lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2301740 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CARDON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 février 2023, M. A C, représenté par Me Cardon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2023 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2023 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un certificat de résidence algérien dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement, et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen (SIS) et au fichier des personnes recherchées ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu tel qu'il est reconnu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnaît les stipulations du 4 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ainsi que les stipulations de l'article 7 bis de cet accord ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu tel qu'il est reconnu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations du 4 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ainsi que les stipulations de l'article 7 bis de cet accord ;
- elle méconnaît les dispositions du 5 de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu tel qu'il est reconnu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations du 4 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ainsi que les stipulations de l'article 7 bis de cet accord ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu tel qu'il est reconnu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnaît les stipulations du 4 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ainsi que les stipulations de l'article 7 bis de cet accord ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu tel qu'il est reconnu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations du 4 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ainsi que les stipulations de l'article 7 bis de cet accord ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu tel qu'il est reconnu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations du 4 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ainsi que les stipulations de l'article 7 bis de cet accord ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 100-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne relatif aux conditions de circulation, d'emploi et de séjour des ressortissants algériens et de leurs familles modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D en application de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Varenne, magistrate désignée,
- les observations de Me Cardon, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; il précise, s'agissant du moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, reprendre au soutien de ce moyen tous les moyens soulevés dans sa requête à l'encontre de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- les observations de Me Ioannidou, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- les observations de M. C qui répond aux questions posées par le tribunal.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 4 octobre 1990 à Mohammadia (Algérie), est entré pour la dernière fois en France le 2 décembre 2017 muni de son passeport revêtu d'un visa de court-séjour délivré par les autorités françaises à Oran le 4 octobre 2017 et valable du 15 octobre 2017 au 14 janvier 2018. Après avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 26 mars 2018, il s'est vu délivrer, le 3 août 2020, un certificat de résidence algérien d'un an en qualité de parent d'un enfant français valable du 20 mai 2020 au 19 mai 2021. Il a sollicité, le 23 juillet 2021, le renouvellement de ce titre impliquant la délivrance d'un certificat de résidence de dix années. Par un arrêté du 24 janvier 2023, le préfet du Nord lui a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d'une année. Par un arrêté du 22 février 2023, le préfet du Nord a assorti ce premier arrêté d'une assignation à résidence pendant une durée de 45 jours. M. C demande l'annulation des arrêtés du préfet du Nord des 24 janvier et 22 février 2023.
Sur l'étendue du litige :
2. Il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif, dans le cadre du présent litige, de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et portant assignation à résidence, ainsi que sur les conclusions accessoires dont elles sont assorties. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'une décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour. Dès lors, il y a lieu de renvoyer les conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 janvier 2023 par laquelle le préfet du Nord a refusé de délivrer à M. C un titre de séjour à une formation collégiale du présent tribunal, seule compétente pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
S'agissant de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
3. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de délivrer à M. C un titre de séjour énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et droit sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation cette décision doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la vie privée et familiale de M. C, n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de l'intéressé doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Enfin, aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.
6. Toutefois, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu, qui se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser, à l'administration, les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré ou renouvelé un titre de séjour et à produire tous les éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est également loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir, auprès de l'administration, toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination qui sont prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.
7. En l'espèce, M. C a pu présenter toutes observations utiles pendant l'instruction de sa demande de titre de séjour et a en outre été entendu par la commission du titre de séjour le 8 septembre 2022. Contrairement à ce qu'il soutient, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord n'aurait pas tenu compte de ses déclarations devant cette commission. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision refusant à M. C un titre de séjour aurait méconnu son droit d'être entendu doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 4) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d'ascendant direct d'un enfant français résulte d'une reconnaissance de l'enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d'un an n'est délivré au ressortissant algérien que s'il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an ; () " et aux termes de l'article 7 bis de ce même accord : " " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit / () / g) Au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français résidant en France, à la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins, à l'échéance de son certificat de résidence d'un an ; () ". Ces stipulations ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.
9. Il ressort des pièces du dossier que M. C est le père d'une première fille de nationalité française née le 9 janvier 2019 à Lille et issue de son union avec Mme B le 17 octobre 2013 à Sequedin (59). Il est constant que, par un jugement du 14 mars 2022, le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Lille a prononcé le divorce du requérant et de son épouse et a confié à cette dernière l'exercice exclusif de l'autorité parentale à l'égard de leur enfant. Si l'intéressé démontre avoir fait appel de cette décision, il n'en demeure pas moins qu'à la date de la décision attaquée il n'exerçait pas l'autorité parentale, même partiellement, à l'égard de son premier enfant. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier que M. C entretiendrait des liens quelconques avec sa fille aînée ni qu'il subviendrait à ses besoins. Le requérant est également le père d'une seconde fille de nationalité française, née le 12 août 2021 de sa relation avec Mme E. Il n'est pas contesté qu'il détient l'autorité parentale conjointe sur cet enfant et qu'il pourrait, de ce seul fait et dès lors que la condition tenant à l'exercice de l'autorité parentale prévue par les stipulations précitées de l'article 6 de l'accord franco-algérien n'est pas subordonnée à la vérification de l'effectivité de l'exercice de cette autorité, se voir délivrer un certificat de résidence algérien en qualité de parent d'enfant français. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. C est très défavorablement connu des services de police et a été condamné à plusieurs reprises par les juridictions françaises. Il a ainsi fait l'objet d'une première condamnation le 22 mars 2013 à 18 mois d'emprisonnement dont six avec sursis pour des faits d'extorsion et de vol aggravé. Il a ensuite été condamné le 28 août 2019 par le tribunal judiciaire de Lille à une amende délictuelle de 300 euros pour circulation sans assurance puis le 26 mai 2020, par le même tribunal, à une peine de deux mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant 18 mois pour vol et le 28 septembre 2020 à une peine de huit mois d'emprisonnement dont quatre avec sursis par le tribunal correctionnel de Dunkerque pour vol aggravé. Il a enfin été condamné le 5 novembre 2021 par le tribunal correctionnel de Lille à huit mois d'emprisonnement dont quatre avec sursis probatoire pendant deux ans pour des faits de violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, en présence d'un mineur, par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Il a été incarcéré, pour ces derniers faits, du 23 septembre au 16 décembre 2021 et il lui a également été interdit d'entrer en relation avec Mme E jusqu'à la mainlevée partielle de cette interdiction par le juge d'application des peines le 22 novembre 2022. M. C fait en outre l'objet de plusieurs mentions dans le fichier de traitement d'antécédents judiciaires (TAJ) en qualité d'auteur pour, notamment, des faits vol, recel de bien provenant d'un vol, offre ou cession non autorisée de stupéfiantes. Eu égard à l'ensemble de ces éléments et en particulier au caractère récent et répété des infractions commises par le requérant, le préfet a pu, sans méconnaître les stipulations précitées de l'accord franco-algérien, refuser de délivrer à l'intéressé un certificat de résidence en qualité de parent d'enfant français au motif que son comportement représentait une menace à l'ordre public.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. Il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté, qu'après avoir été éloigné du territoire français le 16 novembre 2013 à destination de l'Algérie, M. C est revenu en France régulièrement le 2 décembre 2017 où il résidait ainsi depuis plus de cinq ans à la date de la décision attaquée. S'il se prévaut de la présence de ses deux filles françaises sur le territoire français, il résulte de ce qui a été énoncé au point 9 qu'il n'entretient aucun lien avec sa première fille sur laquelle il ne disposait d'ailleurs pas, à la date de la décision en cause, de l'autorité parentale. S'il est en revanche titulaire de l'autorité parentale à l'égard de sa fille cadette, née en octobre 2021, il est constant qu'il n'a pu être à ses côtés durant ses premiers mois de vie dès lors qu'il a été incarcéré du 23 septembre au 16 décembre 2021 et, surtout, qu'il a fait l'objet d'une décision d'interdiction de s'approcher de la mère de l'enfant dont la mainlevée partielle n'a été ordonnée que le 22 novembre 2022. S'il soutient qu'en dépit de cette interdiction il a noué des liens avec sa fille avant le mois de novembre 2022, il ne l'établit pas. Il ne démontre pas davantage, par la production d'une attestation de Mme E, de quelques photographies, du compte rendu de l'hospitalisation de sa fille à la clinique pédiatrique Saint-Antoine du 9 au 16 décembre 2022 mentionnant que cette dernière " voit souvent son papa " et de la preuve de deux virements en date des 12 octobre 2022 et 16 janvier 2023 d'un montant de 60 euros à destination d'un compte dont le bénéficiaire ne peut pas être identifié qu'il aurait, depuis cette date, contribué de manière significative à l'entretien et à l'éducation de son enfant. En outre, si M. C fait valoir son insertion professionnelle dans la société française, il a seulement travaillé comme intérimaire pour la société Janus du 11 juillet 2018 au 7 novembre 2019 et il ne démontre pas que la société qu'il a créée en qualité d'entrepreneur individuel le 8 septembre 2022 lui procurerait des revenus quelconques. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été énoncé au point 9 que le comportement de M. C représente une menace pour l'ordre public. Enfin, l'intéressé n'établit pas, ni même n'allègue, qu'il serait isolé dans son pays d'origine et ne pourrait s'y réinsérer socialement et professionnellement. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
12. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
13. Eu égard à la teneur des relations de M. C avec ses deux filles telle qu'elle a été exposée au point 11, le moyen tiré de la violation des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
14. Il résulte de ce qui a été énoncé aux points 3 à 13 que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision du 24 janvier 2023 par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
S'agissant des autres moyens soulevés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. En premier lieu, la décision attaquée énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et droit sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation cette décision doit être écarté.
16. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la vie privée et familiale de M. C, n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de l'intéressé doit être écarté.
17. En troisième lieu, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, du fait même de l'accomplissement de cette démarche, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A cette occasion, il est appelé à préciser les motifs qui, selon lui, sont susceptibles de justifier que lui soit accordé un droit au séjour en France et qui feraient donc obstacle à ce qu'il soit tenu de quitter le territoire français, ainsi qu'à fournir tous les éléments venant à l'appui de sa demande. Dans ces conditions, dès lors que M. C ne pouvait ignorer qu'en cas de refus de sa demande de titre de séjour il pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement et qu'il n'est pas contesté qu'il a pu présenter toute observation utile sur la perspective de son éloignement dans le cadre de l'instruction de sa demande de titre de séjour, notamment à l'occasion de la réunion de la commission du titre de séjour qui l'a entendu le 8 septembre 2022, le moyen tiré de la violation du droit de M. C d'être entendu, tel qu'il est reconnu, notamment, par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.
18. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / ( ) / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; () ".
19. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été exposé au point 9 et 11 du présent jugement, que M. C n'entretient aucun lien avec sa première fille à l'entretien et à l'éducation de laquelle il ne contribue pas. Il n'est par ailleurs pas établi, ainsi que cela a été exposé précédemment, qu'il contribuerait à l'entretien et à l'éducation de sa seconde fille, née en octobre 2021, depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
20. En cinquième lieu, indépendamment de l'énumération donnée par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement obliger un ressortissant étranger à quitter le territoire français que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
21. Ainsi qu'il a été exposé au point 9, M. C ne peut prétendre à la délivrance de plein droit d'un certificat algérien de dix ans en qualité de parent d'un enfant français. Le moyen tiré de la violation des stipulations précitées du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et de celles de l'article 7 bis du même accord doit, par suite, être écarté.
22. En sixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
23. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, le moyen tiré de la violation des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
24. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 janvier 2023 par laquelle le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
25. En premier lieu, la décision attaquée énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et droit sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation cette décision doit être écarté.
26. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la vie privée et familiale de M. C, n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de l'intéressé doit être écarté.
27. En troisième lieu, dès lors que M. C a été mis à même de présenter toute observation utile sur sa situation personnelle dans le cadre de l'examen de sa demande de titre de séjour, le moyen tiré de la violation du droit de l'intéressé d'être entendu, tel qu'il est reconnu, notamment, par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.
28. En quatrième lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
29. En cinquième lieu, le moyen tiré de la violation des stipulations précitées du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et de celles de l'article 7 bis du même accord est inopérant à l'encontre d'une décision portant refus de délai de départ volontaire et ne peut, par suite, qu'être écarté.
30. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :
1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
31. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que, pour refuser à M. C l'octroi d'un délai de départ volontaire, l'autorité préfectorale s'est fondée sur un unique motif tiré de la menace à l'ordre public que représente le comportement du requérant. Il résulte de ce qui a été énoncé au point 9 que le préfet n'a commis aucune erreur d'appréciation en estimant que le comportement de l'intéressé était constitutif d'une telle menace et en refusant de lui accorder, pour ce motif, un délai de départ volontaire. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, par suite, être écarté.
32. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
33. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, le moyen tiré de la violation des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
34. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 janvier 2023 par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
35. En premier lieu, la décision attaquée énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et droit sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation cette décision doit être écarté.
36. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la vie privée et familiale de M. C, n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de l'intéressé doit être écarté.
37. En troisième lieu, dès lors que M. C a été mis à même de présenter toute observation utile sur sa situation personnelle dans le cadre de l'examen de sa demande de titre de séjour, le moyen tiré de la violation du droit de l'intéressé d'être entendu, tel qu'il est reconnu, notamment, par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.
38. En quatrième lieu, le moyen tiré de la violation des stipulations précitées du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et de celles de l'article 7 bis du même accord est inopérant à l'encontre de la décision fixant le pays à destination duquel M. C doit être renvoyé et ne peut, par suite, qu'être écarté.
39. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
40. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, le moyen tiré de la violation des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
41. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 janvier 2023 par laquelle le préfet du Nord a fixé son pays de destination.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
42. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
43. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Toutefois, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
44. La décision par laquelle le préfet du Nord a fait interdiction à M. C de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an vise les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et atteste de ce que l'ensemble des critères énoncés par ce dernier article a été pris en compte. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
45. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la vie privée et familiale de M. C, n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de l'intéressé doit être écarté.
46. En troisième lieu, dès lors que M. C a été mis à même de présenter toute observation utile sur sa situation personnelle dans le cadre de l'examen de sa demande de titre de séjour, le moyen tiré de la violation du droit de l'intéressé d'être entendu, tel qu'il est reconnu, notamment, par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.
47. En quatrième lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
48. En cinquième lieu, le moyen tiré de la violation des stipulations précitées du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et de celles de l'article 7 bis du même accord est inopérant à l'encontre de la décision faisant interdiction à M. C de revenir sur le territoire français et ne peut, par suite, qu'être écarté.
49. En sixième lieu, compte tenu de la situation personnelle de M. C telle qu'elle a été exposée aux points 9 et 11 et eu égard, en particulier, à la menace pour l'ordre public que représente son comportement, le préfet du Nord n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en interdisant à l'intéressé de revenir sur le territoire français pour une durée d'une année.
50. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
51. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, le moyen tiré de la violation des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
52. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 janvier 2023 par laquelle le préfet du Nord lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
53. En premier lieu, la décision attaquée énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et droit sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation cette décision doit être écarté.
54. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la vie privée et familiale de M. C, n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de l'intéressé doit être écarté.
55. En troisième lieu, le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
56. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ait été informé, préalablement à l'édiction de la décision attaquée, de ce qu'il pouvait être assigné à résidence. Toutefois, l'intéressé n'établit pas, ni même n'allègue, qu'il aurait à faire valoir des éléments pertinents qui auraient pu influencer le sens de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit de M. C d'être entendu doit être écarté.
57. En quatrième lieu, le moyen tiré de la violation des stipulations précitées du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et de celles de l'article 7 bis du même accord est inopérant à l'encontre de la décision assignant à résidence M. C et ne peut, par suite, qu'être écarté.
58. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
59. En l'espèce, M. C est assigné à résidence à son domicile, à Lille, et astreint à se présenter chaque lundi, mercredi et vendredi au commissariat de Lille. Compte tenu de la situation professionnelle et familiale de l'intéressé telle qu'elle a été rappelée notamment au point 11 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
60. En sixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
61. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, le moyen tiré de la violation des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
62. En huitième lieu, M. C ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui sont applicables aux procédures contentieuses suivies devant les juridictions lorsqu'elles statuent sur des droits ou obligations de caractère civil ou sur des accusations en matière pénale mais non sur des mesures de police administrative. Par ailleurs, si les stipulations de l'article 13 de cette même convention dispose que " toute personne dont les droits et libertés sont reconnus dans la présente convention a droit à un recours effectif devant une instance nationale " et à supposer que l'intéressé ait entendu soulever un moyen tiré de leur méconnaissance, ce dernier a usé de ce droit en présentant son recours devant la juridiction administrative. Il n'est dès lors pas fondé à invoquer la violation de ces stipulations.
63. En neuvième lieu, aux termes de l'article L. 100-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration agit dans l'intérêt général et respecte le principe de légalité. Elle est tenue à l'obligation de neutralité et au respect du principe de laïcité. Elle se conforme au principe d'égalité et garantit à chacun un traitement impartial ".
64. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C a été convoqué par courrier du 31 janvier 2023 du préfet du Nord à se présenter le 22 février 2023 dans les services de la préfecture pour permettre au préfet du Nord, selon les mentions portées sur ce courrier, de statuer sur sa demande de titre de séjour. Il s'est en réalité vu notifier, à l'issue de ce rendez-vous, la décision attaquée. Le contenu de ce courrier ne peut cependant que révéler une erreur de la part de l'administration laquelle avait déjà notifié au requérant, à la date d'édiction du courrier en cause, l'arrêté du 24 janvier 2023 refusant à ce dernier la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 100-2 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté. Il y a lieu, pour les mêmes motifs, d'écarter également le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un détournement de pouvoir.
65. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 février 2023 par laquelle le préfet du Nord l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.
66. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions des 24 janvier et 22 février 2023 par lesquelles le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'une année et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 24 janvier 2023 par laquelle le préfet du Nord a refusé à M. C la délivrance d'un titre de séjour sont renvoyées à une formation collégiale du présent tribunal.
Article 2 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Olivier Cardon et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.
La magistrate désignée
Signé
M. D
La greffière,
Signé
F. JANET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026