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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2300154

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2300154

vendredi 5 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2300154
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCARDON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

G une requête enregistrée les 7 janvier 2023, M. E A B, représenté G Me Cardon, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions en date du 5 janvier 2023 G lesquelles le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français avant l'expiration du délai d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour temporaire ou de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros G jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'effacement de son signalement au fichier SIS et au fichier FPR ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision a été prise G une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît la procédure contradictoire ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation du requérant ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il a sollicité un titre de séjour et qu'il dispose d'un titre de séjour en cours de validité ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

- cette décision a été prise G une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît la procédure contradictoire ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation du requérant ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il a sollicité un titre de séjour et qu'il dispose d'un titre de séjour en cours de validité ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'une inexactitude matérielle des faits ;

En ce qui concerne le pays de destination :

- cette décision a été prise G une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît la procédure contradictoire ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation du requérant ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il a sollicité un titre de séjour et qu'il dispose d'un titre de séjour en cours de validité ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de l'absence de perspective raisonnable d'exécution ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision a été prise G une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît la procédure contradictoire ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation du requérant ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il a sollicité un titre de séjour et qu'il dispose d'un titre de séjour en cours de validité ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des circonstances humanitaires ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;

- la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gouriou, magistrat désigné ;

- les observations de Me Cardon, avocat, représentant M. A B, qui conclut aux mêmes fins que la requête G les mêmes moyens. Il soutient, en outre, que l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de base légale car il est entré régulièrement en France et d'une erreur de droit car il devait faire l'objet d'une remise aux autorités roumaines ;

- les observations de Me Ioannidou, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés. Elle soutient, en outre, que si besoin, une substitution de base légale peut être effectuée pour l'obligation de quitter le territoire français en fondant cette décision sur le 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les observations orales de M. A B qui répond aux questions posées G le tribunal dans le cadre de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

1 M. A B, ressortissant marocain né le 11 mai 1993, demande l'annulation des décisions du 5 janvier 2023 G lesquelles le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français avant l'expiration du délai d'un an.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2 En premier lieu, G un arrêté du 13 octobre 2022, publié le même jour au recueil n° 245 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme F C, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer notamment les décisions contestées. G suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

3 En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait de l'espèce, énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Ces considérations sont suffisamment développées pour mettre utilement l'intéressé en mesure de discuter les motifs de cette décision et le juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Le préfet du Nord s'est prononcé sur les critères de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour déterminer la durée de l'interdiction de retour. G suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté doit être écarté.

4 En troisième lieu, selon la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE, 5 novembre 2014, Mukarubega, C166/13 et CJUE, 11 décembre 2014, Boudjilida, C249/13), le droit à être entendu se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

5 En l'espèce, il ressort du procès-verbal d'audition de M. A B G les services de police le 5 janvier 2023, que ce dernier a pu présenter des observations sur la légalité de son séjour et sur sa situation personnelle. Il a notamment été interrogé sur son parcours, sur sa situation personnelle et familiale, sur sa situation administrative au regard des règles du droit au séjour en France. Il a été informé de l'éventualité d'une mesure d'éloignement vers son pays d'origine et interrogé sur les éventuelles observations qu'il avait à formuler. Ainsi, M. A B a été à même de présenter de manière utile et effective les éléments pertinents qui auraient pu influer sur la décision de l'autorité préfectorale, qui n'était alors pas tenue de lui indiquer qu'il pouvait spontanément présenter des observations écrites. Dès lors, il n'a pas été privé du droit d'être entendu préalablement à toute mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement, principe général du droit de l'Union européenne. G ailleurs, le requérant ne soutient pas avoir des informations qu'il n'aurait pas pu communiquer au préfet et qui auraient pu modifier l'appréciation du préfet sur sa situation administrative. G suite, ce moyen doit être écarté.

6 En quatrième lieu, il ressort des motifs de l'arrêté litigieux que le préfet a pris en compte la situation administrative et familiale du requérant. Le préfet mentionne les conditions de séjour de M. A B sur le territoire et évoque son séjour en Roumanie. G suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de M. A B doit être écarté.

7 En cinquième lieu, d'une part, si le requérant soutient avoir sollicité un titre de séjour, il ne communique aucune pièce attestant du dépôt d'une demande de titre de séjour, ni aucun récépissé de demande de titre de séjour, d'autre part, s'il ressort des pièces du dossier que M. A B dispose d'un titre de séjour roumain valable jusqu'en 2025, l'intéressé n'allègue pas, ni n'établit, qu'il remplit les autres conditions pour justifier d'une entrée régulière en France fixées G les dispositions de l'article 21 de la convention d'application de l'accord de Schengen, telle que modifiée G le règlement n° 265/2010 du Parlement Européen et du Conseil du 25 mars 2010, et l'article 6 du règlement (UE) 399/2016 susvisé qui s'est substitué au règlement (CE) n° 562/2006 précité auquel renvoient ces dispositions et G l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est, en particulier, pas justifié G M. A B du caractère suffisant de ses moyens de subsistance tant pour la durée du séjour envisagé en France que pour son retour, ou encore de sa prise en charge G un opérateur d'assurance agréé. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit aux motifs qu'il a sollicité un titre de séjour et qu'il dispose d'un titre de séjour en cours de validité doit être écarté.

8 En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue G la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

9 M. A B a déclaré lors de son audition être entré en France en 2022. Il est célibataire et sans enfant à charge. Si M. A B invoque la présence en France de membres de sa famille, il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents, un frère et une sœur selon ses déclarations à l'audience et où il a vécu l'essentiel de son existence. Le requérant ne justifie pas entretenir des liens particuliers avec les membres de sa famille présents en France. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et eu égard aux effets de la mesure prise, le préfet du Nord n'a, en prenant l'arrêté attaqué, pas porté au droit de M. A B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :

10 En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / () ". G ailleurs, en vertu de l'article L. 621-1 de ce même code : " G dérogation () à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 (), l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. L'étranger est informé de cette remise G décision écrite et motivée prise G une autorité administrative définie G décret en Conseil d'État. Il est mis en mesure de présenter des observations et d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix. ". À cet égard, l'article L. 621-2 prévoit : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un Etat membre de l'Union européenne, de la République d'Islande, de la Principauté du Liechtenstein, du Royaume de Norvège ou de la Confédération suisse l'étranger qui, admis à entrer ou à séjourner sur le territoire de cet Etat, a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 311-1, L. 311-2 et L. 411-1, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec cet État, en vigueur au 13 janvier 2009. "

11 Il ressort de ces dispositions que le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre État ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et que le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire G rapport à l'autre. Il s'ensuit que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application de l'article L. 621-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'État membre de l'Union européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, sur le fondement des articles L. 621-1 et suivants, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce que l'administration engage l'une de ces procédures alors qu'elle avait préalablement engagée l'autre. Toutefois, si l'étranger demande à être éloigné vers l'État membre de l'Union européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, ou s'il est résident de longue durée dans un État membre ou titulaire d'une " carte bleue européenne " délivrée G un tel État, il appartient au préfet d'examiner s'il y a lieu de reconduire en priorité l'étranger vers cet État ou de le réadmettre dans cet État.

12 D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 7, le requérant ne peut pas justifier de la régularité de son entrée sur le territoire français en produisant son titre de séjour roumain. Si le passeport du requérant comporte un visa délivré G les autorités roumaines, valable du 20 septembre 2021 au 16 mars 2022, M. A B ne justifie pas être entré sur le territoire français pendant la période de validité de son visa. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A B est titulaire d'un titre de séjour " étudiant ", en cours de validité, délivré G les autorités roumaines le 8 novembre 2021. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ce titre, qui, comme il a été dit au point précédent, ne fait pas, en soi, obstacle à l'édiction d'une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de son titulaire, a été pris en considération G les services préfectoraux. En effet, il ressort des termes même de l'article 3 de l'arrêté attaqué que le préfet du Nord a fixé comme pays à destination duquel M. A B pourra être reconduit, en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement, non seulement le pays dont il a la nationalité mais également en application d'un accord ou arrangement de réadmission communautaire ou bilatéral, le pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité ou le pays dans lequel il établit être légalement admissible. Dans ces conditions, et sans qu'il soit nécessaire de procéder à une substitution de base légale, le moyen tiré du défaut de base légale ne peut qu'être écarté.

13 En second lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant d'en apprécier la portée et doit être écarté.

14 Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

Sur les autres moyens dirigés contre le refus de délai de départ volontaire :

15 En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " G dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "

16 Il ressort des pièces du dossier que M. A B ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et qu'il a déclaré lors de son audition ne pas vouloir quitter la France. Il entre donc dans le champ d'application du 1° et du 4° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du 1° et du 4° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour ces seuls motifs, le préfet pouvait refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire. Dès lors, si le préfet indique G erreur que le requérant ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, cette circonstance est sans incidence sur la décision attaquée. G suite, le moyen tiré de l'inexactitude matérielle des faits doit être écarté.

17 En second lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant d'en apprécier la portée et doit être écarté.

18 Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A B tendant à l'annulation de la décision du préfet du Nord de ne pas lui accorder de délai de départ volontaire doivent être rejetées.

Sur l'autre moyen dirigé contre la décision fixant le pays de destination :

19 M. A B soutient qu'il n'existe pas de perspectives raisonnables à son éloignement. Toutefois, les éventuelles difficultés d'exécution de la mesure d'éloignement dont fait l'objet le requérant sont sans incidence sur la légalité de la décision fixant le pays à destination duquel il doit être éloigné. G suite, le moyen doit être écarté.

20 Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

Sur l'autre moyen dirigé contre l'interdiction de retour :

21 Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant puisse se prévaloir de circonstances humanitaires. G suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des circonstances humanitaires doit être écarté.

22 Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

23 Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, G suite, de rejeter les conclusions de M. A B à fin d'injonction et d'astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

24 Ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le remboursement d'une somme au titre des frais exposés G M. A B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A B et au préfet du Nord.

Rendu public G mise à disposition au greffe le 5 mai 2023.

Le magistrat désigné,

Signé,

P. DLa greffière,

Signé,

O. DEBUISSY

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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