mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2305188 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BALAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 9, 26 et 29 juin 2023, M. et Mme D et C E, représentés par Me Hivet, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative,
la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 mai 2023 par lequel les maires des communes de Mouvaux et de Marcq-en-Barœul ne se sont pas opposés à la déclaration préalable de travaux n° DP 059421 23 O0013 et n° DP 059372283O0079 portant sur construction d'une piscine, d'une terrasse et d'un local technique, sur l'abattage de 6 arbres et la plantation de 16 nouveaux arbres sur une parcelle, située 124 avenue du Hautmont à Mouvaux jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité ;
2°) de mettre à la charge solidaire des communes de Mouvaux et de Marcq-en-Barœul une somme de 5 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ; ils ont un intérêt à agir ; il sont voisins immédiats et propriétaires d'une maison d'habitation ; le projet va entraîner une vue directe sur leur propriété en raison de l'abattage d'arbres, non loin de leur parcelle ; ils auront une vue directe sur la piscine ; le système de filtration de la piscine va nécessairement générer des nuisances ; l'abri dans lequel sera installé le système de filtration sera à proximité immédiate de leur chambre à coucher ; le bruit émanera nécessairement des cris des enfants et des adolescents qui joueront dans la piscine ;
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'ouvrage n'est pas achevé ; en revanche, aucune circonstance particulière ne justifie de renverser la présomption d'urgence.
En ce qui concerne le doute sérieux de la décision attaquée :
- l'arrêté a été pris par des autorités incompétentes pour ce faire ; par ailleurs, cet arrêté est entaché d'un vice d'incompétence, dès lors qu'il aurait été nécessaire de prendre deux arrêtés en fonction des parcelles objet des constructions ;
- le dossier de déclaration préalable de travaux était incomplet au regard des dispositions de l'article R.431-36 du code de l'urbanisme ; les documents constituant le dossier sont lacunaires ; aucun plan de masse n'a été joint ;
- l'arrêté méconnaît les règles d'implantation des piscines telles qu'elles sont définies par le plan local d'urbanisme ; selon l'article D du VI implantation des constructions par rapport aux limites séparatives du livre I des dispositions générales du plan local d'urbanisme, la piscine comprenant le bassin, la margelle et la terrasse doit être située à au moins 3 mètres de la limite séparative ; l'arrêté de non-opposition litigieux prévoit lui-même que la terrasse est soumise aux mêmes règles d'implantation prévues par le PLU et devra respecter en tout point un retrait minimum de 4 mètres par rapport à la parcelle A0721 ; l'implantation de la construction projetée comprend à la fois une piscine mais également une terrasse en bois Ipé sur fondation drainante et végétation autour du bassin ; la piscine et sa terrasse se trouvent en l'espèce à moins de trois mètres de la limite séparative avec la parcelle située au nord-est de la parcelle ; la terrasse se situe à environ deux mètres de la limite séparative ; alors que la piscine est en concordance avec les plans fournis du dossier de déclaration préalable , l'emplacement de la terrasse et de la piscine ne respecte pas la distance de quatre mètres de retrait exigée par les prescriptions particulières de l'autorisation d'urbanisme litigieuse ;
- il ressort du plan local d'urbanisme des dispositions strictes en matière d'abattage d'arbre dans un secteur paysage à respecter de type simple ; une compensation doit ainsi être réalisée c'est-à-dire qu'à raison d'un arbre abattu, deux nouveaux arbres doivent être plantés ; la compensation doit être réalisée en prévoyant des essences de même développement ; le projet de construction comprend l'abattage de 6 arbres et la plantation de 16 arbres ; le pétitionnaire n'a pas pris en considération l'obligation de compenser les arbres abattus avec des arbres ayant des essences de même développement ; la notice explicative est silencieuse sur le type d'arbres abattus et sur ceux qui vont être replantés ; le plan local d'urbanisme prévoit également que les abattages sont autorisés dans le cadre d'une construction d'une piscine si et seulement si l'abattage ne compromet pas l'ambiance végétale et la qualité paysagère du secteur ; quatre des six arbres à abattre se situent dans la partie de la parcelle des pétitionnaires ; ces abattages risquent nécessairement de modifier l'ambiance végétale de la parcelle ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme ; les communes n'ont pas tenu compte du risque d'inondation ; au cours des années 2000, un fossé avait été constaté au niveau de l'intégralité des terrains en mitoyenneté ; ce fossé a été busé et les terrains nivelés ; une construction a été entreprise par la société Maison et Architectures à proximité immédiate des parcelles litigieuses ; les propriétés du haut du Bailly étaient très fréquemment inondées ; un drain passe sous le projet de la construction de la piscine ; un projet immobilier récent a permis de constater durant le chantier en 2017 qu'un risque de débordement et d'inondation existe sur une parcelle à proximité de celles du pétitionnaire ; le réseau enterré a dû être pris en compte par les entreprises intervenues sur ce chantier ; un expert intervenu à leur demande confirme qu'il ne doit pas y avoir de réseau souterrain comme un réseau d'eaux pluviales ; l'expert confirme la présence d'un drain au droit de la propriété des pétitionnaires ; il était nécessaire de vérifier la bonne continuité de ce drain préalablement à toute construction ; selon cet expert, il existe un risque réel et sérieux d'inondation de la parcelle car le drain n'a aucunement été pris en compte dans la déclaration préalable de travaux ; il est probable que les fouilles importantes réalisées pour l'implantation de cette piscine ont certainement modifié la nature de cet environnement voire endommagé ce drain ; le risque d'atteinte pour la sécurité visé par l'article R .111-2 du code de l'urbanisme est aussi bien celui concernant les pétitionnaires que les tiers.
Par deux mémoires enregistrés les 27 et 29 juin 2023, la commune de Mouvaux, représentée par Me Balaÿ, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme E la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ; elle méconnaît les dispositions de l'article R.600-1 du code de l'urbanisme ; ces dispositions imposent de notifier aux requérants copie de leur requête dans un délai de 15 jours ; la requête au fond n'est en outre pas jointe à la requête ;
- les requérants ne démontrent pas l'existence d'un réel risque d'atteinte à leurs intérêts par le projet querellé ; la vue plongeante sur la propriété des pétitionnaires était préexistante et ne leur occasionne aucun préjudice ; le risque de nuisances sonores résultant du système de filtration n'est absolument pas démontré ; la machinerie n'émettra aucune nuisance sonore ; le projet est si limité qu'il ne porte pas une atteinte suffisante pour justifier qu'ils aient intérêt à agir ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ; le projet est quasiment achevé ; toutes les dalles en béton ont été coulées ; il ne reste plus qu'à poser les revêtements du sol et de la piscine et à construire l'abri de jardin ;
- la décision n'a pas été prise par des autorités incompétentes pour ce faire ;
- l'éventuelle insuffisance d'un document ne constitue pas une illégalité de nature à entacher la légalité de l'autorisation que si l'autorité compétente n'a pas pu compenser cette lacune par les autres pièces ; compte-tenu de l'ampleur limité du projet, le dossier fourni était suffisant pour permettre aux services instructeurs de porter une juste appréciation ; le dossier comporte trois plans de masse tous assortis d'une échelle ; deux plans à l'échelle 1/250 et un à l'échelle 1/150 ;
- s'agissant du respect des règles du plan local d'urbanisme à l'égard de l'implantation des piscines, l'arrêté n'est pas entaché d'illégalité ; l'article 2 de l'arrêté de non opposition aux travaux comporte une prescription imposant un retrait minimum de quatre mètres pour la terrasse attenante ; la légalité d'une autorisation d'urbanisme s'apprécie à la date de cette autorisation et est totalement indépendante de la conformité de l'exécution des travaux ;
- sur le respect des dispositions du plan local d'urbanisme relatives à l'abattage d'arbres, le dossier de déclaration préalable précise que 6 arbres seront abattus et que 16 arbres nouveaux sujets seront plantés ; le plan de repérage des arbres indique précisément l'essence des arbres abattus : un crataegus, 2 prunus, un conifère et un pinus ; il est précisé en marge de ce plan que 16 arbres replantés seront de type quercus ilex, eucalyptus, carpinus betulus les essences prévues sont des essences de grande ampleur ; la construction n'impacte aucunement l'ambiance végétale du site puisqu'un seul arbre était situé à l'emplacement de la terrasse de la piscine ; les autres arbres abattus n'ont aucun rapport avec la piscine mais simplement avec la volonté de redessiner un nouveau jardin plus qualitatif et plus boisé ; que le précédent ; la qualité paysagère du terrain va être renforcée par le projet ;
- l'arrêté n'a pas méconnu les dispositions de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme ; le prétendu risque d'inondation provenant de l'ancien terrain de football voisin situé en surplomb a été traité ; le projet immobilier en cours d'achèvement sur cet ancien terrain de football permet désormais de collecter la totalité des eaux pluviales du terrain, de les tamponner dans un bassin enterré et de les écouler ensuite vers le réseau public par le biais d'une canalisation traversant la parcelle 783 ; le système d'écoulement des eaux antérieurs qui semble ne pas avoir fonctionné correctement par le passé n'est donc plus utilisé pour assurer l'écoulement des eaux pluviales ; les diverses allégations de l'expert missionné par les requérants ne reposent sur aucun élément technique ; il n'est pas établi qu'un drain passerait sous la piscine ; l'exécution des travaux ne peut pas conditionner la légalité de l'autorisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2023, la commune de Marcq-en-Barœul conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête en référé suspension est irrecevable en l'absence de la production d'une copie de la requête au fond ;
- la requête au fond est irrecevable au regard des dispositions de l'article R.600-1 du code de l'urbanisme ; les requérants sont dépourvus d'un intérêt à agir à contester la décision attaquée ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ; les travaux sont quasiment achevés ;
- aucun des moyens invoqués n'est pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
La procédure a été communiquée à M. F qui n'a pas produit d'écritures en défense.
Le président du tribunal a désigné Lassaux, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête par laquelle M. et Mme E demande l'annulation de l'arrêté attaqué ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 juin 2023 à 15h30 :
- le rapport de M. Lassaux, juge des référés ;
- les observations de Me Hivet, représentant les requérants, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que la requête ;
- les observations de Me Balaÿ, représentant la commune de Mouvaux, qui conclut au rejet de la requête et reprend le contenu de ses écritures en défense ;
- et les observations orales de M. B, représentant la commune de Marcq-en-Barœul qui conclut au rejet de la requête repend le contenu de ses écritures en.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l 'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. F a déposé un dossier de déclaration préalable de travaux portant sur construction d'une piscine, d'une terrasse et d'un local technique, sur l'abattage de 6 arbres et la plantation de 16 nouveaux arbres sur une parcelle, située 124 avenue du Hautmont à Mouvaux. Par un arrêté du 3 mai 2023, les maires des communes de Mouvaux et de Marcq-en-Barœul ne se sont pas opposés à cette déclaration préalable de travaux formés par le pétitionnaire. Par cette requête, M. et Mme E, voisins du terrain en cause, demandent au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision du 3 mai 2023 de non-opposition aux travaux projetés par M. F.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du même code : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des moyens soulevés par les requérants tels que visés par la présente ordonnance, n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
4. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par les communes de Mouvaux et de Marcq-en-Barœul et sur la condition d'urgence, les conclusions à fin de suspension présentées par les requérants doivent être rejetées dans leur intégralité. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction présentées par ces mêmes requérants doivent également être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des communes de Mouvaux et de Marcq-en-Barœul, qui ne sont pas les parties perdantes à l'instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme de 3 000 euros que la commune de Mouvaux demande sur le fondement des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Mouvaux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D E, à Mme C E, à M. A F, à la commune de Marcq-en-Barœul et à la commune de Mouvaux.
Copie en sera transmise au procureur de la République de Lille.
Lille, le 4 juillet 2023.
Le juge des référés,
Signé
P. LASSAUX
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2305188
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026