organismes assurent les liaisons avec les organisations professionnelles intéressées. / Il en est de même du gestionnaire d'infrastructure ferroviaire ayant au moins un passage à niveau ouvert au public dans l'emprise du schéma de cohérence territoriale ou du plan local d'urbanisme. " L'article L.132-9 du même code prévoit que : " Pour l'élaboration des plans locaux d'urbanisme sont également associés, dans les mêmes conditions : / 1° Les syndicats d'agglomération nouvelle ; / 2° L'établissement public chargé de l'élaboration, de la gestion et de l'approbation du schéma de cohérence territoriale lorsque le territoire objet du plan est situé dans le périmètre de ce schéma ; / 3° Les établissements publics chargés de l'élaboration, de la gestion et de l'approbation des schémas de cohérence territoriale limitrophes du territoire objet du plan lorsque ce territoire n'est pas couvert par un schéma de cohérence
territoriale. ".
19. Il ressort des pièces du dossier que le projet attaqué a fait l'objet d'une réunion d'examen conjoint le 8 avril 2022, à laquelle ont été conviés des représentants du préfet, des chambres d'agriculture, de commerce et d'industrie, des métiers et de l'artisanat compétentes, du département du Nord, de la région Hauts-de-France, de la communauté de communes Pévèle-Carembault des communes de Bachy, Bourghelles, Camphin-en-Pévèle, Cobrieux, Cysoing, Wannehain, des établissements public chargés du schéma d'aménagement et de gestion de l'eau et du schéma de cohérence territoriale ainsi que de Noréade.
Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-54 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la compatibilité avec le projet d'aménagement et de développement durables :
20. Aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " I. - Le plan local d'urbanisme comprend : / 1° Un rapport de présentation ; / 2° Un projet d'aménagement et de développement durables ; / 3° Des orientations d'aménagement et de programmation ;
/ 4° Un règlement ; / 5° Des annexes. / Chacun de ces éléments peut comprendre un ou plusieurs documents graphiques. Ces documents graphiques peuvent contenir des indications relatives au relief des espaces auxquels il s'applique. ".
21. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du PLU entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables (PADD), il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le PADD, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du PLU à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
22. En l'espèce, quand bien même le projet contesté ne prévoit pas d'implantation d'équipements communaux sur le site de l'ancienne école, il ne saurait être regardé comme étant en inadéquation avec cet objectif du PADD du PLU de la commune de Bourghelles. Par ailleurs, la seule ouverture à la construction du terrain concerné, sur lequel se trouve un belvédère pour lequel le PADD du PLU de la commune de Bourghelles a fixé un objectif de préservation et de mise en valeur des vues, ne saurait avoir nécessairement pour effet de contrevenir à cet objectif. Par ailleurs, le PADD comporte des objectifs visant à " conforter le centre du bourg " notamment en " requalifiant les espaces publics centraux et les liaisons entre équipements " et à " soutenir et améliorer l'offre de services et d'équipements ". Dans ces conditions, le classement de la parcelle concernée en zone UA n'apparaît pas incohérent avec les orientations du PADD, prises dans leur ensemble, et le moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne l'intérêt général du projet :
23. Eu égard à l'objet et à la portée d'une mise en compatibilité du PLU, qui permet notamment d'alléger les contraintes procédurales s'imposant à la modification de ce document, il appartient à l'autorité compétente d'établir, de manière précise et circonstanciée, sous l'entier contrôle du juge, l'intérêt général qui s'attache à la réalisation de la construction ou de l'opération constituant l'objet de la mise en compatibilité, au regard notamment des objectifs économiques, sociaux et urbanistiques poursuivis par la collectivité publique intéressée.
24. En premier lieu, le projet nécessitant la mise en compatibilité du PLU de la commune de Bourghelles consiste en la reconstruction, sur un autre site, de la médiathèque communale. Le projet permettra d'accroitre la surface de la structure par rapport à l'existant et, ainsi, de répondre, au-delà de l'activité de conservation et prêt de livres à ce jour assurée, à la mission de conception et mise en œuvre de services, activités et outils associés allouée par les dispositions de l'article L. 301-1 A du code du patrimoine aux bibliothèques des collectivités territoriales, tels que la réalisation d'une heure du conte dans ses locaux ou la création d'un espace de rencontre et de convivialité.
Elle offrira de meilleures conditions d'accueil à la population, notamment aux personnes à mobilité réduite, qui ne peuvent à ce jour pas accéder à la médiathèque, et notamment à son étage desservi uniquement par un escalier. En outre, la libération des locaux de l'actuelle médiathèque permettra de libérer des espaces pour les activités périscolaires adjacentes.
Enfin, le projet permet de conforter le centre du bourg en requalifiant les espaces publics centraux et de soutenir et améliorer l'offre de services et d'équipements de la commune.
25. En deuxième lieu, si le requérant fait valoir que d'autres projets, notamment l'extension des locaux existants de la médiathèque auraient pu satisfaire les objectifs poursuivis par le projet contesté, cette circonstance à la supposer avérée n'est pas de nature à ôter au projet son caractère d'intérêt général.
26. En dernier lieu, si M. B indique que les atteintes aux lieux induites par le projet sont disproportionnées, il résulte de ce qui a été dit au point 11 que le projet n'a pas d'incidence notable sur l'environnement, prenant place sur une parcelle anthropisée. Par ailleurs, s'il impliquera de déplacer le city parc de la commune, il ressort des pièces du dossier et notamment des réponses de la commune aux questions du commissaire enquêteur du 27 juillet 2022, qu'il sera reconstruit au plus près de son site actuel.
27. Il résulte de ce qui précède que le projet contesté répond à une finalité d'intérêt général et le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit, par suite, être écarté.
28. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 26 septembre 2022 par laquelle le conseil de la communauté de communes Pévèle Carembault a approuvé la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme de la commune de Bourghelles suite à déclaration de projet portant sur l'intérêt général d'un projet de médiathèque.
Sur les frais liés au litige :
29. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la communauté de communes Pévèle-Carembault et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la communauté de communes Pévèle-Carembault une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et la communauté de communes Pévèle-Carembault.
Copie en sera adressée à la commune de Bourghelles.
Délibéré après l'audience du 15 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
La rapporteure,
Signé
E. GRARDLe président,
Signé
B. CHEVALDONNETLa greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026