vendredi 13 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2209943 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DELGORGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 21 décembre 2022 et 4 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Jamais, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 octobre 2022 par lequel la directrice du groupe hospitalier Loos-Haubourdin a prononcé à son encontre la sanction de l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée d'une année ;
2°) d'enjoindre au groupe hospitalier de Loos-Haubourdin de le réintégrer dans ses fonctions ans un délai de 10 jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du groupement hospitalier Loos-Haubourdin une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la décision litigieuse a pour effet immédiat de le priver de sa source exclusive de revenu ; il ne peut pas bénéficier du revenu de remplacement versé au titre de l'aide de retour à l'emploi ; il n'est pas établi qu'il pourrait bénéficier de revenus identiques à ceux qu'il percevait ; si le groupement hospitalier de Loos-Haubourdin continue de lui verser un demi-traitement au titre des arrêts maladie qu'il a fournis, celui-ci n'est pas tenu de le faire dès lors qu'une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire des fonctions n'implique de suspendre l'exécution de cette décision durant la période de congé maladie ; s'il a déposé une demande de congé maladie longue maladie, il a épuisé ses droits à congé maladie ordinaire et ne peut pas bénéficier d'un demi-traitement dans l'attente de l'avis du comité médical et de la décision prise par la suite par son autorité de gestion ;
- la condition tenant à l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse est également satisfaite, dès lors qu'elle est insuffisamment motivée ; les griefs formulés à son encontre sont vagues ; elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le conseil de discipline n'a, en méconnaissance de l'article 9 du décret n°89-822 du 7 novembre 1989, pas voté la proposition d'absence de sanction se bornant à ne proposer aucun avis ; la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de fait concernant chacun des griefs retenus à son encontre ; les griefs reprochés ne sont pas établis ; la directrice du groupement hospitalier Loos-Haubourdin a commis un détournement de pouvoir et de procédure ; il est médicalement suivi pour un problème d'alcoolisme ; la procédure disciplinaire repose sur le constat d'un prétendu état d'ébriété durant le service qui relève d'une problématique exclusivement médicale ; c'est en réalité l'aptitude physique de l'agent qui est remise en cause ; la sanction est disproportionnée au regard des faits reprochés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2023, le groupement hospitalier de Loos-Haubourdin, représenté par Me Delgorgue, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite au motif que le groupement hospitalier Loos-Haubourdin continue de lui verser un demi-traitement tant qu'il n'a pas statué sur sa demande de congé maladie et que l'intéressé fournit des arrêts maladie ; que les moyens invoqués par M. A ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lassaux, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 janvier 2023 à 11h00 heures :
- le rapport de M. Lassaux, juge des référés ;
- les observations de Me Jamais, représentant M. A qui conclut aux fins et par les mêmes moyens que la requête ;
- les observations de Me Bulter, substituant Me Delgorgue, représentant le groupement hospitalier de Loos-Haubourdin qui reprend ses écritures en défense.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est ouvrier professionnel titulaire de la fonction publique hospitalière et exerce ses fonctions au sein du groupement hospitalier Loos-Haubourdin. Par une décision du 26 octobre 2022, la directrice du groupement hospitalier de Loos-Haubourdin a décidé d'infliger à l'intéressé une sanction d'exclusion temporaire du service d'un an. Par cette requête, M. A demande la suspension de l'exécution de cet arrêté du 26 octobre 2022 lui infligeant une telle sanction.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Il résulte des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
4. L'arrêté attaqué a pour effet de priver M. A de son traitement pour une durée d'une année. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A qui a été placé en congé maladie ordinaire à compter du mois de novembre 2021 a continué de percevoir au cours des mois de novembre et décembre 2022 une rémunération à demi-traitement en raison des arrêts maladie qu'il a fournis alors même que l'autorité disciplinaire lui avait infligé la sanction d'exclusion temporaire des fonctions le 26 novembre 2022. Le groupement hospitalier Loos-Haubourdin soutient, par ailleurs, dans ses écritures qu'il n'exécutera pas la sanction d'exclusion temporaire des fonctions qu'il a infligée à M. A tant que celui-ci sera arrêté au titre de sa maladie. Il résulte de l'instruction que M. A a produit un avis d'arrêt de travail jusqu'au 28 février 2023. Il résulte également de l'instruction que M. A a sollicité le bénéfice d'un congé longue maladie, le 4 juillet 2022, qui n'a pas été expressément refusé par la directrice du groupement hospitalier. Le conseil du groupement hospitalier soutient, à l'audience, que l'établissement de santé a saisi le comité médical afin d'instruire cette demande et qu'il demeure dans l'attente de la transmission de l'avis de cet organe consultatif. Dans ces conditions et dès lors qu'il résulte de l'instruction que le groupement hospitalier de Loos-Haubourdin manifeste la volonté de continuer de verser, comme il l'a déjà fait au cours des mois de novembre et décembre 2022, la rémunération que l'intéressé percevait avant qu'une sanction lui soit infligée, soit un demi-traitement et ceci au moins jusqu'au 28 février 2023, ce dernier ne justifie pas que la décision attaquée préjudicie directement et immédiatement à ses intérêts. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme étant remplie en l'espèce.
5. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions auxquelles les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension de l'exécution d'une décision administrative n'est pas remplie. Les conclusions de M. A tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 octobre 2022 par lequel la directrice du groupe hospitalier Loos-Haubourdin a prononcé à son encontre la sanction de l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée d'une année portant ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur les conclusions formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du groupement hospitalier de Loos-Haubourdin, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par le requérant. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par le groupement hospitalier de Loos-Haubourdin.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le groupement hospitalier de Loos-Haubourdin sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au groupement hospitalier de Loos-Haubourdin.
Fait à Lille, le 13 janvier 2023.
Le juge des référés,
Signé
P. LASSAUX
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2209943
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026