LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2303358

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2303358

mardi 25 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2303358
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDANSET-VERGOTEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 avril 2023 et le 24 avril 2023, M. D A, représenté par Me Danset-Vergoten, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 12 avril 2023 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

Les décisions contestées :

- ont été signées par une autorité dont la compétence n'est pas établie ;

- sont insuffisamment motivées ;

- n'ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de saisine pour avis du collège des médecins nommés par le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- a été adoptée sans examen particulier de sa situation ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;

La décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- est illégale, par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation, en ce que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public et en ce qu'il ne présente pas de risque de fuite ;

La décision fixant le pays de destination :

- est illégale, par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

La décision faisant interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an :

- est illégale, par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la durée de cette interdiction.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2023, le préfet du Nord, représenté par Me Rannou, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le

26 janvier 1990 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Fougères en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fougères, magistrat désigné ;

- les observations de Me Danset-Vergoten, substituée par Me Roussel, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, précisant abandonner les moyens tirés de l'incompétence de l'auteure de l'arrêté et du défaut de notification dans un langue qu'il comprend, et qui insiste notamment sur la durée de présence du requérant en France, sur ses liens avec ses enfants tandis que sa compagne a vocation à demeurer sur le territoire français et sur les problèmes de santé de son client ;

- et les observations de M. A, assisté de Mme B, interprète assermentée en langue anglaise, qui déclare être en concubinage avec sa compagne actuelle depuis 2017 et avoir travaillé de façon non déclarée ;

- le préfet n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant nigérian né le 21 juin 1978 à Bénin City (Nigéria) et déclarant être entré irrégulièrement sur le territoire français le 7 avril 2017, a été interpellé le 11 avril 2023 sur la commune de Roubaix (59) démuni de tout document en cours de validité l'autorisant à séjourner sur le territoire français. Par un arrêté du 12 avril 2023, le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Il a été placé en centre de rétention le même jour. M. A demande l'annulation de l'arrêté du préfet du Nord du 12 avril 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :

2. L'arrêté contesté, qui n'avait pas à reprendre l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de M. A, énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles sont fondées les décisions qu'il comporte, de manière suffisamment circonstanciée pour, d'une part, mettre l'intéressé en mesure d'en discuter utilement les motifs et, d'autre part, permettre au juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions en litige doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ". Aux termes de l'article R. 611-1 de ce code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L.611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article R. 611-2 du même code : " L'avis mentionné à l'article R. 611-1 est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu : / 1° D'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier ; 2° Des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ".

4. Il résulte de ces dispositions que dès lors qu'elle dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir qu'un étranger, résidant habituellement en France, présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire, l'autorité préfectorale doit, lorsqu'elle envisage de prendre une telle mesure à son égard, et alors même qu'elle n'a pas été saisie d'une demande de titre de séjour au titre de l'état de santé, recueillir préalablement l'avis du collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

5. Il ressort des pièces du dossier, communiquées le jour de l'audience, que M. A a réalisé en décembre 2021 une échographie de la main droite, laquelle a mis en évidence un " épanchement intra-articulaire interphalangien proximal du 3ème rayon sans signe de synovite active ". Il justifie par ailleurs d'une consultation de son médecin généraliste intervenue le 27 janvier 2023 qui lui a prescrit un traitement pour des douleurs au poignet. S'il soutient, à l'appui de ces seules pièces, que son état de santé nécessite une prise en charge spécialisée en France, il ne rapporte pas la preuve, ni même n'allègue, qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié au Nigéria. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant d'adopter les décisions attaquées.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A déclare, comme il a été dit en point 1, être entré irrégulièrement sur le territoire français le 7 avril 2017, après avoir transité par l'Italie. S'il a sollicité la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire le 2 novembre 2017, il s'est maintenu sur le territoire national en dépit du rejet définitif de sa demande par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 31 octobre 2019 suivi du rejet d'une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. S'il justifie avoir reconnu trois des quatre enfants de Mme C E, nés en France le 20 septembre 2012, le 6 octobre 2015 et le 19 novembre 2018 et scolarisés en France, par la production d'un justificatif de domicile édité le 2 décembre 2022 et d'une attestation de la caisse d'allocations familiales en date du 19 avril 2023 évoquant une situation de concubinage depuis le 24 janvier 2021, il ne rapporte pas la preuve d'une situation de concubinage suffisamment stable et ancienne avec Mme C E, ressortissante nigériane, mère d'unenfant français, mais dont le titre de séjour avait expiré à la date de la décision attaquée, ce qui interroge sur la volonté de celle-ci de se maintenir en France. Enfin, M. A n'établit pas ne plus avoir d'attache familiale et amicale au Nigéria, pays où il a vécu régulièrement au moins jusque l'âge de 38 ans, alors par ailleurs qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a effectué plusieurs allers-retours entre la France et la Nigéria, ainsi que le démontre la reconnaissance de paternité effectuée le 8 octobre 2015 en France et le fait qu'il aurait rencontré sa compagne à Paris en 2011. Il ne justifie pas d'autre attache familiale ou amicale en France. Dans ces circonstances, M. A n'est pas fondé à se prévaloir d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de sorte que le moyen doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté.

9. Par ailleurs, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

10. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que M. A, qui a fait plusieurs allers-retours entre la France et le Nigéria, ne justifie pas d'une relation stable avec ses enfants, tandis qu'il ne démontre pas, par les pièces qu'il produit, contribuer à l'entretien et à l'éducation de ses enfants. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant obligation de quitter le territoire français pris à l'encontre de M. A porte une atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants. Le moyen doit donc être écarté.

11. Si M. A invoque une méconnaissance du 9°) de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par les pièces qu'il produit, il ne rapporte pas la preuve que le défaut de prise en charge médicale de sa pathologie au poignet entraînerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni même, comme il a été dit au point 5, qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié au Nigéria. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

12. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne saurait être utilement soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français dès lors que celle-ci n'implique pas, par elle-même, le renvoi dans le pays d'origine. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.

13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision refusant un délai de départ volontaire :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 du même code ajoute que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ".

16. Il ressort de la décision attaquée que le préfet du Nord, pour refuser au requérant un délai de départ volontaire, s'est fondé sur le fait que M. A s'était maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de son délai de départ volontaire prévu dans l'arrêté du 19 avril 2021 portant obligation de quitter le territoire français et qu'il avait explicitement mis en avant son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. Dès lors, le préfet du Nord n'a pas méconnu les dispositions citées au point précédent en refusant à M. A un délai de départ volontaire, les circonstances que son comportement ne constituerait pas une menace à l'ordre public et qu'il ne présenterait pas de risque de fuite étant sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision refusant un délai de départ volontaire doivent être rejetées.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la partie requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

19. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés en point 8, M. A n'est pas fondé à se prévaloir d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, où il a vécu jusqu'à l'âge de 38 ans, de sorte que le moyen doit être écarté.

20. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

21. Par les pièces qu'il produit, M. A, qui a vu sa demande d'asile définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile du 31 octobre 2019, ne rapporte pas la preuve qu'il serait soumis à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays et n'établit pas davantage qu'il ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié de ses douleurs au poignet au Nigéria. Il s'ensuit que le moyen doit être écarté.

22. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

23. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la partie requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

24. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés en point 8, M. A n'est pas fondé à se prévaloir d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, de sorte que le moyen doit être écarté.

25. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés en point 10, M. A n'est pas fondé à se prévaloir d'une méconnaissance du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.

26. Enfin, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". En outre, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

27. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord, qui s'est notamment fondé sur le fait que M. A s'était soustrait à une précédente mesure d'éloignement, a commis une erreur d'appréciation sur la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, limitée à une année. Le moyen doit donc être écarté.

28. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 12 avril 2023 par laquelle le préfet du Nord lui a interdit de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an.

29. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 avril 2023 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d'un an. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet du Nord.

Lu en audience publique le 25 avril 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

V. FOUGÈRES

La greffière,

Signé

F. JANET

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026