mercredi 11 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2300103 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MANNESSIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 et 9 janvier 2023, M. D B doit être regardé demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant un an ;
2°) d'enjoindre à ce préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
3°) d'enjoindre au même préfet de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission au fichier SIS.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
- il n'est pas établi que les décisions aient été prises par une autorité compétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un vice de procédure pour avoir été prise en méconnaissance du droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle se fonde sur les dispositions de l'article L. 611-1 alors que le préfet indique avoir saisi les autorités allemandes d'une demande de réadmission ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle sera annulée en conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle sera annulée en conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle viole les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle sera annulée en conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que de la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Des pièces, enregistrées les 6 et 9 janvier 2023, ont été produites par le préfet du Pas-de-Calais.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Piou, magistrate désignée ;
- les observations de Me Mannessier, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête ; elle ajoute que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnait les dispositions des articles L. 541-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ; elle développe le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français et maintient les autres moyens tels qu'ils sont invoqués dans ses écritures ;
- les observations de M. B, assisté de M. F, interprète assermenté en langue tigrinya ;
- les observations de Me Matondo, représentant la préfecture du Pas-de-Calais, qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant érythréen né le 1er janvier 2004 à Tekobia (Erythrée), demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2023 portant obligation de quitter le territoire français, refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, fixation du pays de destination de cette mesure d'éloignement et interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Il ressort des pièces du dossier que M. C E, chef du bureau de l'éloignement et adjoint au directeur des migrations et de l'intégration, signataire des décisions attaquées, disposait d'une délégation à cet effet par arrêté du préfet du Pas-de-Calais n° 2022-10-38 du 8 juillet 2022, publié le 9 juillet 2022 au recueil spécial n° 83 des actes administratifs des services de l'Etat dans le département. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire, qui manque en fait, doit dès lors être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des considérations de fait relatives à la situation de l'intéressé, vise notamment les dispositions des articles L. 611-1, L. 612-2 (3°) et L. 612-3, L. 612-6 et L. 612-10 ainsi que l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, il fait état de ses conditions d'entrée en France, notamment de la date à laquelle M. B a déclaré être arrivé sur ce territoire, du rejet par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de sa demande d'asile ainsi que d'une demande de réexamen et de son recours devant la Cour nationale du droit d'asile contre cette dernière décision, de l'absence de toute autre demande de titre de séjour, de ce qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente, de ce qu'il est dépourvu de documents d'identité ou de voyage en cours de validité, de sa situation familiale et de ce qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par ailleurs, la circonstance qu'il n'y soit pas fait mention des dispositions des articles L. 541-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne constituent pas la base légale des mesures en litige, ne saurait l'entacher d'un vice de forme. Enfin, s'agissant plus particulièrement de l'interdiction de retour sur le territoire français, les mentions de l'arrêté attestent que les quatre critères prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été pris en compte. Par suite, cet arrêté apparait suffisamment motivé en droit et en fait. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du compte-rendu de son audition par les services police, que M. B a été entendu le 3 janvier 2023, qu'il a été informé de ce que l'autorité préfectorale envisageait de lui notifier une mesure d'éloignement à destination de son pays d'origine ou de tout autre pays dans lequel il serait légalement admissible, et a été invité à présenter ses observations. Il a ainsi été mis en mesure de faire part, s'il l'estimait utile, de ses éventuelles craintes en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce vice de procédure doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'intéressé aurait été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance lors de son arrivée sur le territoire français. Par ailleurs, la décision fait mention de sa date de naissance ainsi que de la date déclarée de son arrivée en France, alors donc qu'il était encore mineur. Par suite, elle n'apparait entachée d'aucune erreur de fait.
7. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort ni des termes de la décision ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Pas-de-Calais aurait saisi les autorités allemandes d'une demande de réadmission ni qu'il ait entendu prendre une telle décision en lieu et place d'une obligation de quitter le territoire français. Au demeurant, l'intéressé n'a aucunement demandé lors de son audition par les services de police à être renvoyé en Allemagne ni indiqué qu'il y serait légalement admissible, et ne l'établit pas davantage dans le cadre de la présente instance. Informé de ce qu'il était susceptible de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, il s'est borné à répondre qu'il quitterait le pays s'il le devait. Par suite, en se fondant sur les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispositions applicables aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, le préfet du Nord n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit. Ce moyen, tel qu'il est soulevé, doit, par suite, être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision./ Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes () b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32 () ". Aux termes de l'article L. 531-32 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut prendre une décision d'irrecevabilité écrite et motivée, sans vérifier si les conditions d'octroi de l'asile sont réunies, dans les cas suivants : () 3° En cas de demande de réexamen lorsque, à l'issue d'un examen préliminaire effectué selon la procédure définie à l'article L. 531-42, il apparaît que cette demande ne répond pas aux conditions prévues au même article. ". Aux termes de l'article L. 542-4 du code du droit d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français, sous peine de faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ".
9. Si M. B soutient que la décision par laquelle le préfet du Pas-de-Calais l'oblige à quitter le territoire français est illégale en ce qu'elle a été prise avant la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile statuant sur sa demande de réexamen, il ressort des dispositions précitées de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'étranger dont la demande de réexamen a été rejetée comme irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, en application des dispositions précitées de l'article L. 531-32 du même code, ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français et peut dès lors faire l'objet d'une mesure d'éloignement sans attendre la décision de la Cour nationale du droit d'asile. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la fiche Telemofpra produite en défense, dont les mentions font foi jusqu'à preuve contraire, que, suite au rejet de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, M. B a présenté une demande de réexamen le 10 mars 2022 rejetée par cet office comme étant irrecevable le 22 novembre 2022, notifiée le 24 novembre suivant. Le requérant ne bénéficiait ainsi plus à cette date du droit de se maintenir sur le territoire français, sans qu'ait d'incidence l'absence de notification préalable de la décision d'irrecevabilité de la Cour nationale du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré la méconnaissance des dispositions des articles L. 541-1 et L. 542-1 précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
10. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé déclare à l'audience, sans pour autant l'établir, être arrivé en France à la fin de l'année 2019 et ne fait état d'aucun lien noué sur le territoire français ni d'aucune intégration socio-professionnelle. S'il soutient être bénéficiaire de la protection subsidiaire en Allemagne depuis 2017, il n'en justifie par aucune pièce. Dans ces conditions, la décision contestée n'apparait pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation de l'intéressé.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français qu'il conteste.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, l'exception d'illégalité soulevée au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de cette décision ne peut qu'être écartée, faute d'illégalité retenue concernant la décision portant obligation de quitter le territoire français.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :/ ()/3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Et aux termes de l'article 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :/1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;/ ()/ 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
14. Si M. B soutient que la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire se fonde sur des motifs erronés, révélant ainsi un défaut d'examen de sa situation, en faisant état de ce qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour alors qu'il a déposé une demande d'asile, il ressort des mentions de l'arrêté, ainsi qu'il a été dit au point 3, que le préfet du Pas-de-Calais a rappelé les décisions prises par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile sur les demandes concernant ses demandes d'asile. Par ailleurs, la décision litigieuse est également fondée sur la circonstance que l'intéressé ne justifie pas d'une résidence effective et permanente, circonstance au demeurant nullement contestée, qui pouvait à elle seule justifier le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et du défaut d'examen ainsi soulevés ne peuvent qu'être écartés.
15. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 10, le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire qu'il conteste.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, l'exception d'illégalité soulevée au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écartée, faute d'illégalité retenue concernant la décision portant obligation de quitter le territoire français.
18. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi :/1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ;/2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ;/3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible./Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
19. Ainsi qu'il a été dit au point 10, l'intéressé n'établit pas avoir obtenu le statut de réfugié en Allemagne. Par ailleurs, interrogé lors de l'audience sur ses craintes alléguées en cas de retour dans son pays d'origine, il s'est borné à invoquer, en des termes généraux et non circonstanciés, le caractère autoritaire du régime politique en place en Erythrée ainsi que sa volonté de ne pas effectuer son service militaire. Ces allégations ne suffisent pas à regarder comme établies la réalité et l'actualité d'un risque de traitement inhumain ou dégradant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions et stipulations ne peut qu'être écarté.
20. En troisième lieu, le moyen soulevé dans la requête introductive et tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation n'est assorti d'aucune précision de nature à permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
21. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination qu'il conteste.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
22. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède le moyen soulevé par voie d'exception et tiré de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ne peut qu'être écarté.
23. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour./ Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
24. M. B ne justifie d'aucune considération susceptible d'être regardée comme une circonstance humanitaire au sens des dispositions précitées. Par ailleurs, l'intéressé a déclaré, sans au demeurant l'établir, être présent sur le territoire français depuis la fin de l'année 2019. Par ailleurs, il ne fait état d'aucun lien d'une particulière intensité noué sur le territoire français. Ainsi, même s'il n'a fait l'objet d'aucune précédente mesure d'éloignement et ne constitue pas une menace à l'ordre public, en prenant à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, le préfet du Pas-de-Calais n'a pas entaché cette décision d'une erreur d'appréciation.
25. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
26. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet du Pas-de-Calais.
Lu en audience publique le 11 janvier 2023.
La magistrate,
Signé,
C. A
La greffière,
Signé,
N. CARPENTIER
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026