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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2303270

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2303270

mercredi 26 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2303270
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNAVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 avril 2023, M. C A B, représenté par Me Navy, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de réexaminer sa situation, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil, sur le fondement de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, en cas d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'urgence est présumée, s'agissant en réalité d'un refus de renouvellement d'un titre de séjour ; la décision refusant de renouveler son titre de séjour a des conséquences extrêmement graves sur sa situation personnelle ; elle a pour effet l'impossibilité de travailler, de percevoir des indemnités et de contribuer à l'entretien et à l'éducation de ses enfants ;

- la décision refusant de renouveler son titre de séjour est insuffisamment motivée, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision refusant de renouveler son titre de séjour a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, en l'absence de saisine pour avis de la commission du titre de séjour, en méconnaissance de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision refusant de renouveler son titre de séjour a été prise en méconnaissance de l'article L. 432-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision refusant de renouveler son titre de séjour a été prise en méconnaissance de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- aucun élément ne permet de caractériser une situation d'urgence ;

- le dossier de M. A B est en cours d'examen et un récépissé lui sera délivré.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête de M. A B tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lemaire, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 25 avril 2023 à 10 heures 30.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Benkhedim, greffière d'audience :

- le rapport de M. Lemaire, vice-président,

- et les observations de Me Guillaud, substituant Me Navy, avocat de M. A B, qui déclare maintenir ses conclusions, la délivrance d'un récépissé n'ayant pas pour effet de les priver d'objet.

La clôture de l'instruction a été différée au 25 avril 2023 à 12 heures.

M. A B a produit le 25 avril 2023 à 10 heures 54 et 11 heures 49 des pièces complémentaires, qui ont été communiquées au préfet du Nord.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien, a sollicité du préfet du Nord la délivrance d'une carte de séjour temporaire en sa qualité de parent d'enfant français, sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée, relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application des dispositions précitées, d'admettre M. A B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur le surplus des conclusions :

4. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative contestée au fond lorsqu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision et que l'urgence le justifie.

5. Les moyens soulevés par M. A B au soutien de ses conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension de M. A B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il a présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

ORDONNE :

Article 1er : M. A B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B, à Me Sanjay Navy et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 26 avril 2023.

Le juge des référés,

signé

O. LEMAIRE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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