mercredi 31 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2209288 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DUBRULLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er décembre 2022, M. A B et
M. C D, représentés par la SCP HEPTA, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération n° 2022/50 du 4 octobre 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Flines-lez-Râches a approuvé le plan local d'urbanisme communal ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Flines-lez-Râches la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération est entachée d'un vice de procédure en tant que les conclusions du commissaire enquêteur sont insuffisamment motivées au regard des dispositions de l'article R. 123-19 du code de l'environnement ;
- le classement des parcelles sections cadastrées A 2938 et A 7495 en zone agricole est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que ces parcelles ne disposent d'aucun potentiel agronomique ou biologique, qu'elles étaient antérieurement en partie classées en zone U, se situent dans un espace urbanisé et disposent d'un accès total aux réseaux, qu'elles constituent des dents creuses devant permettre la densification de l'urbanisation et qu'un permis de construire en cours de validité a été délivré sur la parcelle A 2938, justifiant d'un classement en zone U ;
- le classement de la parcelle section cadastrée A 2966 est entaché d'illégalité.
La requête a été communiquée à la commune de Flines-lez-Râches, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grard,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- et les observations de Me Le Pallec, représentant M. B et M. D.
Une note en délibéré, présentée pour M. B et M. D, a été enregistrée le 22 décembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par leur requête, M. B et M. D demandent au tribunal d'annuler la délibération n° 2022/50 du 4 octobre 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Flines-lez-Râches a approuvé le plan local d'urbanisme (PLU) communal.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions et contre-propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans un document séparé, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables sous réserves ou défavorables au projet () ".
3. Il résulte de ces dispositions que le commissaire enquêteur doit, d'une part, établir un rapport relatant le déroulement de l'enquête et procéder à un examen des observations recueillies lors de celle-ci, en résumant leur contenu, et, d'autre part, indiquer dans un document séparé ses conclusions motivées sur l'opération, en tenant compte de ces observations mais sans être tenu de répondre à chacune d'elles.
4. Il ressort des pièces du dossier que pour justifier le caractère favorable de son avis concernant le projet de PLU communal, le commissaire enquêteur mentionne la nécessité de réviser le document d'urbanisme en vigueur afin notamment de prendre en compte les évolutions induites par le nouveau schéma de cohérence territoriale du Douaisis et de faire de ce territoire, un territoire d'excellence environnementale et énergétique. Il souligne en outre l'intérêt d'une telle révision en vue de permettre la construction de nouveaux logements pour répondre à l'augmentation attendue de la population locale et à la pénurie existante de logements locatifs sociaux que la commune entend résorber. Il mentionne enfin la préservation de la diversité paysagère voulue par la commune et permise par le nouveau PLU. Dans ces conditions, le commissaire enquêteur a suffisamment détaillé les raisons du sens favorable de son avis sur le projet de PLU communal. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R.123-19 du code de l'environnement doit être écarté.
5. En deuxième lieu, en vertu de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige, le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) du PLU définit notamment " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ". En vertu de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger.
/ Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Enfin, aux termes de l'article R. 151-22 dudit code : " Les zones agricoles sont dites "zones A". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
6. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite "zone A", du PLU a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du PADD, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
7. D'autre part, il appartient aux auteurs d'un PLU de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. S'ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts. Les propriétaires ne disposent par ailleurs d'aucun droit au maintien du classement antérieur de leurs parcelles.
8. Eu égard au caractère réglementaire du PADD d'un PLU, soumis à formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ce projet alors même qu'il n'est pas versé au dossier.
Il apparaît ainsi que le PADD du PLU de la commune de Flines-lez-Râches, comporte une orientation n°1 intitulée " défendre un cadre de vie rural au sein du parc naturel régional Scarpe Escaut ". Elle inclut deux objectifs visant à " assurer la pérennité de l'activité agricole en protégeant les terres et en permettant la diversification " et à " préserver les coupures d'urbanisation existantes ". Ces objectifs soulignent, d'une part, le caractère essentiel de l'activité agricole pour l'entretien des espaces ruraux ainsi que, d'autre part, la nécessité de préserver l'accès aux espaces agricoles et les coupures d'urbanisation existantes, l'étalement urbain ayant rendu plus complexe cet accès et abouti à la disparition de plusieurs de ces coupures. Il ressort en outre des pièces du dossier que les parcelles sections cadastrées A 2938 et A 7495, voisines l'une de l'autre et d'une largeur totale de près de cinquante mètres, sont non artificialisées et vierges de toute construction et qu'elles s'ouvrent au Nord sur une vaste plaine agricole. Les allégations des requérants quant à l'impossibilité de se livrer à une activité agricole sur ces parcelles en raison de leur largeur insuffisante ne sont pas étayées, les pièces produites faisant au contraire apparaître que ces parcelles ont pu faire l'objet d'une telle exploitation. De même la circonstance, à la supposer établie, que la proximité de maisons d'habitation ne permettrait plus l'épandage de produits phytosanitaires ne suffit pas à établir l'impossibilité de toute forme d'exploitation agricole des dites parcelles. Par ailleurs, compte tenu de leur configuration et alors qu'elles sont recensées comme coupure d'urbanisation dans le rapport de présentation du PLU de la commune et qu'elles se situent dans un secteur de faible densité, ces parcelles ne peuvent être regardées comme constituant une " dent creuse ", quand bien même elles sont encadrées au Nord-Ouest et au Sud-Est par des parcelles comportant des maisons d'habitation. Elles ne relèvent donc pas du champ d'application de la zone d'optimisation de l'utilisation des dents creuses prévue au PADD. Ainsi, eu égard aux partis d'aménagement retenus par la commune et aux caractéristiques des parcelles sections cadastrées A 2938 et A 7495, les auteurs du PLU n'ont pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en les classant en zone agricole, quand bien même elles étaient précédemment pour partie classées en zone U, que les requérants ont obtenu un permis de construire ayant pour terrain d'assiette la parcelle A 2938 et qu'elles disposent d'accès aux réseaux.
9. En dernier lieu, si les requérants font valoir que le classement de la parcelle section cadastrée A 2966 serait entaché d'illégalité, de telles allégations ne sont nullement étayées. Elles doivent être écartées en tant qu'elles ne sont pas assorties des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
10. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération n° 2022/50 du 4 octobre 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Flines-lez-Râches a approuvé le PLU communal.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B et M. D doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à M. C D et à la commune de Flines-lez-Râches.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2024.
La rapporteure,
Signé
E. GRARDLe président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026