vendredi 17 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2301464 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | HOUINDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2023, Mme A B, représentée par Me Houindo, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
- de lui remettre, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, un récépissé de demande de carte de séjour mention " étudiant ", sous astreinte de 150 jours de retard ;
- de lui délivrer le titre de séjour demandé dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 jours de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est placée dans une situation d'extrême précarité administrative, étant désormais en situation irrégulière sur le territoire français, et financière, et ne peut poursuivre son contrat de professionnalisation ;
- la décision de ne pas lui délivrer un récépissé porte atteinte à sa liberté d'aller et venir et méconnaît les dispositions de l'article R. 431-12 du code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision de ne pas renouveler sa carte de séjour temporaire mention " étudiant " méconnaît les dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 16 février 2023, le préfet du Nord conclu au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- Mme B ayant déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 21 septembre 2022 au moyen du téléservice ANEF, une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 17 février 2023 lui a été délivrée en lieu et place de l'ancien récépissé, conformément aux dispositions de l'article L. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'instruction de la demande de titre de séjour est toujours en cours, Mme B n'ayant pas déposé sur l'ANEF la copie de son autorisation de travail en dépit de la demande qui lui a été faite le 19 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 15 février 2023 à 10 heures, ont été entendus :
- le rapport de M. Hervouet, juge des référés ;
- les observations de Me Houindo, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et en outre précise que :
- les dispositions de l'article R. 431-12 prévoient la délivrance d'un récépissé, et pas d'une attestation de prolongation d'instruction ;
- contrairement à ce que soutient le préfet, Mme B a complété son dossier en déposant l'autorisation de travail ;
- Mme B sera sans titre de séjour à partir du 18 janvier 2023.
Le préfet du Nord n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante tunisienne née le 20 novembre 1998, s'est vue délivrer en dernier lieu une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " et l'autorisant à travailler, valable jusqu'au 22 novembre 2022. Elle en a demandé le renouvellement le 21 septembre 2022 et a obtenu une attestation de prolongation d'instruction valable du 18 novembre 2022 au 17 février 2023. Mme B demande au juge des référés, à titre principal, d'enjoindre au préfet du Nord, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'une part, de lui remettre, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, un récépissé de demande de carte de séjour mention " étudiant ", sous astreinte de 150 jours de retard, et, d'autre part, de lui délivrer le titre de séjour demandé dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 jours de retard.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre provisoirement Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
En ce qui concerne la délivrance d'un titre de séjour :
4. L'injonction de délivrer à Mme B une carte de séjour temporaire aurait les mêmes effets que la mesure d'exécution que le préfet serait tenu de prendre en cas d'annulation pour excès de pouvoir du retrait illégal de cette décision. Par suite, il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code, de prononcer une telle injonction.
En ce qui concerne délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour :
5. Il résulte des dispositions combinées des articles R. 431-2 et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice administration numérique des étrangers en France (ANEF) donne lieu à la délivrance immédiate non pas d'un récépissé, mais d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Lorsque l'instruction d'une demande complète se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois, période à l'issue de laquelle l'attestation est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande.
6. En premier lieu, Mme B a demandé le renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " au moyen du téléservice ANEF et s'est vue délivrer une attestation de prolongation d'instruction valable du 18 novembre 2022 au 17 février 2023. Par suite, elle ne peut utilement soutenir qu'elle n'a pas été mise en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour et n'est pas fondée à en demander la délivrance.
7. En second lieu, il est constant que par le moyen du téléservice ANEF, le service compétent a réclamé le 20 décembre 2022 à Mme B, dans le cadre de l'instruction de la demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire, la production de la copie de son autorisation de travail. Si Mme B soutient avoir déposé le document le 18 janvier 2023, elle établit seulement avoir produit un complément de dossier, mais ne démontre pas que les documents déposés comportent bien l'autorisation de travail attendue par le service. Au surplus, elle n'a pas répondu à la nouvelle invitation à compléter son dossier qui lui a été adressée via le téléservice le 19 janvier 2023, dont elle a pris connaissance le jour même, et à laquelle elle peut encore donner suite en transmettant le document produit à l'instance.
8. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet n'a, à ce jour et en l'état de l'instruction, porté aucune atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir de la requérante. Il s'ensuit que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris en ce qu'elle comporte une demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au préfet du Nord et à Me Ghyslain Houindo.
Fait à Lille, le 17 février 2023.
Le président du tribunal,
juge des référés,
Signé
C. HERVOUET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026