vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2305301 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | EDIFICES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 juin 2023, Mme B A, représentée par Me Noury, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 23 mars 2023 par laquelle le conseil municipal de la commune d'Estaires a approuvé la modification du plan local d'urbanisme (PLU) en tant que l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n° VIII intitulée " Secteur situé - RD946 rue Jacqueminars " est maintenue ;
2°) à titre subsidiaire d'annuler la décision de la commune d'Estaires portant refus d'abroger le PLU communal en tant qu'il comporte l'OAP n° VIII intitulée
" Secteur situé - RD946 rue Jacqueminars ", et d'enjoindre à la commune d'Estaires d'abroger son PLU en tant qu'il comporte l'OAP n° VIII intitulée " Secteur situé - RD946 rue Jacqueminars " ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Estaires la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la délibération du 23 mars 2023 :
- la commune d'Estaires n'était pas compétente pour modifier le PLU ;
- la délibération a été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que les observations qu'elle a formulées au cours de l'enquête publique n'ont pas été prises en compte ;
- l'OAP est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle impose la réalisation d'une opération d'ensemble sur la parcelle n°563 lui appartenant ;
- le maintien de cette OAP est constitutif d'un détournement de pouvoir.
En ce qui concerne la décision refusant d'abroger le PLU :
- elle est illégale dès lors que l'OAP est irrégulière.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 septembre 2023, la commune d'Estaires, représentée Me Balaÿ, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du 23 mars 2023 sont irrecevables, en ce que celle-ci constitue une décision purement confirmative de la décision instaurant l'OAP n° VIII intitulée " Secteur situé - RD946 rue Jacqueminars " ;
- les conclusions tendant à l'annulation du refus d'abroger le PLU en tant qu'il comporte l'OAP n° VIII intitulée " Secteur situé - RD946 rue Jacqueminars ", sont dirigées contre une décision inexistante et sont à ce titre irrecevables ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Borget, rapporteur,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- les observations de Me Noury représentant Mme A,
- et les observations de Me Roels substituant Me Balaÿ, représentant la commune d'Estaires.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 23 mars 2023, le conseil municipal de la commune d'Estaires a approuvé la modification du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune prescrite par arrêté du maire du 19 juillet 2022 aux fins notamment de modification des orientations d'aménagement et de programmation (OAP) intitulées " Garage Coupet, berge de la Lys - Pétanque ", " renouvellement urbain le long de la Lys ", " Rue des Créchets " et
" Joubarbes II ". Au cours de l'enquête publique réalisée, Mme A a formulé des observations tendant à la suppression de l'OAP " RD946 Rue Jacqueminars ".
Par la présente requête, Mme A demande, à titre principal, l'annulation de cette délibération ainsi que celle, à titre subsidiaire, de la décision par laquelle la commune a refusé d'abroger son PLU en tant que l'OAP " RD946 Rue Jacqueminars " est maintenue.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la délibération du 23 mars 2023
2. Une délibération approuvant la modification d'un PLU qui n'a pas pour objet de modifier une OAP existante, se borne à confirmer les dispositions précédemment en vigueur du PLU et ne peut, en l'absence de circonstances particulières, rouvrir au profit des personnes concernées par cette OAP qui demeure inchangée, le délai de recours contentieux à l'encontre de ces dispositions.
3. Il ressort des pièces du dossier que la délibération attaquée du conseil municipal de la commune d'Estaires en date du 23 mars 2023 n'a pas pour objet, ni pour effet de modifier l'OAP intitulée " RD946 Rue Jacqueminars " et se borne à confirmer sur ce point les dispositions précédemment en vigueur du PLU de la commune. Elle n'a ainsi fait que confirmer à l'égard des requérants les dispositions précédemment en vigueur du PLU de la commune. En l'absence de toute circonstance particulière, elle n'a pu rouvrir à leur bénéfice le délai contentieux à l'encontre du PLU initial en tant qu'il porte sur cette parcelle.
4. Il suit de là que les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du
23 mars 2023 en tant seulement qu'elle maintient l'OAP n° VIII intitulée
" Secteur situé - RD946 rue Jacqueminars " sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision refusant d'abroger le PLU en tant qu'il comporte l'OAP n° VIII intitulée " Secteur situé - RD946
rue Jacqueminars "
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A a saisi la commune d'une demande tendant à abroger le PLU communal en tant qu'il comprend l'OAP n° VIII intitulée " Secteur situé - RD946 rue Jacqueminars ". Dès lors, aucune décision implicite de refus d'abroger le PLU sur ce point n'est née. Par suite, les conclusions de la requérante tendant à l'annulation d'une telle décision sont irrecevables en tant qu'elles sont dirigées contre une décision inexistante. Elles ne peuvent donc qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de Mme A, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Estaires, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune d'Estaires et non compris dans les dépens.
D E C I D E
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la commune d'Estaires une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune d'Estaires.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- M. Borget, premier conseiller,
- Mme Leclere, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. Borget
Le président,
Signé
B. Chevaldonnet
La greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026