mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2305256 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET QUENNEHEN - TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juin 2023, et un mémoire, enregistré le 28 juin 2023, l'association Al Amal - l'Espoir, représentée par Me Noury, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté en date du 18 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de A a refusé de lui délivrer un permis de construire valant autorisation d'ouverture au titre des établissements recevant du public enregistré sous le numéro PC0596482200016 ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune A de lui délivrer à titre provisoire, dans un délai de 7 jours, un permis de construire valant autorisation d'ouverture au titre des établissements recevant du public, ou à défaut de procéder, dans le même délai, au réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la commune de A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2023, la commune de A, représentée par Me Tourbier, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mis à la charge de l'association requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 28 juin 2023 à 14h30, en présence de Mme Benkhedim, greffière, M. Robbe, juge des référés, a lu son rapport et entendu :
- Me Noury, représentant l'association Al Amal - l'Espoir ;
- et Me Niquet, substituant Me Tourbier, représentant la commune de A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Al Amal - l'Espoir a conclu à A un bail à emphytéotique sur un terrain abritant plusieurs bâtiments occupés jusqu'alors par le centre de formation des apprentis. Elle est devenue propriétaire des terrains le 22 octobre 2021. Elle a déposé successivement, entre 2020 et 2022, quatre dossiers de demande de permis de construire valant autorisation d'ouverture au titre des établissements recevant du public d'un projet de réhabilitation d'un bâtiment abritant des salles de cours et une salle de prière. Les demandes de l'association ont toutes été rejetées par différents arrêtés du maire de A, le dernier ayant été pris le 18 janvier 2023. La demande de cette association tendant, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution de cet arrêté a été rejetée par une ordonnance n° 2302698 du 11 avril 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Lille, en l'absence d'urgence. Par la présente requête, l'association Al Amal - l'Espoir demande de nouveau, sur le même fondement, la suspension de l'exécution de cet arrêté du 18 janvier 2023.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire n'a pas à vérifier l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que les immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande, de nature à affecter la légalité de celui-ci.
4. En l'espèce, le seul motif de la décision attaquée est fondé sur l'avis défavorable émis le 3 janvier 2023 par la commission de sécurité en raison d'un classement ne correspondant pas à l'activité réelle de l'établissement en d'autres lieux. Selon cet avis, l'effectif déclaré de l'établissement, soit 233 personnes, serait minoré par rapport à l'activité réelle en d'autres lieux. Le seul moyen soulevé, tiré de l'absence de fraude dès lors en particulier que les 280 enfants inscrits n'auront pas vocation à être tous présents au même moment dans l'établissement, est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.
5. Toutefois, il appartient également au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'une demande tendant à la suspension d'une décision administrative, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de cette décision sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, qui doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. L'office du juge des référés, saisi de conclusions à fin de suspension, le conduit à porter sur l'urgence une appréciation objective, concrète et globale, au vu de l'ensemble des intérêts en présence, afin de déterminer si, dans les circonstances particulières de chaque affaire, il y a lieu d'ordonner une mesure conservatoire à effet provisoire dans l'attente du jugement au fond de la requête à fin d'annulation de la décision contestée.
6. Pour justifier de l'urgence à ce que le juge se prononce sur les conclusions à fin de suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué, l'association Al Amal - l'Espoir soutient devoir faire face à un refus persistant et injustifié du maire de A d'autoriser son projet de création de salles de cours et d'une salle de prière. L'association requérante se prévaut également du fait que la décision attaquée prive les enfants et les familles de A de la possibilité de suivre des cours de langue arabe ainsi que pour les personnes âgées et celles à mobilité réduite d'un accès à un lieu de culte. Toutefois, la seule circonstance que l'association Al Amal - l'Espoir ne puisse pas dispenser des cours de langue arabe aux enfants et aux familles de la commune comme elle projetait de le faire, lorsqu'elle s'est constituée en 2008, à défaut d'être autorisée à réhabiliter ses locaux, ne peut suffire à caractériser une atteinte grave et immédiate à sa situation et à celle des habitants de A. Par ailleurs, à l'appui de son allégation relative à l'impossibilité d'exercer leur culte dans laquelle se trouveraient les habitants de A de confession musulmane, l'association requérante produit deux types de témoignages. Selon les premiers, établis par des responsables de mosquées avoisinantes, ces dernières ne pourraient pas accueillir davantage de fidèles compte tenu de la nécessité de respecter les règles de sécurité en matière d'accueil du public. Cependant, les arrêtés autorisant l'ouverture au public de ces établissements, fixant le nombre maximum de personnes susceptibles d'être reçues, ne sont pas produits, et la nécessité de respecter de telles règles de sécurité n'est donc pas établie Selon les seconds témoignages, établis par les adhérents de l'association, l'absence de mosquée à A rend très difficile leur exercice du culte, compte tenu en particulier de ce que certains de ces adhérents ne disposent pas d'un moyen de transport pour se rendre dans une autre mosquée ou de ce que, pour d'autres, leur état de santé ou leur âge ne leur permet pas ou très difficilement de se déplacer. Cependant, la commune de A établit l'existence de 13 mosquées situées dans un rayon d'environ 5 km autour de la commune, certaines d'entre elles étant accessibles en transports en commun. Or, ainsi qu'il vient d'être indiqué, il n'est pas établi que ces mosquées ne pourraient pas recevoir davantage de fidèles. Ainsi, les difficultés alléguées pour se rendre dans une mosquée, bien que réelles, ne peuvent cependant suffire à faire regarder la décision en litige comme empêchant les adhérents de l'association requérant et plus largement les habitants de A d'exercer leur liberté de culte. Au surplus, si l'association requérante se prévaut du refus persistant et illégal du maire de A d'autoriser son projet, il ne résulte pas de l'instruction que les trois précédentes décisions de refus opposées à l'association concernant ce projet auraient été annulées ou suspendues par la juridiction administrative. Dans ces conditions, la condition d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension et d'injonction présentées par l'association Al Amal - l'Espoir doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de A, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme réclamée au titre des frais du procès par l'association Al Amal - l'Espoir. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la commune de Wattignie tendant à l'application à son profit de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association Al Amal - l'Espoir est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Al Amal - l'Espoir et à la commune de A.
Fait à Lille, le 18 juillet 2023.
Le juge des référés,
signé
J. ROBBE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2305256
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026