vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2301705 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BALAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 février 2023, M. et Mme G et
C B, M. E A et M. et Mme D, représentés par la SCP Gros, Hicter, d'Halluin et associés, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté par lequel le maire de la commune de Lambersart a délivré le 1er septembre 2022 à la société anonyme Habitat du Nord un permis de construire
11 logements adaptés aux gens du voyage sur un terrain sis allée des Ormes, parcelles section cadastrée AI264p, AI243p, AI262p, ensemble la décision du 22 décembre 2022 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lambersart et la société anonyme Habitat du Nord la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnaît les dispositions de la section II du chapitre 4.1 du livre III du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la métropole européenne de Lille (MEL) applicables en zone UVC4.1 dès lors que l'espace entre deux constructions non contigües est inférieur à 4 mètres ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2 de la section 1 du chapitre 4 du titre 3 du livre IV du règlement du PLUi de la MEL applicables en zone urbaine dédiée aux zones de parcs urbains - UP dès lors que la réalisation d'une noue de tamponnement pour la gestion des eaux fluviales et la création d'une voirie interne ne font pas partie des travaux autorisés en zone UP ;
- il méconnaît les dispositions du A du paragraphe II de la section 1 du titre 3 du livre I " Dispositions générales applicables à toutes les zones " du règlement du PLUi de la MEL dès lors que les voies de circulation interne au projet présentent une emprise globale inférieure à 8 mètres et que le projet prévoit, sans qu'il soit justifié d'une impossibilité technique de l'éviter, ni d'un contexte local et urbain particulier, la création d'impasses qui ne comportent pas, en leur partie terminale, de perméabilité modes doux ni d'emprise permettant la réalisation ultérieure d'une telle perméabilité.
Par des mémoires enregistrés les 16 mars et 28 avril 2023, la commune de Lambersart et la société anonyme Habitat du Nord, représentées par la SARL Edifices Avocats, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 5000 euros soit mise à la charge des requérants, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- M. A et M. et Mme D ne sont pas recevables à présenter leur requête, dès lors qu'ils n'établissent pas le caractère régulier de l'occupation de leur bien, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 7 novembre 2023, M. A et M. et Mme D déclarent se désister purement et simplement de leur requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grard,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- les observations de Me Dubois-Cathy, représentant M. et Mme B, M. A et M. et Mme D ;
- et les observations de Me Hermary, représentant la commune de Lambersart et la société anonyme Habitat du Nord.
Considérant ce qui suit :
1. Par leur requête, M. et Mme B, M. A et M. et Mme D demandent au tribunal d'annuler l'arrêté par lequel le maire de la commune de Lambersart a délivré le
1er septembre 2022 à la société anonyme Habitat du Nord un permis de construire 11 logements adaptés aux gens du voyage sur un terrain sis allée des Ormes, parcelles section cadastrée AI264p, AI243p, AI262p, ensemble la décision du 22 décembre 2022 rejetant leur recours gracieux formé le 27 octobre 2022.
Sur le désistement partiel :
2. Le désistement de M. A et de M. et Mme D est pur et simple.
Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la recevabilité :
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. En l'espèce, la commune de Lambersart et la société Habitat du Nord font valoir que les requérants ne disposent pas d'un intérêt à agir suffisant pour demander l'annulation du permis de construire litigieux qui a trait à la construction de onze logements individuels de plain-pied, d'une hauteur maximale de 3,42 mètres. Compte tenu de ce qui a été dit au point 2 du présent jugement, le bien-fondé d'une telle fin de non-recevoir ne doit être appréciée qu'au regard de l'intérêt à agir des seuls époux B. Il ressort des pièces du dossier que la propriété de ces derniers est située, au plus près, à 130 mètres du projet. Elle est notamment séparée du terrain d'assiette de celui-ci par une parcelle plantée d'arbres de haute tige et un cimetière paysager. Dans ces conditions, M. et Mme B ne peuvent être qualifiés de voisins immédiats du projet. Pour justifier de leur intérêt leur donnant qualité pour agir, les intéressés soutiennent qu'ils subiront des nuisances visuelles, sonores et que le projet générera un conflit d'usage concernant l'allée des Ormes, qui dessert les futures constructions et leur propriété. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que, compte tenu de la configuration des lieux et alors que leur parcelle est ceinte d'arbres, le projet sera visible depuis leur propriété. Par ailleurs, si l'allée des Ormes desservira le projet contesté, il ressort toutefois des pièces du dossier et notamment d'un plan non contesté produit par le pétitionnaire et la commune que cette desserte est assurée par la branche est de l'allée tout comme celle du cimetière paysager situé entre le projet contesté et la propriété des requérants, quand celle-ci est desservie par la branche ouest de cette voie, cette dernière n'étant au surplus longue que de quelques dizaines de mètres avant l'embranchement séparant ces deux branches. Dans ces conditions et eu égard en outre à la taille modeste du projet qui ne saurait avoir pour effet de générer un important trafic, il n'apparaît pas qu'il est susceptible de donner lieu à des nuisances sonores ou à un conflit d'usage de la voie. Compte tenu notamment de ce qui précède, M. et Mme B ne sont pas non plus fondés à se prévaloir d'une perte de la valeur vénale de leur bien consécutive aux préjudices invoqués. Par suite, M. et Mme B ne justifient pas d'un intérêt à agir suffisant pour demander l'annulation de l'arrêté par lequel le maire de la commune de Lambersart a délivré le 1er septembre 2022 à la société anonyme Habitat du Nord un permis de construire 11 logements adaptés aux gens du voyage sur un terrain sis allée des Ormes, parcelles section cadastrée AI264p, AI243p, AI262p. Dans ces conditions, leur requête est irrecevable et la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Lambersart et la société Habitat Nord doit être accueillie.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. et Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté par lequel le maire de la commune de Lambersart a délivré le 1er septembre 2022 à la société anonyme Habitat du Nord un permis de construire ainsi qu'à celle de la décision du 22 décembre 2022 rejetant leur recours gracieux doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidairement de M. et Mme B, de M. A et de M. et Mme D une somme globale de 1 500 euros à verser à la commune de Lambersart et la société anonyme Habitat du Nord.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de M. A et de M. et Mme D.
Article 2 : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 3 : M. et Mme B, M. A et M. et Mme D verseront solidairement à la commune de Lambersart et à la société anonyme Habitat du Nord une somme globale de
1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme G et C B, à M. E A, à M. et Mme D, à la commune de Lambersart et à la société anonyme Habitat du Nord.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
E. GRARDLe président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. F
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026