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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2303240

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2303240

lundi 24 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2303240
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantGOMMEAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 avril 2023, Mme A B, représentée par Me Gommeaux, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée familiale ", lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, subsidiairement, de l'admettre provisoirement au séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard aux dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour

- elle a été prise en violation des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 avril 2023, le préfet du Nord, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 février 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bourgau, rapporteur ;

- et les observations de Me Lescene, substituant Me Gommeaux, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante congolaise, née le 27 août 1973 à Kinshasa (République démocratique du Congo) est entrée sur le territoire français le 16 janvier 2013. Sa demande d'asile ayant été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) par une décision du 16 octobre 2015, puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 10 janvier 2017, elle a été mise en possession d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " pour raison de santé valable du 4 septembre 2017 au 3 septembre 2018. Par une demande formée le 17 juillet 2018, elle a sollicité le renouvellement de son titre. Par un arrêté du 13 décembre 2019 notifié le 19 décembre suivant, le préfet du Nord a rejeté sa demande et lui a, par ailleurs, fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Mme B n'a pas exécuté cette mesure d'éloignement et s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français. Par une demande formée le 13 juillet 2022, Mme B a sollicité, à titre principal, la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale. Par un arrêté du 13 janvier 2023, le préfet du Nord a rejeté ses demandes de titre de séjour, et lui a, par ailleurs, fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par sa requête, Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2023.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision attaquée, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments afférents à la situation de la requérante, notamment à son état de santé, énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent, de manière suffisamment circonstanciée pour mettre utilement Mme B en mesure d'en discuter les motifs et le juge d'exercer son contrôle en plein connaissance de cause. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de Mme B. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Et aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée sur le territoire le 16 janvier 2013. Si Mme B se prévaut de sa présence sur le territoire français depuis cette date, il ressort des pièces du dossier que durant cette période, elle a fait l'objet d'une mesure d'éloignement par une décision du 13 décembre 2019, qu'elle n'a pas exécuté cette décision et qu'elle s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français depuis. Si Mme B se prévaut de la présence sur le territoire français de sa fille, il ressort également des pièces du dossier que celle-ci se trouve en situation irrégulière et qu'elle fait l'objet d'une mesure d'éloignement. De plus, les quelques attestations qu'elle produit ne suffisent à établir ni qu'elle entretiendrait des liens familiaux d'une particulière intensité avec son petit-fils ou avec son frère, ce dernier ayant la nationalité française, ni qu'elle aurait développé des liens amicaux d'une particulière intensité sur le territoire français. La circonstance que son fils soit titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle n'est pas de nature à elle seule à caractériser des liens d'une particulière intensité sur le territoire français. Si Mme B se prévaut d'un recrutement par l'association Abej dans le cadre d'un contrat à durée déterminée d'insertion en qualité d'agent de propreté de juin 2018 à janvier 2020, de ses bulletins de paie pour cette période ainsi que du suivi d'une formation " hygiène hospitalière appliquée au bionettoyage " durant deux jours et demi en octobre 2018 et d'une formation " apprentissage des métiers de la propreté - module de base " de 84 heures entre janvier et avril 2019, ces éléments ne suffisent pas à démontrer une insertion professionnelle particulièrement importante sur le territoire français eu égard à la durée de son séjour en France. Ainsi, Mme B ne justifie pas d'une insertion sociale, professionnelle ou de liens familiaux ou privés d'une particulière intensité sur le territoire français. En outre, elle n'établit pas qu'elle ne pourrait pas se réinsérer socialement et professionnellement dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 40 ans. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a méconnu ni l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ". En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".

8. Si Mme B produit plusieurs certificats médicaux d'un médecin psychiatre en date des 14 octobre 2016, 6 décembre 2019 et 22 février 2023, ce dernier étant postérieur à la décision attaquée, aux termes desquels elle présente " un état de stress posttraumatiques nécessitant la prise d'un traitement psychotrope et un suivi médical régulier () qu'elle a donc fui ce pays avec ses deux enfants il y a 10 ans dans un contexte de menaces à son intégrité vitale " de sorte qu'" un retour dans son pays d'origine est formellement contre indiqué ", toutefois ces certificats médicaux, qui reprennent le récit de Mme B sur l'origine de ses troubles, ne permettent pas d'établir que ce stress post-traumatique serait en lien avec des persécutions subies dans son pays d'origine alors que la demande d'asile de Mme B a été définitivement rejetée. Dès lors, eu égard à la situation personnelle et familiale de la requérante telle qu'elle est décrite au point 6 du présent jugement, Mme B ne justifie d'aucune considération humanitaire ou de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ". Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

9. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord aurait entaché la décision contestée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante.

10. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de faire droit à ses demandes de titre de séjour.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".

12. La décision portant refus de titre de séjour étant suffisamment motivée, ainsi qu'il a été dit au point 3, la décision en litige portant obligation de quitter le territoire français n'avait pas à faire l'objet d'une motivation spécifique. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.

13. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision de refus de séjour doit être écarté.

14. En troisième lieu, eu égard à la situation personnelle et familiale de la requérante telle qu'elle est décrite au point 6 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

15. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".

16. Ainsi qu'il a été dit au point 8, les certificats médicaux produits, qui reprennent le récit de Mme B sur l'origine de ses troubles, ne permettent pas d'établir que ce stress post-traumatique serait en lien avec des persécutions subies dans son pays d'origine alors que la demande d'asile de Mme B a été définitivement rejetée. Et la requérante ne démontre pas davantage que son pays serait dans l'incapacité de fournir un suivi ou un traitement approprié à son état de santé. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

17. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord aurait entaché la décision contestée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante.

18. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français.

Sur la décision fixant le pays de destination :

19. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". L'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

20. Mme B soutient avoir quitté son pays en 2013 à la suite de la disparition de son époux et des menaces portées à l'encontre de sa famille en raison des opinions politiques imputées à son époux. Toutefois, sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'OFPRA puis par la CNDA. La requérante n'établit pas qu'elle serait personnellement, directement et actuellement menacée de subir des peines ou traitements dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, et dès lors qu'elle n'apporte aucun élément en dehors des certificats médicaux qui ne font que reprendre ses allégations, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Nord aurait méconnu les dispositions et stipulations précitées.

21. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet.

22. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2023. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions de la requête présentées aux fins d'injonction et d'astreinte, de même que celles relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Gommeaux et au préfet du Nord.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Féménia, présidente,

- M. Bourgau, premier conseiller,

- M. Horn, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2023.

Le rapporteur,

Signé

T. BOURGAULa présidente,

Signé

J. FÉMÉNIA

La greffière,

Signé

S. DEREUMAUX

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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