mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2303151 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL RESSOURCES PUBLIQUES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 7 avril 2023 et le 17 avril 2023, Mme C A, représentée par Me Jamais, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté en date du 22 mars 2023 du maire de la commune d'Ostricourt, en tant qu'il l'a mis en demeure, dans un délai de quinze jours à compter de la notification dudit arrêté et en tout état de cause avant le 14 avril 2023, de procéder sur l'immeuble dont elle est propriétaire situé 586 rue Jules Guesde à Ostricourt, à l'arasement de la totalité des bâtis sur la partie supérieure des planchers hauts du niveau rez-de-chaussée avec création d'un couvre mur et évacuation des gravats, à la suppression des dépendances arrière avec évacuation des gravats et à la pose d'un grillage se conformant aux prescriptions du plan local d'urbanisme zone Nh, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Ostricourt une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que les travaux auront par principe des effets définitifs, que les délais pour exécuter les travaux contestés sont particulièrement restreints et que ceux-ci ne présentent aucun intérêt en termes de sécurité ; le pignon avant gauche de l'immeuble ayant d'ores et déjà fait l'objet d'une démolition par Mme A, rien ne permet d'établir qu'un quelconque danger imminent persisterait ; l'arasement de la totalité des bâtis sur la partie supérieure des planchers hauts du niveau rez-de-chaussée au-delà du seul pignon " avant gauche " n'est pas justifié par l'expert ; l'expert ne précise ni ne détaille ce qu'il entend par " dépendance arrière ", dont on ignore l'étendue exacte ; la pose d'un grillage entourant l'intégralité de la propriété semble dépourvue de tout intérêt pour la sécurité publique dès lors que la sécurisation des ouvertures par la pose de parpaings et/ou panneaux anti-intrusion ne manquera pas d'être effectuée ;
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- il prescrit des mesures qui ne sont pas indispensables, en méconnaissance de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation, notamment la pose d'un grillage se conformant aux prescriptions du plan local d'urbanisme zone Nh, la suppression des dépendances arrière avec évacuation des gravats et l'arasement de la totalité des bâtis sur la partie supérieure des planchers hauts du niveau rez-de-chaussée avec création d'un couvre mur et évacuation des gravats ;
- les prescriptions ont un caractère imprécis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2023, la commune d'Ostricourt, représentée par Me Fillieux, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme A à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- si la requérante fait valoir que son intérêt justifierait que soit prononcé la suspension des mesures ordonnées par l'arrêté du 22 mars 2023, l'intérêt public qui s'attache à l'exécution de cette décision prédomine, eu égard au risque existant pour la sécurité des tiers ;
- l'arrêté vise les considérations de droit et de fait justifiant les mesures préconisées ;
- les mesures sont indispensables et justifiées : l'arasement de l'ensemble de la toiture de la partie du bâtiment à l'angle de la rue est nécessaire dès lors que la suppression du pignon à l'angle de la rue entraînera une fragilité de l'ensemble du bâtiment qui est déjà dans un état de délabrement avancé. La partie haute de la deuxième partie du bâtiment est également à démolir du fait de l'arasement du pignon situé à l'angle de la rue dès lors que les deux toitures à deux pentes sont reliées par un seul chêneau. L'intégralité de la dépendance doit être démolie compte tenu de la fragilité du bâtiment. Les dépendances sont situées à l'opposé du bâtiment principal et sont identifiées par une photographie. La pose d'un grillage permettra de prévenir les intrusions sur la parcelle.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la copie de la requête à fin d'annulation de l'arrêté attaqué ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Paganel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Dérégnieaux, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Jamais, avocat représentant Mme A, qui a développé son argumentation écrite, contestant l'étendue de certains travaux préconisés par l'arrêté, lesquels ne sont pas nécessaires à la sécurité publique dans leur intégralité et ne répondent pas à un danger grave et imminent, contrairement à l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation ;
- les observations de Me Fillieux, avocat représentant la commune d'Ostricourt, qui a développé son argumentation écrite, faisant valoir que le bâtiment est dangereux, il présente des risques pour la sécurité publique. La question de l'urgence s'applique au principe de mise en sécurité du bâtiment, dans sa globalité. Les caractéristiques de l'immeuble impliquent la mise en œuvre des mesures prescrites. A l'intérieur du bâtiment, rien n'est solide.
Une note en délibéré présentée pour la commune d'Ostricourt a été reçue le 19 avril 2023.
Une note en délibéré présentée pour Mme A a été reçue le 19 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est propriétaire d'un ensemble immobilier situé 586 rue Jules Guesde à Ostricourt, composé d'un corps de bâtiments dédiés à la restauration et l'habitation et d'un garage en annexe. En juin 2011, la partie professionnelle a subi un incendie. En 2015 une première expertise concluait à l'existence d'un péril imminent. Malgré une demande de permis de construire refusée car ne respectant pas les prescriptions du plan local d'urbanisme, l'immeuble est resté à l'état d'abandon, soumis aux dépravations et intrusions. Par une ordonnance du 9 mars 2023, le tribunal administratif de Lille a désigné un expert judiciaire chargé de constater l'état de l'immeuble. Une visite sur site a été organisée par l'expert le 13 mars 2023, à laquelle assistaient des représentants de la ville d'Ostricourt et Mme A. L'expert, dans son rapport dressé le 14 mars 2023, a conclu à l'imminence du péril au regard du descellement de briques, du risque d'effondrement du pignon avant sur le domaine public et de la dangerosité des intérieurs du fait de l'instabilité de la maçonnerie et de l'accès à la cave (intrusion). Par un arrêté du 22 mars 2023, le maire de la commune d'Ostricourt, suivant les préconisations de l'expert, a mis en demeure Mme A d'araser la totalité des bâtis sur la partie supérieure des planchers hauts du niveau rez-de-chaussée avec création d'un couvre mur et évacuation des gravats, de sécuriser les ouvertures par la pose de parpaings et/ou panneaux anti-intrusion, de supprimer des dépendances arrière avec évacuation des gravats et de poser un grillage se conformant aux prescriptions du plan local d'urbanisme zone Nh. Mme A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cet arrêté en tant seulement qu'il l'a mise en demeure de procéder à l'arasement de la totalité des bâtis sur la partie supérieure des planchers hauts du niveau rez-de-chaussée avec création d'un couvre mur et évacuation des gravats, à la suppression des dépendances arrière avec évacuation des gravats et à la pose d'un grillage se conformant aux prescriptions du plan local d'urbanisme zone Nh.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une situation d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des mesures contestées de l'arrêté du 22 mars 2023 du maire de la commune d'Ostricourt doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Ostricourt, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la requérante demande au titre des dispositions susmentionnées.
5. En revanche, en application de ces mêmes dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A le versement à la commune d'Ostricourt d'une somme de 800 euros au titre des frais de même nature qu'elle a exposés.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la commune d'Ostricourt une somme de huit cents (800) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et à la commune d'Ostricourt.
Fait à Lille, le 25 avril 2023.
Le juge des référés
Signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Nord ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026