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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2303918

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2303918

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2303918
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDANSET-VERGOTEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er et 10 mai 2023, M. A D, représenté par Me Danset-Vergoten, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les décisions du 29 avril 2023 par lesquelles le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le Monténégro comme pays de destination de la mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de procéder à un nouvel examen de sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- Elle a été édictée par une autorité incompétente ;

- Elle est insuffisamment motivée ;

- Elle est empreinte d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- Elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- Et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

- Elle a été édictée par une autorité incompétente ;

- Elle est insuffisamment motivée ;

- Elle est empreinte d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- Elle est fondée sur une décision l'obligeant à quitter le territoire français qui est elle-même irrégulière ;

- Et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- Elle a été édictée par une autorité incompétente ;

- Elle est insuffisamment motivée ;

- Elle est empreinte d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- Elle est fondée sur une décision l'obligeant à quitter le territoire français qui est elle-même irrégulière ;

- Elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- Et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- Elle a été édictée par une autorité incompétente ;

- Elle est insuffisamment motivée ;

- Elle est empreinte d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- Elle est fondée sur une décision l'obligeant à quitter le territoire français qui est elle-même irrégulière ;

- Elle viole les dispositions des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- Elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- Et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le décret 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Larue en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Larue, magistrat désigné qui a mis les parties en mesure de présenter leurs observations sur la substitution, notifiée à l'audience, du 1° au 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile comme base légale de l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. D ;

- les observations de Me Roussel, substituant Me Danset-Vergoten, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins que ses précédents écrits en ajoutant que l'obligation de quitter le territoire français ne saurait être fondée sur une décision de refus de titre de séjour qui a été adoptée postérieurement à son édiction ;

- les observations de Me Hafdi, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé ;

- et les observations de M. D qui a répondu aux questions qui lui ont été posées.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant monténégrin né le 17 janvier 1987, déclare être entré irrégulièrement en France en 2004. Il a été interpellé, 28 avril 2023 à 14h45, dans le cadre d'une enquête de flagrance consécutive à un vol commis sur le parking du centre commercial, à l'enseigne Auchan, de Faches Thusmenil et après qu'une part des effets volés aient été retrouvés à son domicile. N'étant pas à même de justifier de son droit à circuler ou séjourner en France, M. D a fait l'objet, le 29 avril 2023, d'une obligation de quitter, sans délai, le territoire français à destination de le Monténégro ainsi que d'une interdiction de retour sur le sol français d'une durée de deux ans. Par la présente requête, M. D demande au Tribunal d'annuler ces décisions.

Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

2. En premier lieu, par un arrêté du 23 décembre 2022, publié le 29 décembre 2022 au recueil spécial n° 305 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à M. B, sous-préfet de Valenciennes, signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer, notamment durant ses permanences, comme ce fut le cas en l'espèce, les décisions attaquées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du signataire des décisions querellées manquent en fait et doivent donc être écartés.

3. En second lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit, quand bien même il se fonde à tort pour justifier l'obligation de quitter le territoire français sur une décision de refus de titre de séjour qui n'avait pas encore été édictée, sur lesquelles il fonde ses décisions. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation des décisions attaquées ne peuvent être accueillis.

Sur les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () 3 ° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".

4. Contrairement à ce qu'indiquent les motifs de l'arrêté attaqué, M. D ne s'est vu refuser que le 5 mai 2023, soit postérieurement à la mesure l'obligeant à quitter le territoire français attaquée, le titre de séjour qu'il avait sollicité. Par suite, la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français litigieuse ne pouvait être prise sur le fondement des dispositions précitées du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.

6. Les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile peuvent être substituées à celles du 3° du même article ayant fondé à tort l'arrêté querellé dès lors, premièrement, que, M. D, qui ne peut justifier ni être entré régulièrement sur le territoire français, ni y avoir été titulaire d'un titre de séjour, se trouvait dans la situation où, en application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet pouvait légalement décider de l'obliger à quitter le territoire français, deuxièmement, que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et, troisièmement, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.

5. En deuxième lieu, M. D soutient que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux et complet de sa situation au motif qu'il a fondé à tort la décision querellée sur la décision de refus de titre de séjour qui n'a été édictée que postérieurement à l'acte attaqué. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des mails des 14 et 28 avril 2023, qu'avant même l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français attaquée, le préfet du Nord était informé que M. D, dont la communauté de vie avec sa femme n'avait pas pu être vérifiée et qui n'était pas entré régulièrement sur le territoire français, ne pouvait pas prétendre à la délivrance d'un titre portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint d'une ressortissante française. De sorte que, nonobstant l'erreur de base légale commise, le préfet du Nord ne saurait être regardé comme ne s'étant pas livré à un examen sérieux et complet du dossier de M. D.

6. En dernier lieu, l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

7. M. D déclare être entré irrégulièrement en France en 2004, à l'âge de 17 ans, où il n'établit toutefois pas être demeuré habituellement depuis lors. S'il s'est marié, le 21 février 2020, avec une ressortissante française, il n'a sollicité un titre en qualité de conjoint de français que le 4 janvier 2023 et il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes mêmes de l'attestation de Mme C, qu'il n'y a jamais eu de communauté de vie entre les époux, lesquels n'ont pas d'enfant. En outre, si M. D fait état d'attaches familiales sur le territoire français, il a admis à l'audience qu'aucun de ses proches ne résidait régulièrement en France. De plus, M. D, qui n'a pas de travail, qui est défavorablement connu des services de police, ce qui lui a valu d'être emprisonné durant 14 mois, au total, depuis l'année 2017, et qui ne fait état que d'un ami avec lequel il se rend régulièrement à la salle de sport, n'est pas fondé à soutenir qu'il disposerait en France du centre de ses intérêts privés. Il n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait, en l'obligeant à quitter le territoire français, méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. D, à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les autres moyens dirigés contre le refus de départ volontaire :

9. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent du présent jugement, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

10. En second lieu, M. D se borne à soutenir que la décision attaquée serait empreinte d'un défaut d'examen sérieux et complet de sa situation et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Toutefois, ces moyens, qui ne s'appuient sur aucun élément de faits propres à sa situation personnelle, ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.

11. Il résulte donc de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

12. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 8 du présent jugement, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

13. En deuxième lieu, M. D se borne à soutenir que la décision attaquée serait empreinte d'un défaut d'examen sérieux et complet de sa situation. Toutefois, ce moyen, qui ne s'appuie sur aucun élément de faits propres à sa situation personnelle, n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.

14. En dernier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 du présent jugement, M. D n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait, en fixant le Monténégro comme pays de destination de la mesure d'éloignement, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. D, à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement prise à son encontre, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les autres moyens dirigés contre l'interdiction de retour sur le territoire français :

16. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 8 du présent jugement, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

17. En deuxième lieu, M. D se borne à soutenir que la décision attaquée serait empreinte d'un défaut d'examen sérieux et complet de sa situation. Toutefois, ce moyen, qui ne s'appuie sur aucun élément de faits propres à sa situation personnelle, n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.

18. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ". Il résulte de ces dispositions combinées que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.

19. En l'espèce, M. D, qui a notamment fait l'objet d'une condamnation à 3 mois d'emprisonnement avec sursis pour vol aggravé en août 2013, d'une condamnation à 10 mois d'emprisonnement pour recel en bande organisée en octobre 2017 et d'une condamnation à 4 mois d'emprisonnement en 2020 suite à des violences sur conjoint commises entre le 2 et le 4 juillet 2017, et qui a été interpellé, en possession d'une part des effets volés, dans le cadre d'une enquête de flagrance consécutive à un vol, constitue une menace pour l'ordre public. Il a, par ailleurs, fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, le 9 avril 2018 et n'établit pas résider habituellement sur le territoire français, où il ne dispose d'aucune attache familiale en situation régulière. Ainsi M. D n'est pas fondé à soutenir qu'en interdisant son retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, le préfet du Nord aurait méconnu les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

20. En dernier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 du présent jugement, M. D n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait, en interdisant son retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

21. Il suit de là que M. D n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

22. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de M. D ne peuvent être accueillies.

Sur les conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet du Nord.

Prononcé en audience publique le 11 mai 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

X. LARUE

La greffière,

Signé

G. GREGOIRE

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2303918

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