LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2300816

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2300816

lundi 13 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2300816
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantIDZIEJCZAK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 janvier 2023 et le 6 février 2023, M. D B demande au tribunal, en l'état de ses dernières écritures :

1°) d'annuler les décisions du 26 janvier 2023 par lesquelles le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, lui a interdit le retour sur le territoire français avant l'expiration du délai de trois ans et a procédé à son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de procéder à un nouvel examen de sa situation.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- son droit à être entendu préalablement à l'édiction de la décision attaquée n'a pas été respecté ;

- elle méconnaît dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est parent d'un enfant français et réside en France depuis 2004 ;

- elle est entachée d'une erreur de fait quant à l'appréciation portée sur sa domiciliation au regard de la localisation de la tombe de son enfant ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

- cette décision a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation et est entachée d'une erreur de fait quant à la localisation de la sépulture de son enfant ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision de fixation du pays de destination :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation et est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire et de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des circonstances humanitaires.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2023 le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Borget, magistrat désigné ;

- les observations de Me Idziejczak, avocat, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'il développe ;

- le préfet du Finistère n'étant ni présent ni représenté ;

- les observations orales de M. B, assisté de Mme F, interprète assermentée en langue géorgienne, qui répond aux questions posées par le tribunal dans le cadre de l'instruction, indique faire l'objet d'un suivi médical pour des problèmes cardiaques pour lesquels des examens sont en cours et remet des pièces relatives à ce suivi.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

1. M. B, ressortissant géorgien né le 12 mai 1980, déclare être entré en France en 2004. Il ressort de l'arrêté attaqué qu'après avoir vu sa demande d'asile définitivement rejetée par décision de la cour nationale du droit d'asile du 27 mars 2007, il a bénéficié de plusieurs titres de séjours entre 2009 et le 13 avril 2016, date à laquelle la validité de son dernier récépissé de demande de carte de séjour a expiré. Par arrêté du 26 janvier 2023, le préfet du Finistère l'a obligé de quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il possède la nationalité ou à destination d'un autre pays où il serait légalement admissible, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et a procédé à son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Par sa requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la compétence de l'auteur de l'arrêté :

2. Par un arrêté du 12 octobre 2022, régulièrement publié, le préfet du Finistère a donné délégation de signature à Mme C E, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration de la préfecture du Finistère, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Ainsi, le moyen d'incompétence du signataire des décisions litigieuses manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Enfin, aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".

4. Le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

5. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal de son audition à laquelle ont procédé les services de police le 23 janvier 2023, aux fins de vérification de son droit de circulation ou de séjour sur le territoire français que le requérant a été informé qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et qu'en réponse, il a notamment indiqué qu'il n'avait plus de famille en Géorgie et qu'il souhaitait rester en France où vit son fils. Il a ainsi été mis à même de formuler des observations avant l'intervention de la décision litigieuse. Au demeurant, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait disposé d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il n'aurait pu utilement porter à la connaissance de l'administration et qui auraient été de nature à faire obstacle à la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet. Dans ces conditions, le moyen tiré par M. B de la violation du droit d'être entendu qu'il tient du principe général du droit de l'Union énoncé à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.

6. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait de l'espèce, énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle vise notamment les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et décrit les conditions d'entrée et de séjour de l'intéressé sur le territoire français, en rappelant, contrairement à ce qui est soutenu, qu'il a bénéficié de titres de séjour réguliers à certaines périodes. Les mentions qu'elles comportent sont ainsi de nature à mettre en mesure le requérant d'en discuter utilement les motifs et le juge d'exercer son contrôle sur les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

7. En troisième lieu, la circonstance selon laquelle le préfet a relevé que l'intéressé, qui ne fournit en tout état de cause aucun justificatif actualisé quant à sa prétendue domiciliation actuelle à Saint-Brieuc, ne justifiait pas des raisons pour lesquelles il n'était pas hébergé à proximité de la tombe de son fils né en 2008 et décédé en 2010 alors qu'il était accueilli au sein de la communauté Emmaüs à Saint-Brieuc, est sans incidence sur la régularité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n'est pas fondée sur un tel motif. Par suite, ce moyen doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () " et aux termes de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " ; () / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ".

9. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. B affirme être arrivé en France en 2004, année au cours de laquelle il a été incarcéré pour diverses infractions dont des faits de vols aggravés et des faits de port d'arme prohibée. En outre, il a été condamné à six reprises entre le 26 février 2007 et le 11 février 2008 pour diverses infractions à la législation sur les étrangers, le tribunal correctionnel prononçant notamment à son encontre le 17 septembre 2007 une interdiction du territoire français pendant trois ans. S'il est indiqué dans la décision attaquée qu'il s'est ensuite vu délivrer divers titres de séjour, il est constant que le dernier titre dont M. B a bénéficié a expiré en avril 2016 de sorte que l'intéressé ne justifie pas d'une présence régulière sur le territoire français depuis cette date, sans que l'affirmation du préfet selon laquelle l'intéressé a été placé sous surveillance électronique du 26 juillet 2013 au 26 mai 2014 ne soit de nature à remettre en cause l'irrégularité de sa présence sur le territoire depuis 2016. Par ailleurs, s'il n'est pas contesté que l'intéressé est père d'un enfant né en 2008 et décédé en 2010, dont la sépulture se situe sur le territoire de la commune de Saint-Brieuc, ainsi que d'un enfant né en France en 2018, il ressort également des pièces du dossier que M. B a été incarcéré du 22 février 2022 au 27 janvier 2023 suite à sa condamnation à une peine de 18 mois d'emprisonnement prononcée par ordonnance d'homologation du président du tribunal judiciaire de Saint-Brieuc pour des faits de vol avec violence n'ayant entraîné aucune incapacité totale de travail en récidive, vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt en récidive et violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours et qu'il se dit domicilié place des droits de l'homme à Saint-Brieuc sans justifier de la réalité de son logement. Or, si le requérant soutient qu'il a maintenu des liens avec son fils né en 2018, avant son incarcération en le voyant une semaine sur deux, et durant celle-ci notamment à travers des entrevues visiophoniques, il ne produit aucun élément justifiant de ses affirmations ni même de l'existence de simple contacts avec son fils depuis sa naissance. Il n'établit pas davantage contribuer effectivement à son éducation ou à son entretien depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans, au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour de étrangers et du droit d'asile. D'autre part, et au regard de ce qui a été dit au point 7, la circonstance selon laquelle le préfet a mentionné que M. B ne justifiait pas des raisons pour lesquelles il n'était pas hébergé à proximité de la tombe de son fils né en 2008 et décédé en 2010 alors qu'il était accueilli en 2021 au sein de la communauté Emmaüs à Saint-Brieuc, est sans incidence sur l'application des dispositions rappelées au point précédent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

10. En dernier lieu, et eu égard notamment aux éléments rappelés au point 9, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni des éléments produits par l'intéressé relatifs aux difficultés de santé qu'il rencontre, dont il n'est ni établi qu'ils feraient obstacle à son éloignement ni soutenu qu'ils ne pourraient donner lieu à une prise en charge dans son pays d'origine, que le préfet du Finistère aurait entaché la décision attaquée d'un défaut d'examen particulier de la situation de M. B ou d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision de refus de délai de départ volontaire :

12. En premier lieu, la décision attaquée énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle vise notamment les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est fondée sur des éléments relatifs à la situation actuelle de l'intéressé et non, contrairement à ce qui est soutenu, sur sa domiciliation au regard de la localisation de la sépulture de son fils décédé en 2010, ou sur l'affirmation erronée selon laquelle le préfet aurait retenu qu'il n'avait " jamais eu de titre de séjour ". Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée ainsi que celui tenant à l'existence d'une erreur de fait doivent être écartés.

13. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

14. En dernier lieu, et au regard des éléments exposés aux points 9 et 10, les moyens tirés d'un défaut d'examen sérieux de la situation de M. B et de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation doivent être écartés.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du préfet du Finistère de ne pas lui accorder de délai de départ volontaire doivent être rejetées.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

16. En premier lieu, la décision attaquée énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle vise notamment les articles L. 611-1 à L.613-8 et L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, le préfet relève que l'intéressé ne justifie pas que son état de santé ne peut pas lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine ni qu'il ne pourrait pas y suivre le même traitement médical. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée, au demeurant non assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.

17. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

18. En dernier lieu, et au regard des éléments exposés aux points 7, 9 et 10, les moyens tirés d'un défaut d'examen sérieux de la situation de M. B et de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation doivent être écartés.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du préfet du Finistère fixant le pays de destination doivent être rejetées.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

20. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

21. Le préfet du Finistère relève notamment dans la décision attaquée, après avoir visé les articles rappelés au point précédent, que M. B ne justifie pas de la date de son entrée en France, qu'il a fait l'objet de nombreuses interpellation, qu'il a précédemment été condamné à une interdiction du territoire français de trois ans mais s'est maintenu sur le territoire et y a commis de nouveaux actes délictueux, qu'il n'établit pas l'intensité des liens qu'il entretient avec son fils, qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. La décision attaquée énonce ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et indique, après qu'ait été exposée la situation familiale de l'intéressé, que celui-ci ne justifie pas de circonstances humanitaires permettant d'écarter l'interdiction de retour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

22. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, doit être écarté.

23. En dernier lieu, au regard des éléments exposés aux points 7, 9 et 10, et sans que la douleur de l'intéressé résultant du décès de son fils en 2010 ne soit contestée, les moyens tirés d'un défaut d'examen sérieux de la situation de M. B et de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ou quant à l'existence de circonstances humanitaires doivent être écartés.

24. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du préfet du Finistère lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans doivent être rejetées.

En ce qui concerne le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

25. Aux termes du III de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. " En vertu de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de l'article 4 du décret n° 2011-820 du 8 juillet 2011, les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour prise en application des articles L. 612-6 à L. 612-11 du même code sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription au fichier des personnes recherchées.

26. Il résulte des dispositions précitées que, lorsqu'elle prend à l'égard d'un étranger, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative informe l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d'interdiction de retour et n'est, dès lors, par elle-même, pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Les conclusions présentées par M. B et tendant à l'annulation des effets juridiques de l'interdiction de retour sur le territoire français, dont le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, ne peuvent donc qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

27. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet du Finistère.

Lu en audience publique le 13 février 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

J. ALa greffière,

Signé

N. CARPENTIER

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions