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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2209375

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2209375

jeudi 8 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2209375
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP SHBK AVOCATS SEGARD BRIOUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une demande, enregistrée le 28 avril 2022, Mme B A, représentée par Me Sommeville, demande au tribunal administratif d'enjoindre au centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys de prendre les mesures qu'implique l'exécution de l'article 1er du jugement nos 1903903, 1903913, 1905610 du 25 novembre 2021 par lequel le tribunal a annulé les décisions du directeur du centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys en date des 7 septembre 2018 et 28 novembre 2018, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir.

Elle soutient que le centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys n'a pas exécuté le jugement du tribunal administratif.

Par une ordonnance en date du 29 novembre 2022, le président du tribunal administratif de Lille a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Par un mémoire, enregistré le 22 décembre 2022, Mme A, représentée par Me Sommeville, demande au tribunal :

1°) d'enjoindre au centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys de réexaminer sa situation et, le cas échéant, de reconstituer ses droits à l'avancement et à la retraite, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys n'a procédé à aucun commencement d'exécution malgré la mise en demeure qu'elle lui a adressée le 11 mars 2022.

La requête a été communiquée au centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 22 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Courtois,

- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,

- et les observations de Me Sommeville, avocat de Mme A.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'injonction :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement (), la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Lorsque le tribunal administratif est saisi d'une demande d'exécution d'une décision juridictionnelle sur le fondement de ces dispositions, il lui appartient de statuer sur cette demande en tenant compte de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision.

2. Par un jugement nos 1903903, 1903913, 1905610 du 25 novembre 2021, le tribunal administratif de Lille a annulé les décisions en date des 7 septembre 2018 et 28 novembre 2018 par lesquelles le directeur du centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys avait placé Mme A en congé de maladie du 29 septembre 2016 au 28 septembre 2017, puis en disponibilité pour maladie du 29 septembre 2017 au 28 mars 2019.

3. L'annulation des décisions du directeur du centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys en date des 7 septembre 2018 et 28 novembre 2018 implique nécessairement le réexamen de la situation de la requérante et, le cas échéant, la reconstitution de ses droits à l'avancement et à la retraite, ainsi qu'il est d'ailleurs précisé dans les motifs du jugement nos 1903903, 1903913, 1905610 du 25 novembre 2021.

4. À la date de la présente décision le centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys n'a pas pris les mesures propres à assurer l'exécution de la décision du 25 novembre 2021. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys de réexaminer la situation de Mme A et, le cas échéant, de reconstituer ses droits à l'avancement et à la retraite, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir ces prescriptions d'une astreinte.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys le versement à Mme A d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : Il est enjoint au centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys de réexaminer la situation de Mme A et, le cas échéant, de reconstituer ses droits à l'avancement et à la retraite, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.

Article 2 : Le centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la demande de Mme A est rejeté.

Article 4 : Le centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter sa décision du 25 novembre 2021.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier d'Aire-sur-la-Lys.

Délibéré après l'audience du 15 mai 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Lemaire, président,

- Mme Bergerat, première conseillère,

- Mme Courtois, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.

La rapporteure,

Signé

C. COURTOISLe président,

Signé

O. LEMAIRE

La greffière,

Signé

S. RANWEZ

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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