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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2304522

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2304522

vendredi 26 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2304522
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantKARILA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 mai 2023 et 25 mai 2023, M. A B, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 17 mai 2023 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de 15 jours suivant la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles ont été prises par une autorité incompétente ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;

En ce qui concerne la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est illégale en ce que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;

- elle est illégale en ce qu'il ne présente pas de risque de fuite ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention contre la torture et autres traitements cruels et inhumains ;

En ce qui concerne la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux circonstances humanitaires dont il se prévaut ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête présentée par M. B, qui ne comporte aucune conclusion et aucun moyen, en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, est irrecevable ;

- à titre subsidiaire, la motivation des moyens présentés par M. B est insuffisante et rend la requête irrecevable ;

- en tout état de cause, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bonhomme en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bonhomme, magistrate désignée ;

- les observations de Me Karila, avocat de M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle développe ;

- les observations de M. B, assisté de Mme C, interprète en langue géorgienne ;

- la préfète de l'Oise n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant géorgien né le 31 décembre 1986 à Afxazia, demande l'annulation de l'arrêté en date du 17 mai 2023 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

2. En premier lieu, par un arrêté du 6 février 2023, régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs n° de la préfecture, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. Sébastien Lime, secrétaire général, à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté en litige doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui vise l'ensemble des textes dont la préfète de l'Oise a fait application et rappelle la situation personnelle et familiale de M. B, mentionne, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées doit être écarté.

4. En dernier lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de celle-ci. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige a été notifié au requérant par le truchement d'un interprète en langue russe, langue qu'il comprend. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la notification des décisions contestées ne peut qu'être écarté.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que la préfète de l'Oise a estimé que M. B, qui se prévalait de sa situation de concubinage et du handicap de la fille de sa compagne, ne justifiait ni de la nécessité de sa présence aux côtés de celles-ci ni de l'étroitesse de leurs liens. Si dans le cadre de la présente instance le requérant a produit des pièces attestant de la situation administrative de sa compagne, de l'état de santé de l'enfant de cette dernière, et des liens qu'ils entretiennent, ces éléments n'avaient, d'une part, pas été produits lorsque la préfète de l'Oise s'est prononcée sur la situation familiale du requérant et d'autre part, n'établissent pas que l'autorité préfectorale se serait fondée sur des faits erronés lorsqu'elle a apprécié la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision faisant à M. B obligation de quitter le territoire français serait entachée d'une erreur de fait doit être écarté.

6. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. B est arrivé en France en novembre 2017, selon ses déclarations. Il a formulé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office pour la protection des réfugiés et des apatrides le 29 octobre 2018. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 21 décembre 2018. M. B a deux enfants mineurs qui résident en Géorgie avec leur mère, dont il indique être séparé. Le requérant justifie vivre en France en concubinage avec une compatriote, qui bénéficie de la protection subsidiaire, et entretenir des liens privilégiés avec la fille de cette dernière, qui souffre d'un handicap. Si le requérant se prévaut de la stabilité et du sérieux de sa situation de concubinage, la durée de cette relation, de quatre ans selon le requérant et de trois ans selon sa compagne, est toutefois limitée et le mariage évoqué par le couple n'est à ce jour qu'au stade du projet. Par ailleurs, s'il est établi que M. B soutient sa compagne dans la prise en charge du handicap de son enfant, qui souffrirait de paralysie cérébrale, il n'est pas démontré que sa présence serait indispensable aux côtés de ces dernières. De plus, s'il indique à l'audience ne plus entretenir de relations avec ses enfants mineurs qui résident en Géorgie avec leur mère dont il est séparé, il ne produit aucun élément en ce sens, alors qu'il avait indiqué lors de son audition souhaiter faire venir ses enfants en France, et il ne démontre pas qu'il serait isolé en cas de retour dans son pays où réside toujours son père et où il a vécu jusqu'à l'âge de 31 ans. Enfin, s'il ressort des pièces du dossier que M. B travaille occasionnellement de façon non déclarée, il ne justifie d'aucune insertion professionnelle en France. Il n'établit ni même allègue être particulièrement intégré dans la société française. Dans ces conditions, et alors même que la situation administrative de la compagne de M. B rend difficile un retour pour cette dernière en Géorgie et la poursuite dans ce pays de leur relation, la préfète de l'Oise n'a pas, en prenant la décision attaquée, porté une atteinte manifestement disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ :

8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ du fait de l'illégalité de la décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français doit être écarté.

9. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Enfin, l'article L. 612-3 du même code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

10. Pour refuser d'accorder à M. B un délai de départ volontaire, la préfète de l'Oise s'est notamment fondée sur la menace à l'ordre public que présenterait le comportement du requérant. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que M. B est connu des services de police pour des faits de vols aggravés, recels de vol, délits de fuite après accident par conducteur de véhicule terrestre et circulation avec un véhicule terrestre sans assurance, commis en 2018, 2019 et 2020, les suites apportées à ces procédures sont inconnues et la seule mention de ces délits dans le fichier de Traitement des antécédents judiciaires ne permet pas d'établir de la culpabilité du requérant relativement à ces faits. En outre, s'il ressort des pièces du dossier que M. B a été interpellé en possession d'1,48 grammes d'héroïne, qu'il a reconnu avoir achetée pour sa consommation personnelle, ces faits sont insuffisants pour caractériser une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, c'est à tort que la préfète de l'Oise s'est fondée sur le 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité pour refuser d'octroyer au requérant un délai de départ volontaire.

11. Toutefois, il ressort des termes de la décision attaquée que la préfète de l'Oise s'est également fondée sur le risque de fuite que présenterait M. B pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que le requérant n'a pas présenté de documents d'identité ou de voyage en cours de validité, et qu'il s'est soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement prises le 23 mai 2019 par le préfet de l'Oise et le 24 novembre 2020 par la préfète de la Somme. Dans ces conditions, c'est à bon droit que la préfète de l'Oise a considéré que M. B présentait un risque de fuite au regard du 5° et du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précités, et elle pouvait, pour ces seuls motifs, refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination

12. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 7, le moyen tiré de l'illégalité de la décision faisant à M. B obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

13. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 3, 1 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants : " Aucun Etat partie n'expulsera, ne refoulera, ni n'extradera une personne vers un autre Etat où il y a des motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture ".

14. Si M. B soutient qu'il sera exposé à des problèmes en Géorgie en raison des exactions qu'auraient commises des membres de la famille de son ex-compagne, il ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations. Il ne démontre pas davantage qu'il serait, pour ces raisons, exposé à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des stipulations de l'article 3,1 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants doit être écarté.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision faisant interdiction de retour pour une durée de deux ans :

15. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 7, le moyen tiré de l'illégalité de la décision faisant à M. B obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

17. Si M. B se prévaut de circonstances humanitaires du fait de la situation administrative de sa compagne, qui bénéficie de la protection subsidiaire, et de leur impossibilité de poursuivre leur relation en Géorgie, il résulte de ce qui a été dit au point 7 que le requérant dispose d'attaches importantes dans son pays d'origine et que la durée de son concubinage en France, où il ne démontre pas être particulièrement intégré, est limitée. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en lui faisant interdiction de retour sur le territoire français, la préfète de l'Oise aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

18. En troisième lieu, compte tenu de la durée de présence de M. B en France, de sa faible intégration sur le territoire national, hormis sa situation de concubinage, et eu égard au fait qu'il s'est soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement, la préfète de l'Oise n'a pas commis d'erreur d'appréciation en fixant à deux années la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français.

19. En dernier lieu, compte tenu de la situation personnelle et familiale de M. B telle qu'énoncée au point 7, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

20. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 17 mai 2023 par lequel la préfète de l'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, Me Brigitte Karila et à la préfète de l'Oise.

Jugement rendu en audience publique le 26 mai 2023.

La magistrate désignée,

Signé

F. BONHOMMELe greffier,

Signé

H. LEROUX

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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