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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2302386

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2302386

vendredi 1 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2302386
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantCABINET AUGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par jugement du 31 décembre 2020 et une ordonnance en rectification d'erreur matérielle rendue le 12 janvier 2021, le tribunal, statuant sur les requêtes n° 1807245 et n° 1807246 présentées par la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Vaesken, représentée par Me Scholtes et Me Augé, a décidé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la décharge des cotisations de cotisation foncière des entreprises auxquelles la société Vaesken a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 à hauteur respectivement de la somme de 301 euros et de la somme de 295 euros dégrevées en cours d'instance, a fixé à 1,83 euros par mètre carré de surface pondérée la valeur locative unitaire 1970 des cellules métalliques de stockage de céréales situées au 14 rue André Ammeux à Esquelbecq pour l'établissement de la base de la cotisation foncière des entreprises à laquelle la société Vaesken a été assujettie au titre de l'année 2016, a déchargé la société Vaesken de la cotisation foncière des entreprises 2016 résultant de la réduction correspondante de la base d'imposition, a fixé à 42,20 euros par mètre carré le tarif catégoriel des cellules métalliques de stockage de céréales situées au 14 rue André Ammeux à Esquelbecq pour l'établissement de la base de la cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2017, a déchargé la société Vaesken de la cotisation foncière des entreprises 2017 résultant de la réduction correspondante de la base d'imposition, a rejeté le surplus des conclusions en décharge des requêtes n° 1807245 et n° 1807246 et a condamné l'Etat au paiement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le 1er juin 2022, la société Vaesken, représentée par Me Augé, a présenté une demande en vue d'obtenir l'exécution du jugement du 31 décembre 2020 corrigé par l'ordonnance en rectification d'erreur matérielle rendue le 12 janvier 2021, assortie d'une astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et jusqu'à la date d'exécution du jugement du 31 décembre 2020 corrigé par l'ordonnance en rectification d'erreur matérielle rendue le 12 janvier 2021.

Par ordonnance du 14 mars 2023, le président du tribunal a, en application des articles L. 911-4 et R. 921-6 du code de justice administrative, décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Par des mémoires enregistrés les 5 avril 2023, 14 novembre 2023 et 28 novembre 2023, la société Vaesken, représentée par Me Augé, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à la condamnation de l'Etat au paiement d'une astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et jusqu'à la date d'exécution du jugement du 31 décembre 2020 corrigé par l'ordonnance en rectification d'erreur matérielle rendue le 12 janvier 2021 et à la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en raison de la demande d'exécution forcée.

Par des mémoires enregistrés les 7 septembre 2023, 27 novembre 2023 et 12 décembre 2023, le directeur régional des finances publiques des Hauts-De-France et du département du Nord conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet des conclusions tendant au prononcé d'une astreinte et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- le jugement n° 1806673, 1806676, 1807245, 1807246 du 31 décembre 2020 et l'ordonnance en rectification d'erreur matérielle du 12 janvier 2021 ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Paganel,

- et les conclusions de Mme Dang, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

Sur l'exécution du jugement :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Lorsque le tribunal administratif est saisi d'une demande d'exécution d'une décision juridictionnelle sur le fondement de ces dispositions, il lui appartient de statuer sur cette demande en tenant compte de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision.

2. Par jugement du 31 décembre 2020 et une ordonnance en rectification d'erreur matérielle rendue le 12 janvier 2021, le tribunal a partiellement déchargé de la cotisation foncière des entreprises au titre des années 2016 et 2017 la société par actions simplifiée unipersonnelle Vaesken à raison des cellules de stockage de céréales situées au 14 rue André Ammeux à Esquelbecq. Par décisions du 6 juillet 2023, le directeur régional des finances publiques des Hauts-De-France et du département du Nord, exécutant ainsi le jugement, a dégrevé la société Vaesken de la cotisation foncière des entreprises au titre des années 2016 et 2017 à concurrence respectivement de 6 477 euros et 6 118 euros, a versé les intérêts moratoires correspondants et a payé la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'exécution du jugement.

Sur la demande d'astreinte de la société Vaesken :

3. Le jugement ne prononçant pas d'astreinte, il y a lieu de rejeter les conclusions de la société Vaesken tendant à ce que le tribunal prononce une astreinte à compter de la notification du jugement aux parties. Par ailleurs, le jugement ayant été entièrement exécuté, il n'y a pas lieu de prononcer une astreinte en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative pour inciter l'Etat à exécuter ledit jugement.

Sur les dépens de l'instance :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'Etat à verser la somme de 1 500 euros à la société Vaesken au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens dans le cadre de l'instance en exécution de jugement.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'exécution du jugement.

Article 2 : L'Etat versera à la société Vaesken une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée unipersonnelle Vaesken et au directeur régional des finances publiques des Hauts-De-France et du département du Nord.

Délibéré après l'audience du 9 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Paganel, président,

Mme Célino, première conseillère,

Mme Barre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er mars 2024.

Le président-rapporteur,

Signé

M. PAGANEL

La première assesseure,

Signé

C. CELINO La greffière,

Signé

N. PAULET

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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