jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2303419 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BALAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 avril 2023, M. et Mme A B, représentés par Me Bodart, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté en date des 3 août 2022 et 9 août 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-André-lez-Lille et le maire de la commune de Marquette-lez-Lille ont accordé le permis de construire n° PC 059386 22 S0004 et n° PC 059527 22 00011 à la société civile immobilière Les Muchots sur un terrain sis rue Hôpital Saint-Jean de Dieu à Marquette-lez-Lille, parcelles cadastrées B21, B22, B4106, B4710 et A7600 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-André-lez-Lille et de la commune de Marquette-lez-Lille la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- en leur qualité de voisins immédiats du terrain, ils ont qualité pour agir et l'urgence est présumée ;
- le plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole européenne de Lille approuvé le 12 décembre 2019, en tant qu'il classe le terrain de la société Les Muchots en zone économique, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; le précédent plan local d'urbanisme intercommunal, approuvé le 8 décembre 2004, classait les parcelles en litige en zone d'activités diversifiées et les plans d'occupation des sols communaux des communes de Saint-André-lez-Lille et de Marquette-lez-Lille les classaient, avant l'entrée en vigueur de ce plan local d'urbanisme intercommunal, en zone agricole protégée ou en zone naturelle ; la décision d'admettre la constructibilité de ces parcelles est peu justifiée dans le rapport de présentation du plan local d'urbanisme intercommunal approuvé en 2004 ; le classement des parcelles en zone UE est incompatible avec le projet d'aménagement et de développement durables du SCOT de Lille Métropole approuvé le 10 février 2017, qui comprend comme objectif de garantir le foncier à usage agricole, ainsi qu'avec certaines des orientations du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intercommunal approuvé le 12 décembre 2019 ; les parcelles B21 et B22 accueillent une culture de céréales, la démonstration d'un potentiel agricole justifiant un classement en zone A ;
- l'arrêté accordant le permis de construire n° PC 059386 22 S0004 a été signé par l'adjoint délégué au maire de la commune de Marquette-lez-Lille alors que l'exercice de la compétence prévue par l'article L. 2122-17 du code général des collectivités territoriales est limité aux seuls actes et opérations dont l'accomplissement s'impose normalement pendant la durée de l'empêchement du maire et que cet arrêté ne peut être regardé comme tel, le délai d'instruction de la demande de permis expirant au plus tôt le 2 septembre 2022, soit après la période d'absence du maire de la commune ;
- l'arrêté en litige a été pris en méconnaissance des dispositions générales du plan local d'urbanisme relatives au stationnement des vélos, et en particulier de l'annexe documentaire du règlement n° 2 de son livre V, qui imposent un emplacement de vélo d'une surface minimum de 1,5 m2 par 100 m2 de surface de plancher avec un minimum de 5 m2 ; le projet de la société Les Muchots prévoit la création de trois emplacements vélos de 5 m2 chacun alors qu'il aurait dû prévoir la création de 16,715 m2 d'emplacements vélos devant accueillir au moins 12 vélos ; le permis de construire ne prévoit ainsi ni la bonne surface, ni le bon nombre d'emplacements de vélos ;
- l'arrêté en litige a été pris en méconnaissance des dispositions générales du plan local d'urbanisme relatives à l'adaptation au changement climatique et à la transition énergétique dès lors que le projet de la société Les Muchots ne prévoit pas d'équiper les trois emplacements vélos en prises de courant ;
- il appartenait aux maires des communes de Saint-André-lez-Lille et Marquette-lez-Lille d'écarter les dispositions illégales du plan local d'urbanisme intercommunal approuvé en 2019 et d'appliquer en lieu et place celles du document antérieur ; les dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal approuvé en 2004 étant elles-mêmes illégales, il leur appartenant d'appliquer celles des documents antérieurs ; en s'abstenant de procéder ainsi, ils ont commis une erreur de droit entachant d'illégalité le permis litigieux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2023, la société civile immobilière Les Muchots, représentée par Me Balaÿ, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme B le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- M. et Mme B, qui ne subiront aucune atteinte, ne justifient d'aucun intérêt pour agir et leur requête est par suite irrecevable ;
- le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige a été pris en méconnaissance des dispositions générales du plan local d'urbanisme relatives au stationnement des vélos est inopérant, les requérants se prévalant d'une annexe documentaire qui n'est pas applicable ;
- si le projet prévoit trois prises de courant pour la recharge des vélos électriques ou assimilés, le dossier de permis de construire ne le précise pas et une demande de permis de construire modificatif a été déposée pour préciser ce point ;
- les autres moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2023, la commune de Saint-André-lez-Lille et la commune de Marquette-lez-Lille, représentées par la SCP Manuel Gros, Héloïse Hicter, Audrey d'Halluin et associés, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme B le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- M. et Mme B, qui ne subiront aucun préjudice du fait de la réalisation du projet de la société Les Muchots, ne justifient d'aucun intérêt pour agir et leur requête est par suite irrecevable ;
- le moyen tiré de l'irrégularité du rapport de présentation du plan local d'urbanisme intercommunal approuvé en 2004 est irrecevable, en application de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige a été pris en méconnaissance des dispositions générales du plan local d'urbanisme relatives au stationnement des vélos est inopérant, les requérants se prévalant d'une annexe documentaire qui n'est pas applicable ;
- les autres moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lemaire, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 27 avril 2023 à 9 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Dérégnieaux, greffière d'audience :
- le rapport de M. Lemaire, vice-président,
- les observations de Me Bodart, avocat de M. et Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; il soutient, en outre, que la qualité de voisins immédiats de M. et Mme B crée une présomption d'intérêt pour agir, qui n'est pas renversée en l'espèce,
- les observations de Me Dubois-Catty, représentant la SCP Manuel Gros, Héloïse Hicter, Audrey d'Halluin et associés, avocat de la commune de Saint-André-lez-Lille et de la commune de Marquette-lez-Lille,
- et les observations de Me Balaÿ, avocat de la société Les Muchots.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date des 3 août 2022 et 9 août 2022, le maire de la commune de Saint-André-lez-Lille et le maire de la commune de Marquette-lez-Lille ont accordé à la société Les Muchots le permis de construire un bâtiment d'activités avec des places de stationnement sur un terrain sis rue Hôpital Saint-Jean de Dieu à Marquette-lez-Lille.
2. M. et Mme B, voisins du terrain appartenant à la société Les Muchots, demandent au juge des référés de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté des maires des communes de Saint-André-lez-Lille et Marquette-lez-Lille en date des 3 août 2022 et 9 août 2022.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ".
4. En l'état de l'instruction et dans les circonstances particulières de l'espèce, aucun des moyens susvisés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par les communes de Saint-André-lez-Lille et Marquette-lez-Lille et la société Les Muchots ou de se prononcer sur l'existence d'une situation d'urgence, les conclusions à fin de suspension présentées par M. et Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge des communes de Saint-André-lez-Lille et Marquette-lez-Lille, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, le versement de la somme que M. et Mme B demandent au titre des frais qu'ils ont exposés. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants le versement aux communes de Saint-André-lez-Lille et Marquette-lez-Lille et à la société Les Muchots des sommes qu'elles demandent au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par les communes de Saint-André-lez-Lille et Marquette-lez-Lille au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par la société Les Muchots au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A B, à la commune de Saint-André-lez-Lille, à la commune de Marquette-lez-Lille et à la société civile immobilière Les Muchots.
Fait à Lille, le 27 avril 2023.
Le juge des référés,
Signé
O. LEMAIRE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026