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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2304225

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2304225

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2304225
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantLEQUIEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 mai 2023, Mme B E épouse D, représentée par Me Lequien, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 24 mars 2023 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de

150 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de faire procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable, les décisions attaquées lui ayant été notifiées par lettre recommandée avec accusé de réception de sorte que le délai de recours de 48 heures prévu à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui est pas opposable ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;

- elle ne pouvait être fondée sur les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lequel ne s'applique pas aux ressortissants algériens ; en outre compte-tenu de la différence de rédaction entre l'article précité et les stipulations du 5 de l'article 6 de l'accord précité, la substitution de base légale n'est pas " opportune " ;

- elle méconnaît les stipulations du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de ce refus sur sa situation personnelle et de ses enfants ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- la décision est insuffisamment motivée pour ne pas viser les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il incombe à l'administration de démontrer que son comportement justifie le refus d'accorder un délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2023, le préfet du Nord, représenté par la SELARL Centaure avocats, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable comme tardive ;

- les moyens soulevés par Mme E épouse D ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la décision du préfet du Nord en date du 24 mars 2023 refusant la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale" trouve son fondement légal dans les stipulations du 5 l'article 6 de l'accord franco-algérien, qui peuvent être substituées aux dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Riou, vice-président,

- les observations de Me Lequien, avocate de Mme E épouse D,

- et les observations de Me Hau pour le préfet du Nord.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E épouse D, ressortissante algérienne née le 2 janvier 1978 est entrée régulièrement en France le 30 mai 2016 sous couvert d'un visa de court séjour de type C, avec son époux, ressortissant algérien et leurs deux enfants mineurs. Le 4 juin 2021, elle a formé une demande d'admission exceptionnelle au séjour, rejetée le 11 avril 2022. Le 13 juin 2022, elle a demandé la délivrance d'un certificat de résidence algérien " vie privée et familiale " au titre de ses liens privés et familiaux en France. Par un arrêté du 24 mars 2023, le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Mme E épouse D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la recevabilité de la requête :

2. Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. / () ". Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " () / II. Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ".

3. Il résulte de ces dispositions que les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire peuvent faire l'objet d'un recours devant la juridiction administrative dans un délai de quarante-huit heures à compter de leur notification par voie administrative. Par suite, la notification d'une telle mesure à l'intéressé par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quand bien même elle comporte l'indication de ce délai de recours contentieux, n'est pas de nature à le faire courir.

4. Il n'est pas contesté que l'arrêté contesté du 24 mars 2023 refusant de délivrer à Mme E épouse D un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an lui a été notifié par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, et non par la voie administrative, comme le prévoient les dispositions citées au point 2. Dans ces conditions, le délai de recours contentieux de quarante-huit heures n'est pas opposable à l'intéressée et la requête de Mme E épouse D, enregistrée au greffe du tribunal le 21 avril 2023 ne peut être regardée comme tardive. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par le préfet du Nord doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

5. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 30 janvier 2023, publié le même jour au recueil spécial n° 26 des actes administratifs de l'Etat dans le département du Nord, le préfet du Nord a donné délégation à Mme C A, sous-préfète d'Avesnes-sur-Helpe, signataire de l'arrêté contesté, à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision doit être écarté.

6. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige, ni des autres pièces versées au dossier, que le préfet du Nord n'aurait pas procédé, compte tenu des informations en sa possession à la date de sa décision portant refus de titre de séjour, à un examen particulier de la situation personnelle de Mme E épouse D.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du

27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale est délivré de plein droit : / () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

8. Les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont le préfet du Nord a fait application à la situation de Mme E épouse D, ne s'appliquent pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

9. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.

10. En l'espèce, le refus de titre de séjour contesté trouve son fondement légal dans les stipulations du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien précité qui peuvent être substituées aux dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie. Par ailleurs, l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer ces dispositions et ces stipulations.

11. Il ressort des pièces du dossier que Mme E épouse D est arrivée en France en 2016 avec un visa qui ne lui donnait pas vocation à s'installer durablement, accompagnée de son époux et de leurs deux enfants mineurs. Sa fille, désormais majeure, poursuit des études supérieures à l'université de Paris-Est Créteil et son fils, né en 2013, bénéficie d'un accompagnement au sein du centre médico-psychologique de Fourmies et d'une scolarité en unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS) à raison de troubles dysphasiques. Toutefois, Mme E épouse D n'établit pas que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer en Algérie, pays dont tous les membres ont la nationalité et où résident ses parents, deux frères et une sœur. Par ailleurs, Mme E épouse D se prévaut du suivi d'une formation en langue française et de sa participation régulière à des ateliers ou sorties culturelles auprès de l'association Mots et Merveilles et de la réalisation de missions d'intérim dans le secteur de l'entretien et le nettoyage des locaux depuis le 30 janvier 2023. Elle verse aux débats une lettre de recommandation du maire de Fourmies du 20 avril 2023, une attestation du député de la troisième circonscription du Nord du 2 mai 2023 ainsi qu'un document non daté recueillant de courts témoignages de moralité de vingt-sept personnes, l'ensemble de ces documents produits visant à attester de la bonne intégration de tous les membres de la famille de Mme E épouse D. Néanmoins, ces éléments ne permettent pas de regarder l'insertion de l'intéressée comme durable et stable et de considérer qu'elle aurait ainsi fixé le centre de ses intérêts privés en France. En outre, Mme E épouse D n'établit ni même n'allègue qu'elle ne pourrait se réinsérer socialement et professionnellement dans son pays d'origine, qu'elle a quitté à l'âge de 38 ans. Dans ces conditions, la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour n'a pas porté au droit de Mme E épouse D au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé doit être écarté.

12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point précédent, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation sur les conséquences de la décision sur la situation personnelle de l'intéressée doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision portant obligation de quitter le territoire français manque en fait et doit dès lors être écarté.

14. En deuxième lieu, la décision obligeant Mme E épouse D à quitter le territoire français, dont la motivation se confond avec celle de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour dont elle découle nécessairement, n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait de l'espèce, énonce avec suffisamment de précisions les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Les mentions qu'elle comporte sont ainsi de nature à mettre en mesure la requérante d'en discuter utilement les motifs et le juge d'exercer son contrôle sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision en litige doit être écarté.

15. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige, ni des autres pièces versées au dossier, que le préfet du Nord n'aurait pas procédé, compte tenu des informations en sa possession à la date de sa décision portant obligation de quitter le territoire français, à un examen particulier de la situation personnelle de Mme E épouse D.

16. En dernier lieu, pour les motifs mentionnés au point 11 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur ses conséquences doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

17. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ".

18. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que pour refuser un délai de départ volontaire à Mme E épouse D sur le fondement des dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet lui a opposé la circonstance qu'elle ne démontrait pas avoir exécuté une précédente mesure d'éloignement prise à son encontre le 28 novembre 2019. Toutefois, cette circonstance n'établit pas que l'intéressée s'est effectivement soustraite à l'exécution d'une mesure d'éloignement édictée plus de trois ans avant la décision en litige et ne caractérise pas un risque qu'elle se soustraie à la décision lui portant obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet. Au surplus, en refusant pour ce seul motif à Mme E épouse D un délai de départ volontaire, alors qu'elle a encore à charge avec son époux un enfant de dix ans, scolarisé dans une unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS), le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, Mme E épouse D est fondée à soutenir que la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur d'appréciation et pour ces motifs, à en demander l'annulation.

19. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent, que par voie de conséquence de l'annulation de la décision lui refusant l'octroi de délai de départ volontaire et sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens de la requête dirigés contre cette décision, Mme E épouse D est fondée à demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, fondée sur les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les décisions en date du 24 mars 2023 par lesquelles le préfet du Nord a refusé à Mme E épouse D l'octroi d'un délai de départ volontaire et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an doivent être annulées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

21. Le présent jugement, qui annule la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, implique seulement la rectification du fichier du système d'information Schengen, en tant que l'intéressée est inscrite dans ces fichiers au titre de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à cette rectification dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'État, qui ne peut être regardé comme la partie perdante, pour l'essentiel, dans la présente instance, soit condamné à verser à Mme E épouse D la somme qu'elle demande en application de ces dispositions.

DÉCIDE :

Article 1er : Les décisions en date du 24 mars 2023 par lesquelles le préfet du Nord a refusé à Mme E épouse D l'octroi d'un délai de départ volontaire et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de rectifier le signalement de Mme E épouse D dans le fichier du système d'information Schengen, en tant qu'elle est inscrite dans ce fichier au titre de l'interdiction de retour sur le territoire français, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E épouse D est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E épouse D et au préfet du Nord.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Riou, président,

- Mme Jaur, première conseillère,

- Mme Célino, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

A. JaurLe président-rapporteur,

Signé

J.-M. Riou

La greffière,

Signé

D. Wisniewski

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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