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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2300781

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2300781

mercredi 26 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2300781
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantCARDON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2023, M. D A, représenté par Me Cardon, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 25 mars 2022 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande, en toute hypothèse dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen (SIS) ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que les décisions en litige aient été signées par une autorité habilitée ;

- ces décisions sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elles méconnaissent le principe du contradictoire ;

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- elle est entachée d'erreurs de fait ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale, par exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :

- elle est illégale, par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale, par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu l'article L. 721-4 de ce code depuis le 1er mai 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requête est tardive.

Par ordonnance du 30 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 30 avril 2023.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fougères,

- et les observations de Me Troufléau, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant rwandais né le 5 juillet 1986 à Bujumbura (Rwanda) et déclarant être entré une seconde fois sur le territoire français le 22 novembre 2019, muni d'un passeport revêtu d'un visa délivré par les autorités consulaires françaises, a présenté le 4 décembre 2021 une demande tendant au renouvellement de la carte de séjour portant la mention " étudiant " qui lui avait été précédemment délivrée, valable du 16 octobre 2020 au 15 décembre 2021. Par un arrêté du 25 mars 2022, le préfet du Nord a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens présentés à l'encontre de l'ensemble des décisions :

2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 30 septembre 2021, régulièrement publié le même jour au recueil spécial n°225 des actes administratifs de l'Etat dans le département du Nord, le préfet du Nord a donné délégation à Mme B F, cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, signataire de l'arrêté contesté, à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions en litige doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté, qui n'avait pas à reprendre l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de M. A, énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles sont fondées les décisions qu'il comporte, de manière suffisamment circonstanciée pour, d'une part, mettre l'intéressé en mesure d'en discuter utilement les motifs et, d'autre part, permettre au juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions contestées doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant d'adopter les décisions attaquées.

5. En dernier lieu, aux termes l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union () ". Si l'article 41 de la charte s'adresse non pas aux Etats membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union européenne, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

6. En l'espèce, M. A ne conteste pas avoir été entendu par la commission du titre de séjour préalablement à l'arrêté contesté. Dès lors qu'il a ainsi été mis en mesure de présenter les observations qu'il estimait utiles et pertinentes dans le cadre de sa demande de renouvellement de titre de séjour, et sans qu'importe la circonstance que le préfet du Nord n'ait pas mentionné ses observations dans l'arrêté contesté, ni qu'il l'ait questionné davantage sur ses futurs souhaits et la présence de certains membres de sa famille en France, le droit d'être entendu de M. A préalablement au prononcé des décisions contestées n'a pas été méconnu.

En ce qui concerne les autres moyens à l'encontre de la décision portant refus de séjour :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. "

8. Pour rejeter la demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " étudiant ", le préfet du Nord a mentionné dans l'arrêté contesté que M. A s'était " réorienté () et inscrit en première année de Master " Finance, Banque, Assurance " " au sein de l'institut Fac For Pro à Paris pour l'année universitaire 2020-2021, puis qu'il faisait valoir une " réorientation au titre de l'année universitaire 2021-2022 en première année de Master mention " Management et conseils en stratégie " " au sein de ce même institut. Or, le requérant justifie s'être en réalité réinscrit pour l'année universitaire 2021-2022 en première année de niveau master, dans un programme " Finance, Banque, Assurance " de l'institut d'enseignement supérieur privé hors contrat Fac For Pro, de sorte que le motif tiré de la réorientation récente de M. A est entaché d'une erreur de fait. Toutefois, le préfet du Nord s'est également fondé pour rejeter la demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " étudiant " sur l'existence de deux échecs consécutifs et sur l'absence de justification d'une progression effective dans les études dont le caractère réel et sérieux n'est pas établi.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. A, inscrit en master " tourisme, hôtellerie et restauration " de l'école supérieure d'hôtellerie de Lille au titre de l'année universitaire 2019-2020 ne justifie pas avoir effectivement suivi sa scolarité. S'il invoque le fait qu'il aurait présenté un accès de paludisme en novembre 2019, par la seule production d'une prescription médicale de l'hôpital Gakoma au Rwanda du 13 novembre 2019, il ne rapporte pas la preuve de la durée de cette crise, de sorte qu'il n'est pas établi qu'elle l'aurait empêché de suivre le premier semestre de cette année universitaire. S'agissant du second trimestre de l'année universitaire 2019-2020, en se bornant à se prévaloir de la crise sanitaire, M. A ne rapporte pas la preuve qu'il lui était impossible de suivre sa scolarité au titre de cette année. Si le requérant justifie ensuite, par la production d'une attestation du 12 novembre 2021, avoir suivi avec assiduité l'enseignement théorique correspondant au programme " Finance, Banque, Assurance " mentionné au point précédent au titre de l'année 2020-2021, il ne justifie ni des notes obtenues lors de ses examens, ni d'une recherche active du stage obligatoire en entreprise auquel il devait se soumettre. Enfin, pour l'année universitaire 2021-2022, il se borne à justifier de sa réinscription au programme " Finance, Banque, Assurance " dispensé par l'institut Fac For Pro sans justifier du caractère réel et sérieux de cette nouvelle année de formation. Par suite, il résulte de l'instruction que le préfet du Nord aurait pris la même décision s'il s'était fondé seulement sur les deux échecs consécutifs de M. A et sur l'absence de justification d'une progression effective dans les études menées par le requérant, qui ne justifie pas de leur caractère réel et sérieux. Le préfet du Nord était donc fondé à refuser à M. A le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ".

10. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. Il ressort des pièces du dossier que le préfet du Nord a examiné d'office si M. A pouvait prétendre à un titre de séjour sur le fondement notamment des stipulations citées au point précédent. Si l'arrêté contesté évoque la production de " bulletins de paie de septembre à novembre 2021 pour un poste de concepteur analyste réseau pour la société Orange ", avant de rappeler que le titre de séjour en qualité d'étudiant l'autorisait à travailler " à titre accessoiredans la limite de 60% de la durée de travail annuelle " et d'indiquer qu'il a acquis une expérience professionnelle en France qui lui permettrait de se réinsérer professionnellement dans son pays d'origine, le requérant justifie que les bulletins de paie établis par la société Orange pour un poste de concepteur analyste réseau concernent M. C E, qu'il présente comme un cousin lui apportant un soutien financier, et qu'il n'a pour sa part effectué que différentes missions de travail temporaire. Cette mention de la décision attaquée, certes erronée quant à l'identité du salarié, avait pour seul objet de restituer à l'expérience professionnelle du requérant son rattachement à une activité accessoire en tant qu'étudiant, ce que l'intéressé ne conteste pas. Dans ces conditions, le moyen tiré de cette erreur de fait qui n'a pas trait à un motif déterminant de la décision attaquée, est inopérant.

12. Surtout, le préfet du Nord s'est également fondé, pour refuser à M. A un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale, notamment sur le fait qu'il déclare être célibataire et sans charge de famille, sur le caractère très récent de son arrivée en France et sur le fait qu'il ne serait pas isolé en cas de retour dans son pays d'origine. S'il ressort des pièces du dossier que M. A a été scolarisé en France pour l'année universitaire 2015-2016, au cours d'un premier séjour sur le territoire national, il n'est pas justifié de la durée de ce premier séjour, le second séjour ayant quant à lui débuté récemment à la date de la décision attaquée. Si M. A se prévaut dans sa requête de la présence d'un oncle, qui l'héberge, et d'un cousin, qui lui apporterait un soutien financier, il ressort des pièces du dossier qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales au Rwanda où vivent sa mère, un frère et une sœur, et où il a passé la plus grande partie de sa vie. Par ailleurs, s'il travaille de façon ponctuelle mais régulière, il ne justifie pas d'une insertion professionnelle, ni même sociale, en France. Dans ces circonstances, le préfet du Nord n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en refusant à M. A un titre de séjour.

13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision refusant un titre de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne les autres moyens à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision attaquée portant refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

15. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 12.

16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne les autres moyens à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire :

17. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire doivent être rejetées.

En ce qui concerne les autres moyens à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :

19. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la partie requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

20. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 12.

21. En dernier lieu, l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

22. En l'espèce, le requérant, qui se prévaut de son intégration en France, n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il se trouverait, en cas de retour au Rwanda, où il s'est au demeurant spontanément rendu en 2019, exposé à des traitements prohibés par les stipulations citées ci-dessus de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige aurait été prise en méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

24. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 mars 2022 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par conséquent, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Cardon et au préfet du Nord.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 5 juillet 2023, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Bruneau, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2023.

Le rapporteur,

signé

V. FOUGERES

Le président,

signé

J.-M. RIOU La greffière,

signé

I. BAUDRY

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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