vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2303016 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BARON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 avril 2023, M. B A, représenté par Me Baron, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au directeur du centre de détention de Bapaume, en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de garantir sans délai et de manière effective :
- la mise en œuvre d'une prise en charge médicale complète et adaptée à son état de santé ;
- son extraction vers l'unité hospitalière sécurisée interrégionale de Lille afin qu'il puisse bénéficier des soins ophtalmologiques prescrits depuis février 2022 et d'un bilan annuel de diabète ;
- le droit au secret médical et au respect de la dignité humaine en lui garantissant un accès aux soins hors la présence du personnel pénitentiaire et sans entrave ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est établie dès lors que, depuis plus d'un an, il ne bénéficie plus des soins spécialisés et adaptés à son état de santé et en particulier à sa pathologie chronique ; il incombe à l'administration pénitentiaire de prendre toutes mesures propres à protéger la vie des détenus et à leur éviter tout traitement inhumain et dégradant ; la carence de l'administration pénitentiaire, qui doit assurer aux détenus des conditions de détention adaptées à leur état de santé, a déjà entrainé des conséquences importantes sur sa santé, dans la mesure où l'absence de soins de pédicurie a occasionné un désonglage de son orteil, puis l'amputation de ce membre le 10 mai 2022, et où l'absence de soins ophtalmologiques a occasionné une dégradation progressive et importante de son acuité visuelle ; son suivi diabétique et les diverses interventions qu'il doit subir sont essentiels pour lui permettre de conserver une certaine acuité visuelle et éviter des souffrances psychiques et physiques ;
- cette carence porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie, à celui de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants, et à celui de recevoir les traitements et soins les plus appropriés à son état de santé ;
* la gravité et le caractère manifestement illégal de l'atteinte portée au droit au respect de la vie et à celui de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants par la carence dans la mise en œuvre d'une prise en charge médicale effective résulte en particulier, d'une part, de ce qu'il n'a pas bénéficié d'une prise en charge ophtalmologique depuis février 2022, les interventions programmées n'ayant pas été réalisées en dépit des alertes adressées à l'administration pénitentiaire, et, d'autre part, de ce que, depuis plus d'un an, il n'a fait l'objet d'aucun suivi ni de soins à raison de la cataracte et de la rétinopathie diabétique dont il est atteint, et, enfin de ce qu'il est maintenu dans l'ignorance de son état de santé ;
* la gravité et le caractère manifestement illégal de l'atteinte portée au droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants par la violation du secret médical et les entraves au cours des consultations médicales résulte de la présence, lors des consultations médicales, de surveillants pénitentiaires, lesquels ont commenté les informations qui lui ont été délivrées sur son état de santé et sa prise en charge médicale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il incombe à l'administration pénitentiaire, d'une part, de présenter les détenus à l'unité de consultations et de soins ambulatoires dès leur arrivée, et, s'il y a lieu, chaque fois que nécessaire par la suite, d'autre part, d'accomplir toutes diligences pour que les décisions médicales impliquant le déplacement des détenus vers un établissement de santé soient exécutées, le cas échéant avec la célérité qu'elles requièrent ;
- l'urgence n'est pas caractérisée dès lors que l'administration pénitentiaire a effectué toutes les extractions médicales prévues et, en l'absence de convocation pour un nouveau bilan diabétique, n'est pas compétente pour organiser elle-même un tel examen ; une intervention chirurgicale est programmée en mai 2023, le requérant n'établissant pas que le juge des référés doive à cet égard intervenir dans le délai de 48 heures ;
- la surveillance dont M. A fait l'objet lors des escortes médicales résulte de son classement en niveau II prévu par la circulaire du 18 novembre 2004 relative à l'organisation des escortes pénitentiaires des détenus faisant l'objet d'une consultation médicale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 6 avril 2023 à 11h30, en présence de Mme Deregnieaux, greffière, M. Robbe, juge des référés, a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Baron, représentant M. A, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et précise que ses demandes ne tendant pas à une prise en charge médicale mais à ce que l'administration pénitentiaire assure son accès aux soins ; que la circulaire du 18 novembre 2004 relative à l'organisation des escortes pénitentiaires des détenus faisant l'objet d'une consultation médicale ne peut justifier une méconnaissance des libertés fondamentales invoquées.
- et les observations de Mme C et de MM. Ginguene et Ndombi, représentant le garde des sceaux, ministre de la justice, qui reprennent les conclusions et arguments du mémoire en défense.
Les parties ont été informées au cours de l'audience que la clôture de l'instruction était différée au 7 avril 2023 à 16 heures.
Par un nouveau mémoire, enregistré le 6 avril 2023 à 16h35, le garde des sceaux, ministre de la justice maintient ses écritures et ses observations faites lors de l'audience.
Par un nouveau mémoire, enregistré le 6 avril 2023 à 22h47, M. B A, représenté par Me Baron maintient ses écritures et ses observations faites lors de l'audience et ajoute que :
- l'urgence demeure caractérisée en dépit de la programmation d'une intervention chirurgicale en mai 2023 dès lors que l'administration pénitentiaire, qui est à l'origine du report de l'intervention chirurgicale initialement prévue en mars 2023, pourrait discrétionnairement annuler celle-ci et qu'il convient de s'assurer que, en vue de cette intervention, l'administration procède à son extraction ;
- le risque de fuite, fondant son classement en niveau de surveillance II, repose sur une collusion purement fantaisiste entre lui et sa sœur travaillant au centre hospitalier d'Arras, ainsi que sur la durée de la peine à effectuer ; or, eu égard à son âge et aux pathologies dont il est atteint, ce classement et les mesures de surveillance en résultant sont disproportionnées.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
2. M A, écroué depuis le 1er juin 2018, est incarcéré au centre de détention de Bapaume depuis le 3 décembre 2019. Il est atteint de diabète de type II, et nécessite des soins pour le traitement de la rétinopathie diabétique et de la cataracte bilatérale dont il est atteint. Il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au directeur du centre de détention de Bapaume de garantir sans délai et de manière effective, d'une part la mise en œuvre d'une prise en charge médicale complète et adaptée à son état de santé, passant en particulier par son extraction vers l'unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de Lille, afin qu'il puisse bénéficier des soins ophtalmologiques prescrits depuis février 2022 et d'un bilan annuel de diabète, et d'autre part un accès aux soins hors la présence du personnel pénitentiaire et sans entrave.
Sur le cadre juridique du litige :
3. Aux termes de l'article L.6 du code pénitentiaire : " L'administration pénitentiaire garantit à toute personne détenue le respect de sa dignité et de ses droits. L'exercice de ceux-ci ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles résultant des contraintes inhérentes à la détention, du maintien de la sécurité et du bon ordre des établissements, de la prévention de la commission de nouvelles infractions et de la protection de l'intérêt des victimes. Ces restrictions tiennent compte de l'âge, de l'état de santé, du handicap, de l'identité de genre et de la personnalité de chaque personne détenue ".
4. Eu égard à la vulnérabilité des détenus et à leur situation d'entière dépendance vis-à-vis de l'administration, il appartient à celle-ci, et notamment aux directeurs des établissements pénitentiaires, en leur qualité de chefs de service, de prendre les mesures propres à protéger leur vie ainsi qu'à leur éviter tout traitement inhumain ou dégradant afin de garantir le respect effectif des exigences découlant des principes rappelés notamment par les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le droit au respect de la vie ainsi que le droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants constituent des libertés fondamentales au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Lorsque la carence de l'autorité publique crée un danger caractérisé et imminent pour la vie des personnes ou les expose à être soumises, de manière caractérisée, à un traitement inhumain ou dégradant, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à ces libertés fondamentales, et que la situation permet de prendre utilement des mesures de sauvegarde dans un délai de quarante-huit heures, le juge des référés peut, au titre de la procédure particulière prévue par l'article L. 521-2, prescrire toutes les mesures de nature à faire cesser la situation résultant de cette carence.
Sur les pouvoirs que le juge des référés tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
5. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 511-1, L. 521-2 et L. 521-4 du code de justice administrative qu'il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 précité et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, de prendre les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte. Ces mesures doivent en principe présenter un caractère provisoire, sauf lorsqu'aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. Toutefois, le juge des référés ne peut, au titre de la procédure particulière prévue par l'article L. 521-2 précité, qu'ordonner les mesures d'urgence qui lui apparaissent de nature à sauvegarder, dans un délai de quarante-huit heures, la liberté fondamentale à laquelle il est porté une atteinte grave et manifestement illégale. Dans tous les cas, l'intervention du juge des référés dans les conditions d'urgence particulière prévues par l'article L. 521-2 précité est subordonnée au constat que la situation litigieuse permette de prendre utilement et à très bref délai les mesures de sauvegarde nécessaires. Compte tenu du cadre temporel dans lequel se prononce le juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2, les mesures qu'il peut ordonner doivent s'apprécier en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et des mesures qu'elle a déjà prises.
Sur les demandes en référés :
En ce qui concerne les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au directeur du centre de détention de Bapaume de garantir la mise en œuvre d'une prise en charge médicale complète et adaptée à l'état de santé de M. A, notamment en permettant une extraction vers l'UHSI de Lille :
Quant à interventions chirurgicales :
6. M. A a été hospitalisé à l'UHSI de Lille, du 27 janvier au 6 février 2020, du 12 au 22 février 2020, du 4 au 11 octobre 2021, et du 18 au 25 février 2022, dans le cadre d'un bilan de son diabète. Le compte-rendu de cette dernière hospitalisation, établi le 1er mars 2022, indique que M. A " doit bénéficier d'une intervention pour [une cataracte bilatérale] ainsi que d'une injection intra-vitréenne dans le même temps opératoire. Le patient sera re-convoqué au décours de cette prise en charge chirurgicale pour laser sur la rétinopathie diabétique ". Il est constant que, le 15 mars 2023, lors d'une consultation au centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille, destinée à préparer deux interventions chirurgicales à venir, M. A a été informé de la date prévue pour l'une d'elle, soit le 29 mars 2023, et que l'administration pénitentiaire a demandé son report à une date ultérieure, de manière à ce que cette date ne soit pas, cette fois, communiquée à l'intéressé, pour parer à un risque d'évasion. Il résulte de l'instruction, en particulier de la convocation établie le 20 mars 2023 par le CHU de Lille et de l'engagement pris lors de l'audience publique par les représentants de l'administration pénitentiaire d'assurer l'extraction à cette fin de M. A, que ce dernier bénéficiera de cette intervention en mai 2023. Il résulte également de l'instruction, en particulier du courriel du 20 mars 2023 adressé par le CHU de Lille, que la seconde intervention chirurgicale reste programmée en avril 2023. M. A, qui n'apporte aucun élément établissant la nécessité pour lui que ces interventions aient lieu à une date encore plus rapprochée, ne justifie donc pas de l'urgence à prononcer la mesure qu'il sollicite, alors, en outre, que la date de l'intervention n'est pas fixée par l'administration pénitentiaire, celle-ci étant seulement chargée de l'extraction de M. A à cette date, fixée par la convocation transmise par l'établissement de santé, sur lequel pèse l'obligation de veiller à la continuité des soins assurés aux détenus.
Quant au bilan annuel de diabète :
7. Ainsi qu'il a été indiqué au point précédent, M. A a bénéficié, depuis son incarcération au centre de détention de Bapaume, de nombreuses hospitalisations en vue d'un bilan diabétique. Si l'administration pénitentiaire a demandé et obtenu le report de l'intervention chirurgicale initialement prévue le 29 mars 2023, il ne résulte pas de l'instruction que, depuis la dernière hospitalisation de M. A entre 18 au 25 février 2022, le CHU en aurait programmé une autre en vue d'un nouveau bilan diabétique, ni que l'administration pénitentiaire aurait refusé l'extraction de l'intéressé à cet effet. M. A n'est ainsi pas fondé à soutenir que la carence de cette administration crée un danger caractérisé et imminent pour sa vie ou l'expose à être soumis, de manière caractérisée, à un traitement inhumain ou dégradant.
En ce qui concerne les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au directeur du centre de détention de Bapaume de garantir un accès aux soins hors la présence de surveillants pénitentiaires et sans entraves :
8. D'une part, conformément aux dispositions de l'article L. 1110-4 du code la santé publique, le détenu a, comme tout malade, droit au secret médical et à la confidentialité de son entretien avec son médecin. Aux termes de l'article L. 322-3 du code pénitentiaire : " L'administration pénitentiaire respecte le droit au secret médical des personnes détenues ainsi que le secret de la consultation, dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 6141-5 du code de la santé publique ".
9. D'autre part, aux termes de l'article D. 215-5 du code pénitentiaire : " Des précautions doivent être prises en vue d'éviter les évasions et tous autres incidents lors des transfèrements et extractions de personnes détenues. / Ces personnes détenues peuvent être soumises, sous la responsabilité du chef d'escorte, au port des menottes ou, s'il y a lieu, des entraves, dans les conditions définies par les dispositions de l'article 803 du code de procédure pénale. / Si une personne détenue est considérée comme dangereuse ou doit être surveillée particulièrement, le chef de l'établissement pénitentiaire donne tous les renseignements et avis nécessaires au chef de l'escorte. " Selon l'article 803 du code de procédure pénale : " Nul ne peut être soumis au port des menottes ou des entraves que s'il est considéré soit comme dangereux pour autrui ou pour lui-même, soit comme susceptible de tenter de prendre la fuite. / Dans ces deux hypothèses, toutes mesures utiles doivent être prises, dans les conditions compatibles avec les exigences de sécurité, pour éviter qu'une personne menottée ou entravée soit photographiée ou fasse l'objet d'un enregistrement audiovisuel. " La circulaire du 18 novembre 2004 relative à l'organisation des escortes pénitentiaires des détenus faisant l'objet d'une consultation médicale, prise par le garde des sceaux, ministre de la justice, qui était compétent pour ce faire ainsi que l'a jugé le Conseil d'État statuant au contentieux par une décision n° 281131 du 15 octobre 2007, distingue le niveau de surveillance I, qui correspond à une consultation hors la présence du personnel pénitentiaire avec ou sans moyen de contrainte, le niveau de surveillance II, qui correspond à une consultation sous surveillance constante du personnel pénitentiaire mais sans moyen de contrainte et le niveau de surveillance III, qui correspond à une consultation sous surveillance constante du personnel pénitentiaire et avec moyen de contrainte. Il résulte également des orientations de cette circulaire que le régime d'escorte en cas d'extraction médicale et en particulier le niveau de surveillance devant être mis en place au cours des consultations, est défini, pour chaque détenu, en prenant en compte notamment les risques d'évasion, l'état de dangerosité de l'intéressé pour lui-même ou pour autrui, et son état de santé.
10. Si la mise en œuvre de mesures de sécurité particulières et le recours le cas échéant à des mesures de coercition sous la forme d'entraves ne se limitent pas au seul transport des détenus, mais peuvent, si nécessaires, être étendus à la consultation et aux soins médicaux eux-mêmes lorsqu'ils ne peuvent être dispensés au sein de l'établissement de détention, les mesures de sécurité mises en œuvre par l'administration pénitentiaire lors de l'extraction et du séjour dans un établissement hospitalier d'un détenu doivent toutefois, d'une part, être adaptées et proportionnées à la dangerosité du détenu et au risque d'évasion que présente chaque cas particulier et, d'autre part, assurer en toute hypothèse la confidentialité des relations entre les détenus et les médecins qu'ils consultent. Ces mesures de sécurité doivent en outre, dans tous les cas, respecter la dignité du détenu.
11. En l'espèce, M. A est classé en niveau de surveillance II lors de ses escortes médicales. Les seules circonstances liées à son âge et aux pathologies dont il est atteint ne suffisent pas, du fait de ce classement et de la surveillance à laquelle il est en conséquence soumis pendant une consultation, sans moyen de contrainte, à caractériser une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à ne pas être soumis à un traitement inhumain ou dégradant. Il est vrai que, à l'occasion de la consultation médicale du 14 mars 2023, un membre de l'équipe médicale du CHU de Lille a informé M. A de la date de son intervention chirurgicale à venir, ce dont un surveillant pénitentiaire a pu se rendre compte. Cependant, cette circonstance ne peut pas non plus, à elle seule, à révéler que la confidentialité des relations entre M. A et les médecins qu'il consulte serait compromise dans des conditions portant une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à ne pas être soumis à un traitement inhumain ou dégradant.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A au titre l'article L. 521-2 ne peuvent ainsi qu'être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Lille, le 14 avril 2023.
Le juge des référés,
Signé
J ROBBE
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2303016
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026