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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2209722

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2209722

mardi 6 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2209722
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantNAVY

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I.- Par une requête enregistrée sous le n° 2209722 le 14 décembre 2022 et des mémoires enregistrés le 3 mars 2023 et le 3 mai 2023, M. B A, représenté par Me Navy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 septembre 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou à défaut de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 155 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application combinée des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte attaqué ;

- cette décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'est pas justifié de l'existence d'un avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), non plus que du respect des conditions légales et réglementaires, de la compétence des membres composant ce collège, et de la transmission préalable du rapport médical émis par un médecin n'y siégeant pas ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte attaqué ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant délai de départ volontaire :

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte attaqué ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;

- elle est illégale car fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte attaqué ;

- elle est illégale car fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle a été prise en violation de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 23 janvier et 21 mars 2023, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par un mémoire enregistré le 4 avril 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a présenté des observations.

Par une ordonnance du 4 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 4 mai 2023.

M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à 25 % par une décision du 14 novembre 2022.

II. - Par une requête enregistrée sous le n° 2305875, le 27 juin 2023, M. B A, représenté par Me Navy, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a prolongé son assignation à résidence pour une durée de six mois ;

3°) d'enjoindre au préfet de mettre fin à toutes mesures de surveillance prises à son encontre ;

4°) en cas d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application combinée des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre la renonciation de ce dernier à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- le signataire de la décision attaquée est incompétent ;

- cette décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

La requête a été communiquée le 3 juillet 2023 au préfet du Pas-de-Calais qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 8 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 30 novembre 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Leguin été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant ivoirien, né le 12 avril 1990, à Abidjan (Côte d'Ivoire) est entré irrégulièrement en France le 4 juillet 2017 selon ses déclarations. A compter de 2019, M. A a séjourné en France sous couvert d'un titre de séjour délivré en raison de son état de santé, régulièrement renouvelé jusqu'au 5 mai 2022. Le requérant a déposé, le 19 avril 2022, une demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par un arrêté du 20 septembre 2022, le préfet du Pas-de-Calais a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par un arrêté du 28 octobre 2022, le préfet du Pas-de-Calais a assigné M. A à résidence pour une durée de six mois et, par un nouvel arrêté du 27 avril 2023, a prolongé cette assignation pour une nouvelle durée de six mois. Par les présentes requêtes, M. A demande, d'une part, l'annulation de l'arrêté du 20 septembre 2022 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire sous trente jours et fixant le pays de destination et, d'autre part, l'annulation de l'arrêté du 27 avril 2023 prolongeant son assignation à résidence.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire dans la requête n° 2305875 :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire pour la requête n° 2305875.

Sur la jonction :

4. Les deux requêtes portent sur des contestations relatives à la situation administrative de la même personne et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a dès lors lieu de les joindre pour statuer par un seul et même jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 20 septembre 2022 :

5. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au présent litige : : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () ". Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / () ". Enfin, selon le premier alinéa de l'article 4 de l'arrêté du 5 janvier 2017 susvisé : " Les conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge médicale () sont appréciées sur la base des trois critères suivants : degré de gravité (mise en cause du pronostic vital de l'intéressé ou détérioration d'une de ses fonctions importantes), probabilité et délai présumé de survenance de ces conséquences. / Cette condition des conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge doit être regardée comme remplie chaque fois que l'état de santé de l'étranger concerné présente, en l'absence de la prise en charge médicale que son état de santé requiert, une probabilité élevée à un horizon temporel qui ne saurait être trop éloigné de mise en jeu du pronostic vital, d'une atteinte à son intégrité physique ou d'une altération significative d'une fonction importante. / Lorsque les conséquences d'une exceptionnelle gravité ne sont susceptibles de ne survenir qu'à moyen terme avec une probabilité élevée (pathologies chroniques évolutives), l'exceptionnelle gravité est appréciée en examinant les conséquences sur l'état de santé de l'intéressé de l'interruption du traitement dont il bénéficie actuellement en France (rupture de la continuité des soins). Cette appréciation est effectuée en tenant compte des soins dont la personne peut bénéficier dans son pays d'origine. ".

6. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer la possibilité ou l'impossibilité pour le demandeur de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, la possibilité ou l'impossibilité pour lui de bénéficier effectivement de ce traitement dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui est aveugle de l'œil gauche, souffre d'un glaucome chronique à angle ouvert de l'œil droit pour le traitement duquel lui a été prescrit des gouttes de Cosidime, de Monoprost et de Combigan, trois collyres destinés à diminuer la tension intraoculaire, ainsi qu'un contrôle annuel ophtalmique consistant en un champ visuel et une tomographie à cohérence optique (OCT). Dans son avis émis le 15 septembre 2022, le collège de médecins de l'OFII a conclu que l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Il ressort toutefois des éléments produits par le requérant et par la préfecture que l'un des traitements prescrits n'est pas disponible en Côte d'Ivoire non plus que certains des principes actifs qui le composent. Si, dans le cadre de ses observations, l'OFII affirme que l'ensemble des collyres constituant le traitement de M. A serait disponible à Abidjan, il ne fournit pas les documents sur lesquels il se fonde pour l'affirmer, alors au demeurant qu'ils n'apparaissent pas sur la liste nationale des médicaments essentiels version 2020 présente au dossier. De même, le requérant établit que l'examen OCT indispensable à son suivi n'est pas pris en charge dans le cadre de la couverture maladie garantie aux patients ivoiriens et que son coût est élevé. Dans ces circonstances, M. A est fondé à soutenir que le préfet du Pas-de-Calais a entaché sa décision de refus de titre de séjour d'une erreur d'appréciation en rejetant sa demande de titre de séjour pour soins au motif qu'il pourrait bénéficier dans son pays d'origine d'un traitement approprié à son état de santé.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du préfet du Pas-de-Calais du 20 septembre 2022 portant refus de titre de séjour doit être annulée ainsi que, par voie conséquence, les décisions du même jour par lesquelles le préfet a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 27 avril 2023 :

9. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; (). " L'article L. 732-4 du même code dispose : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois. / Elle peut être renouvelée une fois, dans la même limite de durée. () ".

10. Compte tenu de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français prise le 20 septembre 2022, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être accueilli et la décision renouvelant l'assignation à résidence de M. A, prise pour l'exécution de cette mesure d'éloignement, annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. Le présent jugement implique nécessairement que le préfet du Pas-de-Calais délivre à M. A un titre de séjour pour état de santé d'une durée d'un an, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

12. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. () ".

13. M. A a obtenu dans l'instance n° 2209722 le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 25% par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Lille du 14 novembre 2022. Il n'allègue pas avoir engagé d'autres frais que ceux partiellement pris en charge à ce titre. D'autre part, l'avocat de M. A n'a pas demandé que lui soit versée par l'Etat la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait bénéficié de l'aide juridictionnelle. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat à rembourser à M. A la part des frais exposés par lui, non compris dans les dépens et laissés à sa charge par le bureau d'aide juridictionnelle, dans la limite de ses conclusions de la requête présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, soit 1 500 euros.

14. Il y a lieu d'admettre provisoirement M. A à l'aide juridictionnelle dans l'instance n° 2305875. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Navy, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Navy de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. A.

D É C I D E :

Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire dans l'instance n° 2305875.

Article 2 : Les arrêtés des 20 septembre 2022 et 27 avril 2023 sont annulés.

Article 3 : Il est enjoint au préfet du Pas-de-Calais de délivrer à M. A un titre de séjour pour état de santé dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'Etat paiera à M. A la part des frais exposés par lui, non compris dans les dépens et laissés à sa charge par le bureau d'aide juridictionnelle dans la limite de 1 500 euros.

Article 5 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Navy renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Navy, avocat de M. A, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle dans l'instance n° 2305875, la somme de 1 000 euros sera versée à M. A.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Navy et au préfet du Pas-de-Calais.

Délibéré après l'audience du, à laquelle siégeaient :

Mme Leguin, présidente,

M. Borget premier conseiller,

Mme Piou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2023.

La présidente - rapporteure,

signé

A-M. LEGUIN

Le magistrat (plus ancien

dans l'ordre du tableau)

signé

J. BORGET

La greffière,

signé

S. SING

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Nos 2209722, 2305875

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