jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2302746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DELOBEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 mars et 5 avril 2023, M. B C demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 mars 2023 par lequel le préfet du Nord a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné en exécution de le peine d'interdiction judiciaire de territoire français de dix ans à laquelle il a été condamné par le tribunal correctionnel de Lille le 5 août 2021 ;
2°) d'enjoindre à ce préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision ait été prise par une autorité compétente ;
- elle est insuffisamment motivée, notamment en droit ;
- la décision ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
.
Des pièces, enregistrées les 27 mars et 4 avril 2023, ont été produites par le préfet du Nord.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Piou, magistrate désignée ;
- les observations de Me Assaga, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête ; elle ajoute que l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation et qu'il méconnait les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle développe le moyen tiré de l'insuffisante motivation et reprend les autres moyens tels qu'invoqués dans la requête ;
- les observations de M. C, assisté de Mme D, interprète assermentée en langue Arabe ;
- les observations de Me Ioannidou, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant palestinien né le 22 novembre 1993 à Gaza, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 mars 2023 fixant le pays à destination duquel il sera éloigné en exécution de la peine d'interdiction judiciaire de territoire prononcée par le tribunal correctionnel de Lille le 5 août 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 13 septembre 2022, publié le jour même au recueil spécial n° 223 des actes administratifs des services de l'Etat dans le département, le préfet du Nord a donné délégation à M. Jean-Gabriel Delacroy, secrétaire général pour les affaires régionales des Hauts-De-France, à l'effet de signer, dans le cadre des permanences préfectorales, les décisions telles que celle attaquée. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision litigieuse manque en fait.
3. En deuxième lieu, M. C ne saurait utilement se prévaloir de ce que la notification de la décision querellée n'aurait pas été effectuée dans une langue qu'il comprend, cet élément étant seulement de nature à préserver les voies et délais de recours dont il disposait à l'encontre de cette décision.
4. En troisième lieu, l'arrêté contesté vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne la condamnation judiciaire à une peine d'interdiction de territoire français de dix ans dont il a fait l'objet pour vol avec violence ayant entrainé une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours, la nécessité de procéder à l'exécution de cette mesure judiciaire, ainsi que sa situation familiale et sa nationalité. Ces considérations de droit et de fait, sur lesquelles se fonde la décision litigieuse, sont suffisamment développées pour mettre l'intéressé en mesure d'en discuter utilement les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté doit être écarté.
5. En quatrième lieu, la circonstance que l'arrêté soit entaché d'une erreur de plume, pour mentionner en son cinquième paragraphe l'Algérie en lieu place du territoire palestinien, ne saurait suffire à révéler l'existence d'un défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressé alors que l'arrêté mentionne à plusieurs autres reprises la nationalité de M. C, ses attaches sur le territoire palestinien ainsi que la demande de laissez-passer consulaire adressée aux autorités palestiniennes. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Les conséquences d'un éloignement du territoire français sur la vie privée et familiale de M. C résultent de la décision judiciaire d'interdiction du territoire dont il a été l'objet et dont il n'est ni soutenu ni allégué qu'il aurait demandé le relèvement, et non directement de la décision en litige par laquelle le préfet du Nord s'est borné à fixer le pays de renvoi en exécution de cette sanction pénale. Au surplus, et en tout état de cause, si M. C se prévaut d'une situation de concubinage et de ce que sa compagne serait enceinte de ses œuvres, il n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations. Le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, tel qu'il est soulevé par M. C, ne peut, dès lors, qu'être écarté.
8. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
9. Si M. C soutient avoir quitté son pays très jeune et ne plus y avoir d'attaches familiales, il ne l'établit par aucune pièce. Par ailleurs s'il dit craindre pour sa vie ou sa liberté en cas de retour en Palestine compte tenu de la recrudescence des violences ayant cours dans la bande de Gaza, il n'établit pas la réalité des risques auxquels il serait personnellement et actuellement exposé en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, le requérant n'établit pas être exposé au risque de subir dans son pays d'origine des traitements prohibés par les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Enfin, la circonstance qu'aucun aéroport ne serait opérationnel en Palestine, l'obligeant à transiter par Israël, n'a aucune incidence sur la légalité de la décision litigieuse mais relève de la seule exécution de cette décision. Par suite, ce moyen doit être écarté.
10. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C est convoqué devant le tribunal judiciaire de Lille le 18 avril 2024 à 8h30 pour des faits d'outrage. Contrairement à ce que soutient le requérant, la décision contestée ne fait aucunement obstacle à ce qu'il puisse assurer sa défense, dès lors qu'il a la possibilité de se faire représenter par un avocat dans le cadre de cette procédure. Ainsi, le moyen tiré de la violation de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Nord.
Lu en audience publique le 6 avril 2023.
La magistrate,
Signé,
C. A
La greffière,
Signé,
F. JANET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026