jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2209264 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BIGNON LEBRAY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er décembre 2022 et le 4 juillet 2023, M. A B et M. C B, représentés par la société d'avocats Edifices, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2022 par laquelle le président de la communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut (CAPH) a rejeté leur demande tendant à l'abrogation de la délibération n° D21029 du conseil communautaire du 18 janvier 2021 approuvant le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) en tant qu'il classe en zone agricole les parcelles cadastrées section AD 276 et 309 situées Lieu-dit " les sept chemins " sur le territoire de la commune de Trith-Saint-Léger ;
2°) d'enjoindre au président de la CAPH de convoquer le conseil communautaire en inscrivant à l'ordre du jour la question de l'abrogation partielle du PLUi en tant qu'il classe en zone agricole les parcelles cadastrées section AD 276 et 309 situées Lieu-dit " les sept chemins " sur le territoire de la commune de Trith-Saint-Léger, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la CAPH la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article
L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration, la CAPH étant tenue d'abroger la délibération du 18 janvier 2021 dès lors que le classement des parcelles cadastrées section AD 276 et 309 situées sur le territoire de la commune de Trith-Saint-Léger en zone agricole est entaché d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux caractéristiques des parcelles en cause, à leur absence de potentiel agronomique et à la configuration des lieux et que l'existence de cavités souterraines sous ces parcelles ne justifie pas à elle-seule un tel classement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2023, la communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut, représentée par la SELAS Bignon Lebray, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir en ce qu'ils n'établissent pas leur qualité de propriétaires des parcelles en litige et qu'ils ne résident pas sur le territoire de la CAPH ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leclère,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- et les observations de Me Roels, représentant MM. B, et de Me Sule, représentant la communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut.
Considérant ce qui suit :
1. Par la requête susvisée, MM. B demandent au tribunal d'annuler la décision du 30 septembre 2022 par laquelle le président de la communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut (CAPH) a rejeté leur demande tendant à l'abrogation de la délibération n° D21029 du conseil communautaire du 18 janvier 2021 approuvant le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) en tant qu'il classe en zone agricole les parcelles cadastrées section
AD 276 et 309 situées Lieu-dit " les sept chemins " sur le territoire de la commune de Trith-Saint-Léger.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte réglementaire illégal ou dépourvu d'objet, que cette situation existe depuis son édiction ou qu'elle résulte de circonstances de droit ou de fait postérieures, sauf à ce que l'illégalité ait cessé. () ".
3. L'effet utile de l'annulation pour excès de pouvoir du refus d'abroger un acte réglementaire illégal réside dans l'obligation, que le juge peut prescrire d'office en vertu des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, pour l'autorité compétente, de procéder à l'abrogation de cet acte afin que cessent les atteintes illégales que son maintien en vigueur porte à l'ordre juridique. Il s'ensuit que, dans l'hypothèse où un changement de circonstances a fait cesser l'illégalité de l'acte réglementaire litigieux à la date à laquelle il statue, le juge de l'excès de pouvoir ne saurait annuler le refus de l'abroger. A l'inverse, si, à la date à laquelle il statue, l'acte réglementaire est devenu illégal en raison d'un changement de circonstances, il appartient au juge d'annuler ce refus d'abroger pour contraindre l'autorité compétente de procéder à son abrogation.
4. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que lorsqu'il est saisi de conclusions aux fins d'annulation du refus d'abroger un acte réglementaire, le juge de l'excès de pouvoir est conduit à apprécier la légalité de l'acte réglementaire dont l'abrogation a été demandée au regard des règles applicables à la date de sa décision.
5. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des énergies renouvelables, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune () le projet d'aménagement et de développement durables fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain () ". Aux termes de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". L'article R. 151-22 dudit code dispose que : " Les zones agricoles sont dites "zones A". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
6. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite "zone A", du PLU a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables (PADD), un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
7. D'autre part, il appartient aux auteurs d'un PLU de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait manifestement erronée ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
8. Il ressort des pièces du dossier, notamment des orientations retenues dans le PADD du PLUi litigieux, que la communauté d'agglomération a entendu, d'une part, limiter l'étalement urbain et préserver les espaces agricoles, et, d'autre part, maîtriser la consommation des espaces naturels et agricoles. Les parcelles cadastrées section AD 276 et 309 situées sur le territoire de la commune Trith-Saint-Léger, dont les requérants contestent le classement en zone agricole sont situées au nord du territoire communal, en bordure d'une zone urbanisée et d'un secteur agricole. Ces parcelles, qui représentent une superficie de 4 218 m², sont vierges de toute construction et il n'est pas contesté par les requérants qu'elles ont été récemment exploitées à des fins agricoles. Ainsi elles n'apparaissent pas comme étant dépourvues de tout potentiel agronomique. Si ces terrains jouxtent, sur leur flanc sud, des parcelles sur lesquelles sont bâties des maisons individuelles et qu'ils se situent à proximité d'un important site industriel, dont ils sont séparés par une route départementale, il ressort des pièces du dossier qu'il se trouvent également à proximité immédiate, au nord et à l'est, et de l'autre côté de la voie publique, de parcelles également classées en zone agricole. Il n'apparaît pas en outre, au vu de leur localisation et de la configuration des lieux ainsi que des seuls bâtiments qu'elles jouxtent, que les parcelles en cause constituent une " dent creuse ". Dans ces conditions, et en dépit de ce qu'elles seraient desservies par l'ensemble des réseaux, eu égard aux partis d'aménagement retenus et aux caractéristiques des parcelles en litige, les auteurs du PLUi en litige, qui disposent en la matière d'un large pouvoir d'appréciation, n'ont pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en les classant en zone agricole. Si le président de la CAPH a, comme le soutiennent les requérants, entaché sa décision du 30 septembre 2022 d'une erreur de droit en fondant, en outre, son refus d'abrogation sur l'existence d'une obligation diverse type " Cavités souterraines : Aléa mouvements de terrain lié à des cavités souterraines ", il résulte toutefois de l'instruction que, eu égard aux caractéristiques et à la situation des parcelles ainsi qu'au parti d'aménagement retenu qui viennent d'être exposés, il aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur ces éléments.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de MM. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de MM. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, représentant unique des requérants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, et à la communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
M. LECLERE
Le président,
signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026