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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2305419

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2305419

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2305419
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantMARSEILLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 juin 2023 et 17 août 2023, M. A B, représenté par Me Marseille, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 16 mars 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Marseille, avocat de M. B, de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'irrégularité de la consultation du fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ) ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à cet égard ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, en raison de la méconnaissance de son droit à être entendu avant que celle-ci ne soit prise, tandis qu'il n'a pas été informé qu'il était susceptible de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en cas de refus de titre de séjour ;

- elle est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à cet égard ;

- elle méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale de droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale de droits de l'enfant ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Jaur a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant de République démocratique du Congo, né le 22 juin 1993, déclare être entré en France le 11 février 2010 en tant que mineur isolé et avoir été pris en charge par les services de l'Aide Sociale à l'Enfance. A sa majorité, il a sollicité son admission au séjour et obtenu la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant valable du 10 mai 2012 au 9 mai 2013, renouvelée jusqu'au 15 octobre 2014. Il a ensuite bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié-admission exceptionnelle " valable du 4 février 2015 au 3 février 2016, renouvelée jusqu'au 7 avril 2017, puis d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " valable du 5 octobre 2017 au 4 octobre 2018, renouvelée jusqu'au 25 février 2021. Par une demande enregistrée le

25 janvier 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 16 mars 2023, dont M. B demande l'annulation, le préfet du Nord a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Sur le moyen commun aux décisions attaquées :

2. Par un arrêté du 7 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département n° 036 spécial délégations de signature le 8 février 2023, le préfet du Nord a donné délégation à Mme Amélie Puccinelli, secrétaire générale adjointe, à l'effet de signer, notamment, les décisions telles que celles en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.

Sur les autres moyens dirigés contre le refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale : " I.- Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 (), les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes () peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : () / 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'État. L'habilitation précise limitativement les motifs qui peuvent justifier pour chaque personne les consultations autorisées. Lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorables sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. Le procureur de la République adresse aux autorités gestionnaires du traitement un relevé des suites judiciaires devant figurer dans le traitement d'antécédents judiciaires et relatif à la personne concernée. Il indique à l'autorité de police administrative à l'origine de la demande si ces données sont accessibles en application de l'article 230-8 du présent code. () ". Aux termes de l'article 17-1 de la loi du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité : " Il est procédé à la consultation prévue à l'article L. 234-1 du code de la sécurité intérieure pour l'instruction des demandes () de délivrance et de renouvellement des titres relatifs à l'entrée et au séjour des étrangers () ". Aux termes de l'article L. 234-1 du code de la sécurité intérieure : " Un décret en Conseil d'Etat fixe la liste des enquêtes administratives mentionnées à l'article L. 114-1 qui donnent lieu à la consultation des traitements automatisés de données à caractère personnel mentionnés à l'article 230-6 du code de procédure pénale, y compris pour les données portant sur des procédures judiciaires en cours, dans la stricte mesure exigée par la protection de la sécurité des personnes et la défense des intérêts fondamentaux de la Nation. Il détermine les conditions dans lesquelles les personnes intéressées sont informées de cette consultation ".

4. Dès lors que les dispositions citées au point ci-dessus prévoient la consultation de certains traitements automatisés de données à caractère personnel au cours de l'enquête menée dans le cadre de l'instruction d'une demande de délivrance d'un titre de séjour, la circonstance que l'agent ayant procédé à la consultation du traitement des antécédents judiciaires dans le cadre de l'instruction de la demande de titre de séjour de M. B n'aurait pas été, en application des dispositions précitées de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, individuellement désigné et régulièrement habilité à cette fin, si elle serait susceptible de donner lieu aux procédures de contrôle de l'accès à ces traitements, ne serait pas, par elle-même, à la supposer même établie, de nature à entacher d'irrégularité la décision prise sur la demande de titre de séjour du requérant.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention

" vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. B est père de deux enfants, nés à Lille les 28 avril 2014 et 12 mars 2016. Toutefois il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils possèdent la nationalité française. Par suite, le préfet du Nord n'a pas commis d'erreur de droit en refusant le titre de séjour " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français à M. B.

7. En troisième lieu, il ressort de la demande de délivrance de titre de séjour déposée le 25 février 2021 par M. B, qu'il a sollicité uniquement un titre de séjour " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français. Par suite, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. Il ressort des pièces du dossier que M. B déclare résider en France depuis 2010. Il est séparé et père de deux enfants, nés en France de nationalité congolaise, placés au service de l'Aide sociale à l'enfance depuis juillet 2019. Alors même qu'il déclare exercer son droit de rencontre et de visite à leur égard, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il contribuerait effectivement à leur entretien et éducation. Par ailleurs, il ne fait état d'aucune autre attache privée et familiale d'une particulière intensité sur le territoire français ou d'autre lien intense, durable et stable malgré sa durée de séjour en France. S'il se prévaut d'un certificat d'aptitude professionnelle " d'installateur sanitaire ", d'un titre professionnel de plâtrier, d'un diplôme élémentaire de langue française de niveau A2, d'un contrat de mission, de bulletins de paie, d'une participation aux ateliers Adaptation à la Vie Active (AVA) de l'association Eole et d'efforts d'intégration en dépit de son état psychologique fragile et de sa chute le 27 août 2022 par la fenêtre de sa chambre située au deuxième étage de son centre d'hébergement et l'hospitalisation qui s'en est suivie, il ne démontre pas qu'il serait dans l'impossibilité de se réinsérer socialement et professionnellement dans son pays d'origine dans lequel il n'est pas dépourvu de toute attache familiale. Par suite, le préfet du Nord n'a pas, en prenant la décision attaquée, porté une atteinte disproportionnée au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale. Les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent, par suite, être écartés.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai :

10. En premier lieu, aux termes l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union () ".

11. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Ainsi, à l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous les éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, y compris sur l'obligation de quitter le territoire français et sur les décisions fixant le délai de départ ou encore le pays de renvoi qui sont prises concomitamment et en conséquence du refus d'admission au séjour.

12. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui a sollicité un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", a pu, à l'occasion de cette demande, préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demandait la délivrance de ce titre de séjour et produire tous les éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartenait, lors du dépôt de cette demande, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il jugeait utiles. Il lui était également loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée a méconnu le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant l'adoption d'une mesure défavorable.

13. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 9 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.

14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " () ".

15. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été détenteur d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant valable du 10 mai 2012 au 9 mai 2013, renouvelée jusqu'au 15 octobre 2014, puis d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié-admission exceptionnelle " valable du 4 février 2015 au 3 février 2016, renouvelée jusqu'au 7 avril 2017, puis d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " valable du 5 octobre 2017 au 4 octobre 2018, renouvelée jusqu'au 25 février 2021. A supposer même que M. B réside en France depuis plus de dix ans, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il y réside régulièrement depuis plus de dix ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 3 de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

16. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

17. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prenant la décision attaquée, le préfet du Nord a omis de porter une considération primordiale à l'intérêt supérieur des enfants de M. B. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

Sur l'autre moyen dirigé contre la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

18. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 et 10 à 17 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 mars 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte et celles qu'il a présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Nord.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Riou, président,

- Mme Jaur, première conseillère,

- Mme Célino, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.

La rapporteure,

Signé

A. JaurLe président,

Signé

J.-M. RiouLe président,

La greffière,

Signé

S. Ranwez

La greffière,

S. RANWEZ

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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