Le Tribunal administratif de Lille, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme A... comme étant manifestement irrecevable pour défaut de délai. La requête visait à contester une décision implicite de rejet de son recours administratif préalable concernant le retrait partiel de sa prime « MaPrimeRénov’ ». Le tribunal a constaté que le recours contentieux, enregistré le 4 décembre 2022, était intervenu après l'expiration du délai de deux mois, lequel avait couru à compter du 5 septembre 2022. La décision s'appuie sur les articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative relatifs aux délais de recours.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2022, Mme B... A... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler la décision implicite par laquelle l’Agence nationale de l’habitat a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 6 avril 2022 portant retrait partiel de la prime de transition énergétique « MaPrimeRénov’ ».
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative :
« (…) les premiers vice-présidents des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ; ». Aux termes des dispositions de l’article
R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / (…) ». Aux termes des dispositions de l’article R. 421-5 dudit code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ».
2. Aux termes de l’article 9 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : « L'introduction d'un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat. / Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administration ». Aux termes de l’article L. 231-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision d'acceptation ». Aux termes de l’article L. 231-4 du même code : « Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / (…) / 2° Lorsque la demande (…) présente le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif ; (…) ».
3. Il ressort des pièces du dossier que, par lettre du 13 avril 2022, Mme A... a formé un recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 6 avril 2022 portant retrait partiel de la prime de transition énergétique « MaPrimeRénov’ ». Par un courrier du 5 juillet 2022, l’Agence nationale de l’habitat a accusé réception de ce recours et a précisé qu’à défaut d’une réponse explicite avant le 4 septembre 2022, une décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire naîtrait du silence gardé. Cet accusé de réception mentionnait également que Mme A... disposerait alors d’un délai de deux mois pour contester cette décision devant le tribunal administratif compétent. Par suite, les délais de recours ont commencé à courir à compter du 5 septembre 2022 pour s’achever le 7 novembre 2022. Par suite, la requête de Mme A..., enregistrée au greffe du tribunal le 4 décembre 2022, est tardive et doit, dès lors, être rejetée comme manifestement irrecevable en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et à l’Agence nationale de l’habitat.
Fait à Lille, le 7 avril 2026.
Le premier vice-président,
Signé
J-M. Riou
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,